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Helen Wills, une glaciale et invincible Américaine à Paris en 1924

Miroir Sports 23 juillet 1924 victoire Helen Wills
Le style d’Helen Wills disséqué dans le Miroir des Sports

 

Surnommée « Poker Face » : jamais un sourire même après la victoire, jamais de démonstration d’émotion, tout simplement dira-t-elle parce que « je n’ai pas d’émotion » !

Le tournoi féminin de tennis des Jeux de Paris en 1924 est avant son début orphelin de Suzanne Lenglen, la diva du jeu et championne olympique en titre qui, malade, a déclaré forfait. La personnalité et le talent de Suzanne écrasent alors son sport tout entier. Son aura fait de l’ombre à tous, y compris aux hommes comme au légendaire Bill Tilden qui la déteste.

Le journal « Le Matin » du 17 juillet 1924

Helen Wills, la jeune Californienne de dix-huit ans contraste singulièrement avec la Française à l’expression gestuelle permanente. On surnomme Helen Poker Face. Jamais un sourire même après la victoire, jamais de dialogue avec ses adversaires, jamais de démonstration d’émotion, tout simplement dira-t-elle parce que « je n’ai pas d’émotion » !

Helen se nourrit entre les matches de « l’atmosphère de Paris » qui lui laissera un « souvenir absolu de perfection et de bien-être« 

Elle dédaigne les photographes qui se verront chassés du court lors de ses matches au motif qu’ils la déconcentraient. En réalité, l’Américaine, vainqueur en finale de la Française Didie Vlasto, avouera plus tard s’être émue d’autre chose que de ses opposantes dans un tournoi qu’elle enlève, avec celui du double dames, avec une facilité déconcertante. L’étudiante en arts à Berkeley se nourrit entre les matches des charmes de la capitale française, de « l’atmosphère de Paris« , qu’elle découvre et visite avec sa mère, avec tant de passion qu’elle attrape en marche le train de retour de sa délégation.

Soixante ans après son triomphe, celle qui, devenue Helen Wills-Moody par son mariage et aux yeux de beaucoup la plus grande championne américaine de tennis du XXe siècle, avouera avant de disparaître en 1998, que Paris lui avait laissé un « souvenir absolu de perfection et de bien-être« . Ce qui n’avait pas été le cas du site olympique de tennis, dont Hazel Wightman, entraîneur et amie de la championne, n’avait pas hésité à dire « qu’on ne pouvait pas avoir choisi un endroit plus laid« .

Le court avait été construit au milieu d’un champ de la grande banlieue parisienne, attenant au tout neuf stade olympique de Colombes, érigé dans la précipitation sur les terrains du Racing Club de France, et après bien des hésitations de la ville de Paris, soucieuse de ne pas ébranler ses frêles finances.

Le tennis sera rayé des sports olympiques après Paris – le professionnalisme s’ingérant trop au goût du CIO – et fera, officiellement, son retour en… 1988.

Après son triomphe à Paris, Wills va devenir après Lenglen la deuxième star absolue du tennis féminin

Helen, se coiffant d’une casquette-visière qui fera beaucoup pour sa légende, et avec son grand coup droit et un service qui pour la première fois chez les femmes fait des ravages, va vite devenir la deuxième star absolue du tennis féminin. Les faiseurs d’événements, journaux et organisateurs en tous genres, ne s’y trompent pas. Et, à grands coups de trompettes médiatiques et financières, elles se font face en 1926, à Cannes, lors du premier « match du siècle », que la Française emporte au bout de l’épuisement et du suspense devant le plus grand parterre de têtes couronnées de l’histoire du sport.

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Désespérant tennis féminin…

Au secours ! Billie-Jean, Martina, Steffi, revenez par pitié ! Il y a trois ans je m’affligeais de ce tennis féminin qui versait déjà dans la monotonie, l’ennui, voire la désespérance.

C’est pire aujourd’hui. Ces demoiselles cognent, hurlent, et n’amusent plus personne. Et surtout, elles ne s’amusent plus elles-mêmes. Elles s’emmerdent pour être clair et à peine vulgaire. Et nous emmerdent à longueur de Grands Chelems, seuls tournois où à la rigueur on veut bien les observer d’un oeil distrait et curieux entre deux matches de Federer, Djokovic, Murray, Nadal (quand il joue), et une vingtaine d’autres, y compris des Français…

Elles s’entraînent certainement dur, mais à quoi ? A taper dans la balle comme des dingues, plus fort que les autres bien sûr puisque c’est devenu la seule loi. Et que croyez-vous qu’il arrivât ? Que le tennis féminin mourût, pardi. Elles n’ont plus de main ces robotes, je veux dire plus du tout de ruse, de finesse, même plus dans leurs fringues.

