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Green va soulager Arconada de sa croix…

Frappés par le malheur. Quelques sportifs entrent parfois dans l’histoire par une porte inattendue, de celles qu’on ne devrait jamais ouvrir tant elles font pénétrer dans un monde de ténèbres. Robert Green en a fait la cruelle expérience ce 12 juin 2010. Le gardien de l’Angleterre a rejoint Luis Arconada au très singulier Panthéon des portiers aux gants trop glissants.

Le pauvre Green a relâché à la 40e minute face aux États-Unis un genre de ballon qu’il avait dû bloquer quelques milliers de fois dans sa carrière. Mais cette fois-là a été la pire de son existence. La frappe anodine de Clint Dempsey lui est arrivée dans les mains, pratiquement sans vitesse. Le gardien de West Ham a alors vu le ballon lui échapper sur sa droite et filer derrière lui jusque dans son but, sans qu’il puisse le rattraper… Égalisation américaine et immense détresse du coupable, du seul coupable en l’occurrence. Score final : 1 à 1. Et deux points envolés pour l’Angleterre, peut-être décisifs pour la qualification au deuxième tour…

Un homme était depuis 1984, un 27 juin, l’unique et quelque peu maudit dépositaire de l’appellation contrôlée dite « Arconada », synonyme d’une boulette fatale de gardien de but. Le gardien de l’équipe d’Espagne avait commis une invraisemblable faute de main en finale de l’Euro contre la France. Tout comme le tir de Dempsey, le coup franc de Michel Platini, contrairement à l’habitude du capitaine des Bleus, n’avait rien eu de formidable. Arconada l’avait même facilement bloqué, le tenant fermement entre ses gants. Et puis, comme par une intervention maléfique du destin, il l’avait fait sortir de la niche où il se trouvait, au chaud. Et l’objet avait reculé, mû par une force inexplicable, pour finir dans le but. La France avait gardé son avantage jusqu’au bout, inscrivant même un deuxième but dans les derniers instants, empochant le premier titre de son histoire. L’Espagne avait attendu vingt-quatre années pour oublier ce cauchemar…

Arconada, après vingt-six ans d’une solitude accablante, ne portera donc plus la croix pesante de toute la honte des gardiens du monde sur ses épaules. Ce sera désormais soit une « Arconada », soit une « Green », au choix des infâmes moqueurs. A deux, on est un peu moins seul en enfer…