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Ce sont des hommes…

Une finale ça se gagne. Ou ça se perd comme ça. Vaillamment, grandement, avec les honneurs.

Oui, l’honneur est sauf.

Les All Blacks sont champions du monde. Tant mieux pour eux. Mais les sales gosses français, en perdant, sont devenus des hommes, à vitesse grand V, comme celui formé magnifiquement au moment du haka néo-zélandais.

On se sait pas trop comment les Bleus, si petits si souvent pendant ce Mondial, ont grandi aussi vite. Peu importe, c’était leur façon de vivre l’évènement. En tout cas, ils s’en souviendront et on s’en souviendra…

En pleurant un peu, inconsolablement, et un peu injustement, le poète dirait aux All Blacks :  » J’aime encore mieux notre torture que votre métier de bourreau « …

 

Lièvremont, star en chef d’antistars « sales gosses » !

Et si l’équipe de France en était une ? Une vraie, à quinze, à vingt-deux ou même à trente bonshommes de valeur et d’influence égale. Regardez bien, depuis le début de ce Mondial, on ne se focalise plus sur un seul, un Chabal en 2007 ou un Michalak en 2003. La star, ou du moins la vedette, c’est « Les Bleus ». D’ailleurs, si on les écoute et les observe bien ces Bleus, finalistes et donc de plus en plus potentiels vainqueurs de la Coupe du monde 2011, ils se planquent presque à plaisir.

« Moi une star ? Non merci, trop dur pour enfiler mon bonnet ou mes chaussettes… », voilà en creux la réponse que refilent invariablement aux journalistes nos chers et prudents « petits ». Pas sot ce style d’attitude, vu l’ambiance. Parce que vous me direz, pas de quoi jusque-là se gargariser ou de se moucher du coude. La finale, oui, mais pour le reste, la brillance, le Flair, le 14 juillet, on devra repasser…

Mais franchement, entre nous, ils ne sont pas crâneurs les Vincent Clerc, Morgan Parra, Maxime Médard, Julien Bonnaire, Thierry Dusautoir ou Dimitri Yachvili, tous plutôt gâtés par la nature et chouchoutés par les fées de l’ovalie. Ils ont de surcroît bouffé les rosbeefs et déterré le Poireau. Pas rien mais, vous me rétorquerez, ça ne vaut toujours pas un trois étoiles au Marcel-Michelin…

Des « sales gosses » comme ceux de Marc Lièvremont, on en entraînerait bien trois ou quatre douzaines par jour…

Donc, on ne les a pas encore vus déchirer leur maillot, comme Sonny Bill Williams, ou jouer les faux durs comme Quade Cooper, ou humilier une femme de chambre comme trois gros imbéciles d’Anglais ou encore se plaindre des arbitres, de la pluie, des ballons ou de la méchante presse… Non. De rage après une performance aussi minable contre les Tonguiens ou aussi grise contre les Gallois, ils se sont juste murgés. A leur hôtel, c’est près du lit, et à la bière, c’est sans faux col…

Alors, il est gentil, Marc Lièvremont, mais des « sales gosses » comme ça, j’en entraînerais bien trois ou quatre douzaines par jour !  Ah, « c’était de l’humour« , a vite rectifié le sélectionneur le plus « poilant » du rugby mondial. Bon. Dont acte. En fait d’acte, ce sera dans six jours le dernier du sélectionneur. Le plus beau, ou… Tenez, puisqu’on parle déjà de bilan, ces quatre ans de mandat de Lièvremont, je les regrette déjà. De bonnes blagues en mauvais mots d’esprit et de matches de dingues en parties de baltringues, on s’est bien bidonnés en suivant les aventures de la bande à Lièvremont, où la star, jusqu’à dimanche, c’est lui ! Lundi, ce sera une autre histoire…

La semaine du France-All Blacks est partie…

Allez, rassemblons un peu nos esprits après cinq semaines de divagation et de névrose. L’affaire est désormais beaucoup plus simple et les combinaisons très limitées. Ce sera dimanche prochain soit les All Blacks soit les Bleus sur le toit du monde.