Azarenka, numéro 1 mondiale du râle et du stress

En tête de gondole de supérette, l’horripilante Victoria Azarenka, numéro 1 mondiale du râle et du stress, comme en demi-finale de l’Open d’Australie, ne fait pas grand chose pour nous séduire. Son unique et réel mérite, je le lui accorde (en boyau synthétique), est de travailler à merveille son jeu de consolidation de compte en banque. Pour le reste, la Biélorusse du Belarus ou de Biélorusie, on ne sait plus, nous a arboré en finale à Melbourne, sous sa jupette couleur chair, un panta-court anti sexy et du pire effet, genre Nadal il y a quelques années…

Contre l’insipidissime Na Li, elle y a poussé comme à son habitude des cris bestiaux à chacun de ses coups de bête et s’est évertuée à ne strictement jamais sourire ou encore moins plaire au public qui de toute manière l’avait prise en grippe depuis qu’elle avait simulé une blessure deux jours plus tôt alors qu’elle s’était réfugiée au vestiaire pour cause de stress

Pour ne pas m’acharner exclusivement sur cette poupée néanmoins méritoire sur le plan de l’effort, je pourrais poursuivre sur la litanie de ses collègues qui la suivent tout au long de l’interminable classement de la WTA. Toutes plus lisses et imitatrices les unes des autres. A l’exception peut-être –  il en faut bien pour confirmer les règles (pardon) – de l’indestructible Serena Williams et de ses petites originalités ou de la dernière survivante du tennis de maman, j’ai nommé Francescha Schiavone

Mesdames, mesdemoiselles, montez au filet, amortissez, souriez, vous êtes filmées.

Les chaînes prennent des droits mais oublient leurs devoirs…

Non, ça ne va plus. Plus du tout. Cette satanée télévision a rendu fous ou du moins névrosés, j’en suis sûr maintenant, la plupart de ses acteurs, je veux dire ceux qui la font comme ceux qui la subissent.

Par quoi commencer ?  Premier stimulus. Tiens, je tweetais (oui, je me laisse aller aussi à ce genre d’anglicisme ignoble) dimanche dernier qu’il nous était infligé dans cette seule journée pas moins de dix-neuf matches de foot en direct sur une demi-douzaine de chaînes. « Infligé », hardiment dit me répliquerez-vous, puisque nulle obligation légale ne m’impose ce pensum, cette torture dominicale.

Et c’est aussi vrai que nombre de « twittos » m’en ont fait ironiquement la remarque, me soumettant la cruauté de leur dilemme. Oui, dilemme, car ils ne savaient plus où donner de la télécommande parmi cette fête orgiaque de ballon rond.

Pourquoi un magazine est-il programmé à la place d’un grand match de tennis en direct ?

Je me suis un peu crevé à pondre il y a quelques années des explications livresques sur la naissance et l’évolution du sport à la télévision. Je vous épargne même son résumé. Mais je m’autorise avec ma permission à commettre un petit topo situationnel.Comme ça, pour voir, et vous faire connaître mon modeste sentiment…

Mais avant, deuxième stimulus ayant provoqué ce coup de gueule. Je tweetais (allez, j’écrivais un message de 140 signes sur le micro-réseau social) hier sur ma frustration à l’instant où je constatais qu’Eurosport ne diffusait pas en direct le match Benneteau-Djokovic à l’US Open. Il était environ 17h30 et ce 16e de finale venait de commencer. Entre un Français, Julien Benneteau donc, l’un des dix joueurs les plus spectaculaires du circuit, et Novak Djokovic, dont le grand chelem a échappé il y a trois mois pour deux petits sets à Roland-Garros…

J’osais donc me plaindre quand un responsable d’Eurosport, tout à fait cordialement je le précise, me répondit ipso facto sur ce même réseau, que le match était retransmis sur Eurosport 2… Eurosport 2, oui. Mais je ne suis pas abonné à Eurosport 2. Je suis un « redevancier » des chaînes publiques, je suis abonné à Canal +, au câble numérique, à BeinSport 1, BeinSport 2, à Infosport+, à l’Equipe TV… Mais, cher monsieur Arnaud Simon (Directeur Général adjoint d’Eurosport France), malgré ma maladie grave (cette addiction au sport, qu’on se rassure) je n’avais pas pris cette précaution de m’abonner à Eurosport 2…

