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Malzieu, l’aigle blanc

Il y a des moments comme ça, où le temps lui-même se paume un peu dans son irrémissible écoulement. Alors tant pis pour elle, cette plus vache des dimensions de l’univers qui s’étire vers on ne sait quel but pour nous achever sans pitié. Et tant mieux pour nous, pauvres humains, quand l’un d’eux, comme Julien Malzieu à Saint-Denis lors de France-Italie, lui met une claque dans la gueule en la rendant carrément dingue…

Malzieu, le sorcier, le maudit, était vraiment l’un et n’était plus du tout l’autre sur une des aires de décollage de l’aéroport du Stade de France contre l’Italie. Ce garçon fait partie des joueurs de rugby pour qui tout semble facile, gracile. Mais si mince, si frêle, si oiseau le Clermontois, qu’il s’en abîme souvent les ailes ou les pattes…

Mais quand le temps (météo) est beau, et que la mer et les nuages redeviennent tranquilles, le volatile oublie tout et relance ses membres, sans effort, et reprend son vol à plein régime.

Dans l’en but, comme tombé du ciel, Malzieu vint se poser…

A la 35e minute, les conditions étaient semble-t-il idéales pour que ce foutu chronos mette son cycle pourri en veilleuse. Un rush de Picamoles sur la gauche, un battement de plume pour alerter de sa présence et Malzieu démarre, ballon emprisonné dans ses serres, bat des ailerons et s’envole. A une vitesse pareille, les obstacles peuvent paraître dangereux pour les observateurs. Pas pour le rapace à la vision si nette et à l’anticipation si aiguë. L’ailier – l’aigle blanc – file vers sa proie, repoussant de son bec en forme de bras les deux, trois et même quatre éléments contestataires.  Combinaison de vitesse du mouvement et de son instantanéité. Pour une fois, le temps-chronos est dans une merde pas possible. Jouissif…

Dans l’en but, comme tombé du ciel, l’oiseau vint se poser…

Que Dieu pardonne Thierry Henry et l’Irlande !

Je les comprends un peu les Irlandais. Car cette fois, ce sont les verts du rugby qui s’amènent pour le Tournoi des VI Nations au Stade de France, trois mois après les footballeurs. Et l’un des leurs, le dénommé Keith Earls, dit en substance qu’il ne serait pas mécontent de se venger. De quoi ? De la main de Thierry Henry évidemment, qui a éliminé l’Irlande de la Coupe du monde de foot.

Et Earls va plus loin encore. Il y met de l’animosité. Il souhaite nous « rendre la monnaie de notre pièce ». Une victoire, en trichant, du Quinze du Trèfle lui paraitrait un juste retour des choses ! Reconnaissons que dans cette affaire, autrement dit le buzz monstrueux qui avait entouré la « mimine » d’Henry, nous autres Français n’avions pas versé dans le grand fair-play. Hormis Lizarazu et un ou deux autres, personne n’avait fait amende honorable au nom des Bleus. Ni fait semblant d’ailleurs. Le bon Raymond Domenech au premier chef. Et chez les rugbymen, à l’image de Lionel Nallet, le raisonnement était le même: « Les erreurs d’arbitrage, ça existe partout, l’essentiel c’est de se qualifier ».

Renversons les rôles. La France se serait fait avoir par une main irlandaise avec l’élimination à la clé, je suis bien persuadé que beaucoup seraient montés au créneau. Tous les hystériques habituels du cirque politico-médiatique auraient poussé leur gueulante pendant des semaines. Et samedi à Saint-Denis, le public aurait réservé un accueil épouvantable aux Irish.

Mon cher Keith Earls, votre ressentiment n’est pas très chrétien (protestant plutôt), mais que Dieu vous pardonne.

Chabal Com’mutant et Bastareaud Com’ediante !

Sébastien Chabal qui se blesse avant le Tournoi et qui l’annonce d’un coup de fil à son sélectionneur mais surtout sur Twitter. Mathieu Bastareaud qui revient chez les Bleus et qui communique plus avec son « psy » qu’avec ses entraîneurs. Pas de doute, on est en 2010. Le sport ne peut plus vivre sans une « comm » adaptée à son temps, très adaptée même.

Chabal, pour la deuxième fois en quelques semaines, donne de ses nouvelles sur la toile. Il a tout compris. Sans passer par la case Marcoussis (où se préparent les joueurs de l’équipe de France et où ils sont obligés de répondre au moins une fois aux questions de la presse avant chaque match), plus aucun journaliste mal intentionné (c’est le vice qu’il leur prête en tout cas) ne viendra le titiller pour lui demander de plus amples précisions sur son forfait. Je voudrais bien connaître la réaction (la vraie) des sélectionneurs à cette fuite. Le Racingman sera-t-il sanctionné pour ce type de comportement pour le moins baroque ?

Bastareaud, lui, dont le cas est tout de même bien différent, adopte la technique plus éprouvée de l’explication bien apprise, bien étudiée, par le biais de moult interviews dans les journaux. En substance: « J’ai failli, j’assume, je fais appel à une psy et je ne ferai plus la même connerie ». Le problème, c’est que cette connerie (fausse explication de sa sortie nocturne controversée en Nouvelle-Zélande), il ne l’a toujours pas détaillée. On ne sait toujours pas ce qui s’est réellement passé cette fameuse nuit à Wellington.Alors, qui a raison dans sa façon de communiquer ? Celui qui n’a pas tort pardi !