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Novès, fils de Guy Roux

La parole est d’après mon petit Larousse le moyen de communiquer verbalement la pensée. Je crois sans peine à cette définition. Je crois aussi que toute définition, toute règle, a ses exceptions. Deux au moins, relatives aux susnommés Roux et Novès, Guy de leur prénom. Ces deux entraîneurs, respectivement de l’AJ Auxerre naguère et du Stade Toulousain aujourd’hui, ont chacun dans leur sport fait mentir les dictionnaires. Ils n’ont cessé de dire en public ce qu’ils ne pensaient pas !

Guy Roux a été le précurseur. Qui ne se souvient de ses fameux : « Plus que trois points et notre maintien est assuré » alors que son club était deuxième ou troisième du Championnat !  Que d’imitateurs chez ses confrères le rusé Bourguignon n’a-t-il pas depuis entraîné dans son sillage de la contre-communication. Incontestablement, celui-là a fait preuve d’invention. Les journalistes en redemandaient. Car Roux, au fil des années, variait les plaisirs de langage, en devenant le prince de la litote, de l’antiphrase. Le Jean Racine du football !

Guy Novès est lui aussi passé maître dans cet art. Il en a pris l’essentiel et y a ajouté sa touche personnelle, non moins géniale, voire machiavélique. Il n’hésite pas à user de l’hyperbole, à amplifier jusqu’à son extrême limite un point de ses idées. Toute cette semaine, le manager du Stade Toulousain a envoyé avant le barrage pour les demies contre Castres un message à la presse : « Il est impossible à une équipe de faire le doublé Coupe d’Europe-Championnat, le calendrier est ni fait ni à faire, mes joueurs sont épuisés ». Comme son collègue du foot, Novès sait employer un ton idéal de plainte chantée et une attitude parfaite de chien battu dans ses annonces. Depuis vingt ans, ils mériteraient tous deux à la fois l’Oscar, le César et le Molière du meilleur soliloque.

Ce samedi, le Stade Toulousain a étrillé (35-12) le Castres Olympique et n’a pas donné le sentiment d’une équipe à bout de souffle. Au contraire, les Haut-Garonnais se sont montrés plus ingambes que jamais cette saison et se présentent à nouveau comme des épouvantails pour le titre et les grands favoris de la finale européenne contre Biarritz. Et Castres est sans doute tombé dans le panneau de la communication adverse, même si celui-ci ressemblait à une affiche 4/3 dans une salle de bains. Même dans ce domaine, Toulouse et son manager sont les rois.

PS : Je préfère, de très loin, Guy Novès à Raymond Domenech.