Archives du mot-clé violence

De Vancouver au Parc des Princes

Assez! Assez! Assez!

Mais que faut-il aux responsables politiques et sportifs pour faire cesser la violence dans ou autour des stades ? dix morts, vingt, cent ? Un supporter parisien est dans le coma depuis hier et son agression par quelques débiles, eux aussi soi-disant supporters du club de la capitale avant PSG-OM. Et si seulement c’était la première fois (en 2006, quasiment au même endroit, Porte de Saint-Cloud, un supporter du PSG avait été lâchement abattu dans un climat raciste après la rencontre de Coupe d’Europe contre Tel Aviv), ce serait de toute façon une fois de trop… Le mot débile est d’ailleurs inapproprié. Délinquants ou criminels conviendrait beaucoup mieux.

Je l’avais déjà dit dans un billet précédent « On se trompe de combat… », la violence ne se règle pas à coups de slogans artificieux lancés sur un ton aussi sérieux que granguignolesque. Mais avec des mesures préventives et punitives. Et surtout effectives. Je n’hésite pas à dire que les présidents de club, incapables de s’attaquer au problème pour des raisons bassement économiques, sont les premiers responsables. A l’instar des autorités, comme la Préfecture de Police de Paris, qui se paient de mots et de rapports parfaitement improductifs, le drame d’hier en est la preuve.

On sait précisément qui sont les individus et leurs groupuscules qui polluent les arènes sportives. Les chaînes de télévision vont régulièrement à leur rencontre et les interviewent à visage évidemment couvert. A ma connaissance, personne ne les a véritablement interpellés ni interdits de stade, ou à de très rares exceptions symboliques.

Et dire qu’à la même heure que le match du Parc, à dix mille kilomètres de là, les Jeux de Vancouver se terminaient dans la liesse et les embrassades…

On se trompe de combat…

On se trompe de combat…

Halte aux mesurettes… Dernières en date, celles préconisées par Rama Yade ou Brice Hortefeux contre la violence ou le hooliganisme.

Quand comprendra-t-on que les pseudo-décisions, les pseudo-campagnes, les pseudo-discours, ne serviront jamais à éradiquer la présence des crétins violents ou racistes dans les stades ?

Tout a déjà été fait. Rien n’a marché. On a vu fleurir des panneaux partout dans les enceintes sportives ou à la télé depuis vingt ans: « Stop à la violence », « Halte au racisme », « Non à la triche », « Non à ceci »… Pour quels résultats ? Que dalle. Ou plutôt si: de plus en plus de supporters incontrôlés criant leurs haines ou sortant leurs couteaux. Et sur le terrain, les sportifs les plus réputés rivalisent de gestes honteux et dignes de bagarres de rue. Quand on voit Makelele tacler au niveau de la gorge (ou ce même joueur faucher un Stéphanois il y a quelques mois, untel simuler un penalty et un autre hurler ou cracher sur un arbitre, on doit forcément se résoudre à chercher d’autres solutions.

Nom d’un chien, tant que l’on ne verra pas que seule une politique de l’Exemple est efficace, on continuera à claquer des budgets à l’envi, à se cacher derrière son petit doigt en se servant de l’argent (le nôtre) d’un ministère ou d’un autre pour faire croire que l’on essaie quelque chose.

Alors, commençons par é-d-u-q-u-e-r. Que les gosses n’imitent pas les conneries de leurs aînés. Qu’on leur inculque le fair-play à l’école. Dans les livres, dans les cours. Qu’on leur dise que les champions ne seront des champions que quand ils seront exemplaires. Tous les bons éducateurs (et Dieu sait qu’il y en a) le font. Mais leur boulot est réduit à néant par une simple image le soir à la télé où une star du foot se jette comme un fou, les pieds à 50 cm du sol, dans les genoux de son adversaire.

Alors, après ce travail pédagogique, il faut passer à l’action punitive au plus haut niveau. Un carton jaune ou rouge n’empêche pas une vedette de gagner cent mille euros par semaine. Ces gars-là doivent être punis, vraiment. Être obligés à rendre leurs émoluments, devoir aller dire dans les cours d’école que ce qu’ils ont fait entraîne des millions de petits à les plagier le samedi en match de minimes. Et que, quelques années plus tard, dans les tribunes du Parc des Princes, il se croient autorisés à pousser des cris de singe…

Il aurait fallu que Zidane aille expliquer à dix mille mômes que son coup de boule, tout motivé qu’il ait pu être, allait contre les bonnes manières, et que ce geste honteux en entraînerait probablement des quantités d’autres sur des terrains de banlieue.

Mais non, d’après nos gouvernements, il suffit de débloquer des centaines de milliers d’euros sous forme de « Y a qu’à ». Cette semaine, Mme Yade déclare: «Il faut créer une cellule nationale de prévention et de lutte contre la violence au sein du ministère des Sports… renforcer la promotion de la prévention sur le terrain». Du vent ! Tant qu’on n’arrêtera pas un match au premier incident, qu’on ne suspendra pas pour un an un joueur irresponsable, qu’on ne virera pas à vie les supporters débiles, les présidents de club se foutront littéralement de ces mesures en bois.

Philippe Verneaux.