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Les All Blacks attaquent

C’est un peu comme si en football le Brésil n’avait qu’une étoile sur son maillot auriverde.Dans l’histoire du rugby, ils sont les plus grands. Mais pas les plus titrés au plan mondial. Les All Blacks, comme on les appelle, parce que depuis des lustres ils portent avec leur tenue toute noire le deuil de leurs adversaires, n’ont paradoxalement gagné qu’une Coupe du monde, la première, en 1987.

Depuis, les artistes Néo-Zélandais, puisque ce sont eux dont il s’agit, attendent avec tout un peuple derrière eux, que le trophée Webb-Ellis leur revienne dans les mains. En fait, ils ne pensent qu’à ça. L’an prochain, ce petit pays-île de l’Océanie accueillera la septième Coupe du monde et il n’est même pas question que l’épreuve tombe dans une autre escarcelle. Surtout pas celle de l’Afrique du Sud, l’ennemi héréditaire, qui trône avec morgue au sommet du palmarès planétaire avec ses deux triomphes.

Et donc, d’ici-là, ces Springbocks, tenants du titre mondial, les Blacks ne veulent plus les laisser espérer, les laisser respirer irait-on jusqu’à affirmer. Et en 2011, les choses seront évidemment et définitivement remises à leur place. Ce samedi, le plan « reconquête » a véritablement commencé. Pour le compte du Tri-Nations, l’équivalent du Tournoi des VI Nations dans l’hémisphère Sud, l’Afrique du Sud recevait la Nouvelle-Zélande avec en vue d’annihiler les deux humiliations reçues le mois précédent.

L’objectif était quasiment atteint à deux minutes de la fin de la partie. Les Boks menaient 22 à 17 et, même si les hommes de Graham Henry tenaient en pogne la victoire finale dans la compétition avec leur point de bonus défensif en poche, la victoire était là. C’était l’essentiel pour une équipe qui restait sur quatre défaites de rang en comptant les deux échecs face à l’Australie, un véritable drame national.Mais quand on porte le fameux maillot à la Fougère d’Argent, on se doit, plus que d’autres, de le mériter, de l’honorer. Plus encore peut-être dans ce fameux contexte de rédemption à venir. Les Blacks ont alors tendu toutes leurs énergies à ne pas céder, à ne pas perdre. En deux minutes, ils n’ont pensé qu’à une chose, franchir l’en but adverse avec le ballon, à deux reprises puisque c’était la condition impérative en cas de non transformation. Dans le rugby moderne et de haut niveau, c’est chose rarissime, voire devenue impossible. Toute équipe de ce rang menant à la marque est au moins capable de tenir le ballon durant le temps nécessaire pour conserver un résultat…

Les Blacks l’ont fait. McCaw, le vieux guerrier, et Dagg, le jeune premier, ont marqué chacun en essai en l’espace d’à peine soixante-dix secondes (22-29) … Et Dan Carter, pour couronner ce match de légende, en a profité pour battre le record mondial de points (1.118) en match international, détenu par Jonny Wilkinson. (1.111). Entre maîtres à jouer, on peut bien se piquer de temps en temps quelques lauriers, si beaux si soient-ils. Pourtant, il n’est pas sûr, mais alors pas sûr du tout, que les Blacks soient décidés dans les mois qui viennent à faire des cadeaux à leurs rivaux…