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Aulas, garde Garde !

Quelle nouveauté. Cela faisait bien longtemps qu’un entraîneur de football s’était comporté en homme « normal », comme s’est défini l’un des candidats aux primaires socialistes. Je me pince en effet en observant le caractère si posé du nouveau technicien de l’Olympique Lyonnais depuis son intronisation aux manettes sportives du meilleur club français de ce siècle.

Rémi Garde, en deux ou trois mois de travail à Gerland, et jusqu’à ce barrage aller de la Ligue des Champions OL-Rubin Kazan (3-1), apparaît comme un intrus dans un monde du ballon rond où l’invective, la mauvaise humeur ou les allusions nauséabondes sont monnaie courante. Prenez par exemple le cas de ses collègues les plus éminents en France ou à l’étranger, messieurs Garcia, Deschamps, Kombouaré, Gillot, Antonetti, Mourinho, Wenger, et il n’y a pas si longtemps Van Gaal, vous n’oseriez même pas leur faire lire un seul résumé de leurs déclarations d’après-match à l’un de vos enfants, élèves ou pensionnaires de club de formation… Ces responsables pourtant aguerris semblent fabriqués dans un même moule, celui de la paranoïa aigue provoquant leurs écarts de langage voire de comportements !

Pour Garde, l’essentiel semble ailleurs. Les décisions des arbitres, bonnes ou mauvaises, ne le perturbent pas. Pas plus que les interventions toujours plus affolantes de certains joueurs adverses sur les tibias de ses protégés. Ou des réactions stupides et pavloviennes des spectateurs après un match moyen ou même une seule passe ratée. L’ancien international (six sélections), défenseur et milieu puis membre du staff lyonnais depuis des années ne cède pas aux modes actuelles de l’hystérie anti-tout et se concentre sur son sujet.

Garde-Lyon, le train de l’OL est en bonne voie !

Le relativement jeune entraîneur de l’OL (45 ans) sort du lot. Le calme sort de tous ses pores comme quelqu’un dont le travail intérieur a été accompli. Garde conçoit clairement ses actes et les énonce aisément. Il a certainement du, et il faudrait le lui demander, fait appel à des aides extérieures afin de caler son expression orale et canaliser un tempérament qui n’était pas si maitrisé quand il était un défenseur plutôt rugueux. Aujourd’hui, pour lui, les causes éventuelles de l’échec sont moins dues aux facteurs exogènes qu’aux fautes qu’il aurait pu commettre. De là, une tendance au perfectionnisme de son action et par là de son groupe. Et non au recours à des recettes employées couramment par les sieurs sus-nommés, râles, grognements, vitupérations, injures à l’encontre de toutes personnages, évènements ou conditions contraires. Garde a ramené, sous réserve de séismes toujours possibles, la tranquillité au bord du Rhône. Jean-Michel Aulas ne va plus parler aux supporters dans les virages après les matches et a nettement diminué sa consommation de Lexomyl.

Monsieur le président, vous avez pris Garde, et bien gardez-le !