Mais, mais, mais… Si l’on posait la question à un Robinson sur son île sans internet, ce serait du cinquante-cinquante. Si on la pose à Thierry Lacroix, sorte de Roger Couderc puissance quatre, c’est plié, la France a gagné. Pour le peuple Néo-Zélandais, c’est inutile, la Coupe est déjà dans les mains de Richie McCaw

Avant la finale France-All Blacks, on va nous ressortir le poulpe…

Tout est donc question d’objectivité. Mais existe-t-elle cette objectivité ? Pas chez Robinson, qui n’a rien vu ni entendu depuis qu’il végète sur la plage… Pas chez Lacroix, qui ne voit que du blanc quand tout est noir, ni chez des Kiwis qui vont au stade comme à l’église…

Cette semaine du France-All Blacks a donc déjà commencé. La semaine du Bleu, du Noir, des prophéties, de Dunedin, des foutaises, des poulpes, du jeu au pied, des rucks intelligents, de l’histoire, des bookmakers, de la cheville d’untel, de Chabal, des « sales gosses », du tout et du n’importe quoi… On va bien se marrer.

XV de France, PSG-Lyon, Wilkinson : inquiétude ou bravitude ?

Franchement, ces jours-ci, il y a de quoi perdre ses repères. Moi, je perds carrément la boule. Ce lundi, j’ai un mal fou à mettre des mots sur ce week-end de sport. Le XV de France est en quarts de finale du Mondial et pourtant il va mal, comme jamais…

Toujours à propos de cette Coupe du monde de rugby, les nouvelles les plus incroyables se succèdent, au rythme d’une information qui n’arrive plus à avaler et encore moins à digérer sa nourriture. Les All Blacks perdent leur dieu Dan Carter, trois joueurs anglais se prennent pour DSK (humiliation d’une femme de chambre à leur hôtel) et un Italien, Ghiraldini, pour Guy Degrenne (fourchette sur un Irlandais)…

PSG-Lyon, réalité ou fiction ?

En foot, j’ai cru un instant dimanche soir que ce que je voyais et entendais sur Canal + pouvait être vrai… Un bon match de Ligue 1 ! Non, mieux ! Un PSG-Lyon taxé dès son coup de sifflet final « d’exceptionnel » par Hervé Mathoux… Suis-je un dindon, un pigeon ? Ai-je rêvé ? Mais pourquoi pas un « fabuleux » match de Ligue 1 tant qu’on y était ?… Mémoire courte, Mathoux, ou obligation de vendre des programmes achetés des centaines de millions ? Et le but de Pastore, décrit, disséqué, « palettisé » en 3D comme le but du siècle ! Messi doit rigoler…

Wilkinson lit du Pagnol !

Puisque tout se mélange et se noie quasiment dans les flots de l’info, tachons de braver le courant et de revenir sans trop boire la tasse au rugby. Tiens, je plains sincèrement un Anglais, un seul rassurez-vous, ce pauvre Jonny Wilkinson, trahi par son coude contre l’Ecosse. Il ne mériterait pas, ce brave exécuteur de hautes oeuvres de ne pas jouer contre nous et pourquoi pas de nous battre. Pour une fois, j’aurais une miette d’admiration pour un bourreau et une lampée d’adoucissement à notre torture… Oh, ce n’est pas que j’ai renié mon drapeau. Non, j’ai le coeur qui bat plus fort pour ces citoyens du monde, comme disait Montesquieu, qui ont l’esprit ouvert sur tout. Le Midi Olympique de ce lundi nous le confirme, Jonny joue au ballon mais il lit aussi… des ouvrages de physique quantique… et du Marcel Pagnol ! La boucle est bouclée, il reste sur cette planète un atome de croyance en l’homme.

Bleus du XV de France, soldats perdus ?

Question croyance, faut-il espérer en la résurrection des humiliés de Wellington ? A leur rédemption, du moins ? Ce que je sais, c’est que l’aventure ne doit pas finir comme ça samedi face à la Perfide Albion. En tout cas, pas comme une exécution, même si je la redoute tant les signes que nous ont donné les malheureux ont été ceux d’une armée sans âme et sans défense, une véritable armée des ombres.

Inquiétude ou bravitude ?

 

Lièvremont, la fin d’un monde !