Je ne suis pas abonné à Eurosport 2 parce que, d’abord, je viens je crois d’expliquer qu’un budget n’est pas extensible jusqu’au « pharaonique » comme vous pouvez le penser. Et ensuite parce que je m’attendais naïvement à ce qu’un 16e de finale des Internationaux des Etats-Unis entre un Français et le deuxième meilleur joueur (hormis Nadal, absent à New-York) de tennis de la décennie serait « offert » par Eurosport (Premium comme on dit), à laquelle je règle (indirectement) sans incident de paiement aucun mes mensualités depuis… 20 ans. Non, celle-ci nous a servi un magazine, du réchauffé donc, sur le GP de F1 couru trois heures plus tôt…

Guerres des chaînes, des droits. Oubli, mépris du téléspectateur…

Voilà maintenant le topo. Je ne me fais pas d’illusion. Eurosport n’a pas diffusé ce match simplement pour des raisons purement commerciales*. Filiale de TF1, Eurosport se devait de passer son magazine de F1 à l’heure dite. Sans pouvoir la déprogrammer, coûts de contrats et de production obligent. Choix financier évident. Mépris du téléspectateur. Et conséquence directe de mon propos liminaire…

Oui, Eurosport, comme Canal, comme France Télévisions, comme BeinSport… possède des droits sur des événements acquis au fil des années. Des droits qui fluctuent en fonction de la concurrence, des évolutions d’audiences de chaque sport ou discipline, des prix proposés, de l’état des possesseurs de droits intermédiaires, de la publicité, de l’entente tacite ou pas entre les responsables des chaînes…

Et cette multiplicité de contrats et donc d’obligations qui se mêlent et s’entrechoquent au sein souvent de mêmes groupes conduisent à l’ubuesque, au grotesque et à ce que je viens de décrire. Nous proposer un championnat de foot néerlandais (Ma Chaîne Sport) parce qu’il est quasiment gratuit est un effet direct et pervers de ce processus. Bien entendu, et j’en fais le pari, ce Championnat disparaîtra de nos écrans sous peu, car il est clairement intenable sur le plan financier, n’ayant aucune audience (ou bien j’accepte avec plaisir de faire mon mea culpa si l’on me communique les chiffres, mais on ne le fera pas). On a rempli une case pour la remplir. Et d’un autre côté on en a vidé une autre (Benneteau-Djokovic) parce qu’un contrat en couvrait un autre…

Puisque la mode est aux commissions, je propose celle qui réglementerait, à l’amiable naturellement et suivant les bonnes vieilles lois du fair-play (de l’honnêteté sportive si vous préférez) la bonne marche des répartitions du sport à la télévision. On en a créé pour moins que ça. Après tout, aujourd’hui, un milliard d’euros environ est dépensé annuellement par les chaînes françaises pour diffuser du sport, et ce milliard mériterait peut-être certains arbitrages… Bon, avant qu’elle se crée cette commission, je me serais, qui sait, quelque peu calmé…

(*) Et bien entendu, comme me l’a rappelé mon nouvel ami twitto David ( https://twitter.com/appledav) pour appâter habilement un possible nouvel abonné à sa chaîne Eurosport 2, présentée comme un complément idéal de la principale…

Ce vendredi sur la terre, il n’y avait que Riner et Federer…

Le sport nous joue parfois des comédies un peu pénibles mais, c’est comme tout, ce satané divertissement nous réserve aussi des moments que l’anthologie humaine ingurgite goulument.

Ce vendredi, on s’y attendait pourtant un peu, il y allait avoir un nouveau champion olympique français au judo et un nouveau finaliste suisse au tournoi de tennis. Pas n’importe lesquels, certes, mais on avait déjà écrit à l’avance les papiers dans l’hexagone et la Confédération.

Teddy Riner allait désosser ses faire-valoir pour monter, après mille quatre cent soixante jours de frustration métallique, sur la plus haute marche du podium. Et Roger Federer allait se qualifier, parce que c’était comme ça et pas autrement, pour un match qu’il attend depuis environ une trentaine d’années, la finale olympique…

Pour le géant, l’affaire a été pliée en cinq combats d’une facilité à pleurer. Facile, facile, c’est vite dit. Il fallait quand même entrer cinq fois sur le tatami et faire le boulot. Un boulot qu’il est le seul sur l’ensemble des cinq continents à accomplir avec un art semblable de l’ippon, une supériorité pareille et une telle emprise sur les neurones adverses.

