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Les poupées russes et l’ours Riner…

Affreux et sublime, triste et radieux. Mais qui donc fait battre aussi brusquement le rythme des jeux sportifs ? Ce week-end, le grand horloger du sport s’est amusé à me contrarier. Hier, samedi, j’étais heureux. J’avais vu deux de nos graciles demoiselles du tennis faire la nique aux géantes russes. Alizé Cornet et Virginie Razzano, dont la seule prononciation des noms me fait chanter sous la douche, étaient allées prendre la citadelle du Kremlin. Deux victoires à zéro en quart de finale de Fed Cup, et l’on se serait cru revenus deux cents ans en arrière. Comme Napoléon qui entrait sur son cheval blanc à Moscou……

Mais, comme pour l’Empereur, la retraite a vite succédé à la conquête. Dimanche, les deux gazelles ont pris un horrible coup de froid. Une grippe carabinée. Belles et courageuses la veille, grabataires et terrifiées le lendemain. Trois matches (deux simples et un double) et trois déroutes. Sur la Place Rouge, il y a aussi des mausolées…

Une heure après la débâcle moscovite, Teddy Riner relevait le drapeau au tournoi de Paris. Il me tue l’ours Teddy. Je ne crois avoir jamais vu en France un tel animal, doué de tant de forces. Et une rage, les amis, une rage. Indescriptible. Il faut dire qu’il avait un « léger » compte à régler, notre géant bleu, avec un certain Kamikawa, un petit Japonais de rien du tout qui avait eu le toupet de le battre aux derniers Championnats du monde. On avait vu le colosse éructer sur les arbitres après sa défaite. En fait, il n’avait pas supporté de perdre. Son ego en avait pris un coup, terrible. Riner en avait été carrément malade depuis des mois.Alors, oui, j’attendais avec une impatience jouissive que Riner retrouve le chemin de l’impertinent Japonais en finale. Et, je le reconnais ce n’est pas bien chrétien, pour qu’il lui torde le kimono. Et j’ai été récompensé de mes mauvaises pensées. Comme nos pauvres poupées russes, les forces vitales de Kamikawa l’ont quitté au pied du dernier col, le plus raide. Riner, c’était le Puy-de-Dôme. Infranchissable. Quant au col du Japonais, Riner l’a attrapé si violemment qu’il l’a renversé en un peu plus d’une minute sur le tatami puis étouffé de ses cent trente kilos. Inhumain.Ah, juste un truc, Teddy, ne fais plus l’ours, c’est à dire l’arrogant monté sur ses pattes de derrière, comme juste après ton triomphe en rugissant « c’est moi le plus grand, c’est moi le plus fort ». Un poil de modestie ne nuit pas à la pelisse…