Pathétique, insensé, affolant. Les mots manquent ou ne signifient peut-être plus rien pour décrire l’impression laissée par Marc Lièvremont ce dimanche au sujet de son équipe et surtout de ses joueurs à l’issue du désormais historique et affligeantissime France-Tonga.

Que retenir de cette intervention d’un sélectionneur ravagé, dépassé, halluciné par ce qui lui tombe littéralement sur la tête depuis vingt-quatre heures ? Découvre-t-il seulement que son équipe s’est désintégrée en quatre-vingt minutes face au Tonga ou se rend-il compte qu’il a lui-même failli depuis bien plus longtemps ? Les phrases et les idées au lendemain du désastre se sont mélangées à un tel point que l’on en perd nous-mêmes toute rationalité.

Lièvremont : « Quand je suis remonté, il n’y avait plus personne… »

Sur ses joueurs, l’entraîneur des Bleus livre un constat qui dépasse le désabusement: « Ce matin, ils n’étaient pas tous rentrés à l’hôtel. J’aurais voulu qu’on se retrouve autour d’un verre, qu’on se parle, qu’on échange, qu’on boive, qu’on se dise que l’aventure est belle. Même là, j’ai été déçu. Le groupe s’est éparpillé. Force est de constater qu’on vous donne raison (aux journalistes présents devant lui)… Dès la fin de la conférence de presse, j’ai sorti trois packs de bière, dit qu’il fallait se lâcher parce qu’on était qualifié malgré tout (video stupéfiante de la « causerie » d’après-match !) En fait, j’ai été pris de court, j’avais des obligations médiatiques et quand je suis remonté, il n’y avait plus personne… »

Mais Lièvremont ne s’arrête pas à une analyse de comportement. Il va plus loin, plus loin sans doute qu’aucun de ses prédécesseurs: « Je ne me fais pas trop d’illusions. Pour eux, leur image est très importante. Ils ont des agents pour ça et j’ai vu certains d’entre eux avec eux après le match. Ils ont une carrière à gérer, une image auprès de la presse à satisfaire… ». Plus explicite qu’un long discours!

Bleus du rugby comme ceux du foot, c’est Knysna qui recommence…

C’est donc ce qui s’appelle la fin d’une histoire. Une histoire que certains, auxquels j’appartiens, n’ont d’ailleurs jamais cru qu’elle avait réellement commencé. Facile à dire maintenant, objecterez-vous ? Mais, je l’écris depuis des mois et des mois, Marc Lièvremont n’était pas l’homme qu’il fallait à l’équipe de France.  Trop idéaliste, romantique peut-être. Et par là même influençable, modelable, alors qu’on le croyait de marbre. Tenez, comble de tout, symptôme freudien, Marc est allé jusqu’à se comparer à celui dont on n’aurait pourtant jamais cru qu’il puisse s’identifier, Raymond Domenech : « Sachez que j’ai le plus grand respect pour lui. Il a certainement sa part de responsabilité et j’ai la mienne, mais il s’est battu… Le rugby français et certains de mes joueurs se gaussaient des footballeurs l’an dernier, mais quelque part, hier soir, on n’est pas descendus du bus… »

Pour France-Angleterre : « Qu’ils fassent sans moi… »

Voilà, un second Knysna ! Des joueurs manipulés, un coach désincarné, sans parler d’une Fédération, en la personne de son président Pierre Camou en totale déliquescence. Et France-Angleterre samedi prochain… Ce match, et c’est la perspective surréaliste mais peut-être quelque part paradoxalement la plus lucide que « Marc le zombie » veut en livrer : « Qu’ils fassent sans moi, je demande que ça d’une certaine manière. Je serai là pour les accompagner et les encourager mais c’est leur aventure. » Lièvremont, je le répète et j’y insiste, n’est pas un nul ou comme il l’a dit par auto-dérision « …qu’un entraîneur de Pro D2 absolument pas compétent pour entraîner une équipe du standing de la France…« , mais un homme à qui a échappé la substantifique moelle du coach moderne, c’est à dire à la fois un technicien bien sûr, mais aussi et surtout, que cela plaise ou non, un gestionnaire d’hommes et des entourages, un communiquant…