Une domination si effrayante que les cinq pauvres gars désignés à la désintégration ont tout juste mis un doigt d’orteil sur le tapis et sont repartis la queue entre les manches de leur kimono et quasiment les larmes aux yeux. Sans combattre.

L’ours Teddy a levé deux ou trois fois les pattes avant de soulever la breloque dorée. Alors facile, facile, c’est vite dit. Pour leur coller une pétoche pareille, il a bossé l’animal. Comme une bête. Depuis quatre ans et un sale souvenir des Jeux où un judoka lambda l’avait endormi doucement et privé de matière précieuse.

Oui, Riner était seul dans le dojo londonien. Seul à gagner et désormais seul pratiquement dans tout le judo et son histoire, pourtant assez repue de légendes.

Federer veut son dernier rôle-titre de maître des anneaux !

A Wimbledon, où le poids de ce cette histoire des exploits est assez lourd, entrait un garçon à la mine pas toujours réjouie mais qui possède la faculté de rendre beaucoup plus joyeux la bande de quelques centaines de millions petits chanceux qui vivent à son époque et peuvent admirer ses coups de génie.

Et pour la énième fois, la centième peut-être de sa carrière, le scénario s’est répété. Mais le joueur d’en face, Juan Martin Del Potro, contrairement aux victimes de Riner, n’était pas décidé à se faire bouffer par le lion de Bâle.

Durant quatre heures et vingt-six minutes d’un combat d’une férocité et d’une intensité peut-être sans exemple, « Del Po » s’est en fait mué en taureau de sa native pampa. Et mené une vie d’enfer au plus fameux torero que les arènes du tennis aient jamais accueilli. Un duel de « muerte ».

Juan Martin a rué, foncé, cogné avec tant de force que Roger en a tremblé, titubé, vacillé sous ses charges. Mais il a résisté, passant à quelques centimètres des terribles banderilles et a fini par sortir de sa tunique rouge la pique mortelle au 36e jeu du 3e set… Tout ça pour que son palmarès ne soit plus vierge du titre olympique en simple. C’est le dernier qui lui manque… Le seul sur terre.

Federer, le visionnaire pépère…

Allez, tout ce foin pour une victoire à Bercy du plus fabuleux manieur de raquette de l’histoire, c’est en faire un fromage -suisse – un peu gros pour une crème si légère… Roger Federer a juste, avec un peu de retard, remis l’une de ses innombrables montres helvétiques à l’heure de son génie.

Non, l’évènement n’était pas au POPB ce triomphe somme toute banal pour le Midas de la balle de feutre mais ce qu’en a dit et pensé son entraîneur. L’homme s’appelle Paul Annacone et possède un petit paquet de vertus. Ex-grand joueur mais surtout ex-coach de Pete Sampras, plus grand joueur de tous les temps jusqu’à ce que les coups de Pistol Pete paraissent au tournant des années 2000 un peu anodins en regard de ceux de Roger…

Que nous dit Paul au sujet de son nouveau lingot ? En substance, que Federer ne joue pas avec son bras. En tout cas, pas seulement. Et c’est là sa trouvaille. Federer pense en fait à tout quand il effectue un service ou une volée. A son geste évidemment, mais aussi et au moins autant à son adversaire, au public, à la minute qui va suivre puis au lendemain et certainement à l’année à venir. Annacone affirme que l’homme aux seize Grands Chelems « voit plus loin« , qu’il « ne devient pas fou quand il perd, qu’il maîtrise tout« … En clair, Roger, sur le court et surtout en dehors, anticipe, prévoit, est déjà dans le futur.

Avec Federer, le génie c’est simple comme bonjour, ou bonne nuit, à ses filles…

Avez-vous remarqué que Federer n’agit et n’investit désormais qu’en bon et prudent père de famille ? Annacone encore : « Il ne passe jamais d’un extrême à l’autre… contre Tsonga, il a contrôlé le rythme, ce qui n’est pas facile face à un joueur aussi explosif… » Federer ne serait donc pas uniquement génial, mais mieux, génial et zen. Une sorte de Diogène dans un tonneau de balles… Papa poule aussi, qui fait du réveil en pleine nuit de l’une de ses deux petites filles un atout pour sa finale quelques heures plus tard… Voilà son secret, Roger Federer voit l’avenir aux jumelles…