Archives du mot-clé tapie

Bernard Tapie et Adidas : l’arbitrage était-il payé ?

Trente ans. Trente ans que les casseroles ne lui lâchent pas les « burnes » comme ils disent à Canal. Et par définition de dictionnaire, les casseroles ça fait un boucan du diable. Bernard Tapie est-il un diable ? Il est en tout cas en garde à vue ce 24 juin 2013 pour une énième ayant trait à ses affaires au goût saumâtre et à vrai dire presque toujours pourries. Toujours et en tous lieux. Et ça dure en gros depuis 1985, date de sa reprise de l’OM et à partir de laquelle tout s’est gâté pour lui…

Ce coup-ci c’est à cause de l’affaire Adidas qui devait être l’affaire ultime, l’affaire de sa vie. Et si ça n’avait pas été lui, cela n’aurait pas été loin d’être l’affaire du siècle dans le domaine du sport tout au moins. Mais c’était Tapie et rien ne se fait en toute tranquillité avec l’homme qui aura réussi à désosser, plumer, écorcer, éparpiller par petits bouts tout ce qu’il aura touché.

Quatre cents patates, donc, aura-t-il récolté il y a quelques années à l’issue de quasiment vingt ans de procédures tout aussi visiblement pourries que les combines VA-OM, Wonder, Look, Testut, toutes terminées en faillites, années de prison et autres catastrophes sociales et financières. Et comme d’habitude, l’affaire de cet arbitrage à sifflet truqué se terminera de la même façon. En grosse queue de poisson, en énorme sardine du Vieux Port qui lui bouchera l’usage de ces quatre cent millions et finira peut-être à force – ce qu’on ne lui souhaite naturellement pas – par lui boucher ses artères.

Tapie fait donc partie du paysage français. On visite ses combines comme on visite la Tour Eiffel. Il est notre patrimoine de la carambouille, de l’esbrouffe et du bonneteau. Ce qui est le plus terrible, c’est que l’on n’arrive pas à s’en passer.

Complot

Oui, plus j’y pense, mais c’est évident. On complote dans mon dos.On m’en veut, c’est sûr. D’ailleurs, 57 pour cent de mes compatriotes sont comme moi. Bernard Tapie m’avait le premier convaincu de l’existence de ce mal en 1991. Une cabale européenne, mondiale plus vraisemblablement, s’était ourdie contre Marseille et un arbitre évidemment vendu à la mafia ouzbèke avait validé le but de la main de Vata en demi-finale de la Coupe d’Europe…

« Nanar » avait tout de suite tiqué, une heure après seulement l’élimination de son club. Si on complotait contre l’OM, il allait en tirer les conséquences : « Maintenant, je sais ce qu’il faut faire pour ne plus me faire baiser ». Deux ans plus tard, un individu extrêmement louche, Jacques Glassman, l’avait à nouveau déstabilisé en alléguant des fait parfaitement ignobles à l’endroit du patron de l’Olympique de Marseille. Tapie, encore la victime d’une machination, aurait commis des actes indignes, dont celui d’offrir un peu d’argent de poche à des joueurs d’une équipe adverse. Pourquoi pas les corrompre, pendant qu’on y était !

Bon, Tapie avait été soupçonné, puis condamné. Une honte vous dis-je. Le repreneur d’affaires tout à fait respectable criait au scandale et surtout à son innocence. On lui en voulait, à mort. Même le Procureur de Montgolfier, une pourriture de première celui-là, se vautrait dans un luxe d’ignominies à son encontre : « Monsieur Tapie ne dit pas la vérité… Monsieur Tapie se contredit… etc ». Montgolfier appartenait très vraisemblablement à une loge franc-maçonne anti-marseillaise.La machination était tellement évidente que le président de la République, François Mitterrand, un parangon de vertu républicaine, avait défendu publiquement celui qui était alors son ministre, gage certain de sa conduite exemplaire. Mitterrand expliquait, avec force conviction, que l’appareil judiciaire français tout entier, dont il était le garant suprême, non seulement se trompait, mais montait de toutes pièces un dossier pour tuer Tapie…

Tout cela, comme aujourd’hui, tend bien entendu à prouver que l’on nous cache tout. Le « mal rôde partout », comme disait un autre ancien président de la République… Il faut le débusquer.

Putain, revoilà tonton Tapie… à Paris

C’est ça, ce doit être l’odeur des magouilles, des fausses factures, des salaires déguisés, des agents véreux, qui l’attire. En effet, au tribunal de Paris en ce moment, dans une étrange intimité médiatique, se conclut un bon vieux procès des combines dans le foot, comme on les aime en France depuis vingt ou trente ans. Avec en accusation des ex-présidents du PSG sidérés par tant d’acharnement, des conseillers amnésiques, des intermédiaires pas nets, des joueurs payés en monnaie de singe, des marlous invisibles et le plus gros fabricant d’articles de sport du monde (je sais, on dit équipementier), Nike, qui ne comprend pas ce qu’on lui reproche. Tout ça pour quelques petits millions d’euros détournés, pas de quoi, c’est vrai, fouetter un chat.Ça doit vraiment lui plaire cette ambiance dans la capitale à Bernard Tapie. Parce qu’il annonce ce jour que le Paris FC l’intéresse. Il veut revenir dans le foot, il le dit d’ailleurs depuis un moment. Depuis qu’il a enfin de l’argent, vous savez celui du Crédit Lyonnais et d’Adidas qu’il n’a jamais eu, mais dont il a réussi (en quinze ans quand même) à faire croire qu’on lui devait. Bon, c’est pas simple tout ça, et personne n’a compris d’ailleurs.Bref, Nanard pourrait faire son retour aux « affaires », dans la capitale. Il ne doute de rien, il l’a déjà prouvé. Il avoue quand même, « Je ne suis pas sûr que certains spectateurs seraient très contents de me voir débarquer (les Parisiens, bien sûr)« .Enfin, il est tellement sympa, le Tapie, qu’il se les mettrait vite de leur côté, les supporters !Toute réflexion faite, un deuxième club d’envergure à Paris, ce ne serait pas si bête. Revers de la médaille, avec l’ancien parrain, heu pardon président, de l’OM, les tribunaux connaitraient vite un nouvel engorgement. Y a plus de justice…