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PSG, Stade Français, restez à Paris !

Le monde tourne quand même un peu moins rond. Ou il tourne plus vite, je ne sais pas. Si on m’avait dit quand j’usais mes fonds de culotte dans les années 70 sur les sièges rouges de la tribune Auteuil que le Paris Saint-Germain serait trente ans plus tard la propriété de retraités cacochymes de Los Angeles ou Dallas, je crois que je me serais fendu d’un « Arrêtez-donc de me faire marrer, j’ai les lèvres gercées »…

Et pourtant, le PSG appartient aujourd’hui et depuis 2006 à des pétroliers texans ou à des rombières bottoxées américaines qui ne connaissent ni Nene ni ne savent bien sûr ce qu’est un ballon de foot et confondent certainement un corner avec un fastfood. Et Paris, dont ces héritiers de l’Oncle Sam se foutent royalement, est sur le point aux dernières nouvelles de disparaître de leur relevé d’actions. Remplacé peut-être par un distributeur brésilien de slips pour transsexuels ou un constructeur chinois d’ascenseurs pour chiens à leur mémère…

Colony touche le fonds…

Et alors, me direz-vous ? Eh bien, Colony Capital, ce fameux fond d’investissement US, propriétaire du club de foot le plus fameux de la plus belle ville du monde, se fout tout autant de nos pommes de Parisiens. Parce qu’il lui faut du résultat, du dividende, du revenu, à cet investisseur pour assurer les vieux jours de ses actionnaires. Et, le pauvre, avec ce dossier pourri, il ne récolte, outre des supporters furibards, que des bilans négatifs, des dettes indélébiles et des procès continuels. Ce dont, je vous le concède, je me fous à mon tour. Je veux dire que Colony Capital ait perdu cent millions d’euros dans l’affaire, c’est son affaire, sa mauvaise affaire en l’occurrence.Parce qu’il n’était quand même pas sorcier de prévoir qu’un prédateur d’outre-Atlantique, chasseur de profits financiers à tout prix, fût-il entre les mains à Paris d’un Français (Sébastien Bazin), se noie dans le fleuve fangeux et les eaux incontrôlables de la Ligue 1, et ne fasse pas mieux que son prédécesseur français, Canal +…

Je sais, je sais, un club de sport à peu près réputé et au fort potentiel marketing s’inscrit désormais dans l’univers de la mondialisation économique. Mais je dis simplement, la chose a ses limites. Paris est Paris, la Tour Eiffel est la Tour Eiffel. Et le PSG, fleur et fleuron du sport des bords de Seine, mérite au moins d’être conduit par un pilote qui connaîtrait le Bois de Boulogne, bref le coin et ses recoins. Tiens, je regretterais presque ce bon Francis Borelli. Lui au moins savait se nourrir d’amour, d’eau fraîche et de verte pelouse. Et, foutu pour foutu, je préférerais, au bout du bout de mon cauchemar, comme prince du Parc … Bernard Tapie , le parigot tête de veau et ses combines de pied nickelé, à un richissime fonds de pension indien ou eskimo…Voilà, tout se perd ma pauvre dame…Tenez, le Stade Français, le vieux mais toujours ingambe Stade Français, chêne plus que centenaire du rugby de la capitale, devrait, dit-on, même si Max Guazzini s’en défend assez maladroitement, se laisser tomber les bras d’un groupe d’investisseurs… australo-libanais ! Max, s’il vous plaît, pas ça. Je vous le jure, je suis prêt à faire la quête pendant cent messes d’affilée à Notre Dame d’Auteuil pour éviter ce plaquage interdit…