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Carton rouge à Mourinho !

On le savait intelligent, formidable tacticien, artiste de la parole et de la dialectique. On le sait maintenant roublard, retors, calculateur, ce qui va d’ailleurs avec. José Mourinho a livré mardi soir à Amsterdam une nouvelle version des « Diaboliques » en demandant à Xabi Alonso et Sergio Ramos de prendre volontairement en toute fin de match un carton rouge afin que leur suspension prenne effet lors du dernier match de poules sans enjeu contre Auxerre, et requalifie les deux joueurs pour les matches autrement plus importants des huitièmes de finale. L’entraîneur du Real Madrid a en l’espèce très malignement joué avec un règlement de l’UEFA dont il a indirectement prouvé qu’il était, sinon à revoir, plus certainement à changer.

Problème, l’affaire n’a pas plu, mais pas du tout, à nombre d’observateurs soucieux de préserver l’éthique sportive et notamment à l’instance du foot européen qui pourrait bien entamer une procédure d’enquête puisque les agissements susnommés ressemblent à ce que l’article 10 du règlement de l’UEFA assimile à un comportement antisportif.Car les expulsions des deux joueurs ont vite paru suspectes. Les deux hommes avaient déjà récolté un avertissement au cours de cet Ajax-Real et s’en sont fait coller un deuxième exactement de la même manière dans les derniers instants de la partie, en perdant du temps sur des dégagements et alors que le score était largement acquis (4-0)… Mourinho a été pris en flagrant délit de cette machination, sur le banc de touche, par les caméras de télévision et les photographes, en parlant avec une main devant sa bouche (pas fou le Special One !) à son adjoint et lui enjoignant de façon évidente de prévenir les deux impétrants de commettre leurs deux gestes.

Mourinho, pris la main dans le sac, a nié en bloc les accusations. Pas beau, José. On avait pourtant déjà vu ça. Avec par exemple Cris, le défenseur de l’OL, qui avait procédé pareillement  il y a quelques saisons. Ou David Beckham avec sa sélection en 2004. Mais l’UEFA et la FIFA (pour Beckham) n’avaient pas cru bon, différence de standing et de visibilité médiatique obligent dans le premier cas et indifférence dans le deuxième (Sepp Blatter avait qualifié le comportement du capitaine anglais de « décevant »), de sortir la boite de pandores.Hum, l’éthique dans le foot et le sport en général… Un vilain mot que les acteurs semblent souvent utiliser mais beaucoup moins respecter. Le plus drôle et à la fois le plus inquiétant, et je me répète, c’est que l’UEFA, comme le CIO ou la Ligue Nationale de foot, et bien d’autres organisations, nous martèlent sans cesse leurs messages de respect des valeurs. Vous savez, ces banderoles qui fleurissent désormais avant chaque rencontre importante, soulevées par des gamins ne comprenant d’ailleurs rien à ce qu’ils font, et dont les messages de défense des valeurs du sport ou d’antiracisme sont oubliées dès le premier coup de sifflet de l’arbitre. Par les joueurs, les entraîneurs, le public…

Alors, que faut-il faire ? Sanctions ? Oui, bien sûr. Mourinho a clairement bafoué la morale, qui fait heureusement un peu partie des règlement sportifs. Mais, et je le disais, le mot ne fait plus florès. Je propose donc que José soit puni à l’ancienne. Qu’il aille donc expliquer pendant cent heures, par le truchement de travaux d’intérêt général, aux jeunes footballeurs du Real et d’autres, pourquoi il a agi ainsi. Le Portugais, on l’a dit, est assez intelligent et lucide pour comprendre que la leçon, cette fois, lui serait donnée par plus petit que lui…

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Et si Lyon était né à Madrid ?

Et si ce 10 mars 2010 était en fait le véritable début de l’histoire lyonnaise ? Car l’OL, qui n’existait pas jusque-là sur la scène continentale malgré sept huitièmes de finale, a enfin réussi un exploit européen de grand style. En se qualifiant face à une équipe de référence, et pas la moindre, le géant blanc, le Real Madrid.L’OL l’a donc fait. Malgré les génies du camp d’en face, Ronaldo, Kaka, Higuain, Guti, Casillas, et ses centaines de millions d’euros.Après sept ans de malheurs continentaux (relatifs quand même), le bonheur a bel et bien frappé à la porte du club de Jean-Michel Aulas, à qui l’on peut tout reprocher, sauf son opiniâtreté. Le président olympien était certainement le seul du côté de Gerland à croire à quelque chose au mois de décembre dernier quand son effectif se délitait, que le jeu de ses garçons faisait pitié et que les matches perdus s’enchaînaient. Mais cet homme savait sûrement mieux que personne que vingt ans de boulot acharné pour bâtir l’entreprise OL finiraient par payer.

Tant de beaux talents et de bons entraîneurs étaient passés chez les gones depuis dix ans que l’on finissait par désespérer de son éclosion en Ligue des Champions. C’est fait. Le peuple devrait sans nul doute – enfin – aimer L’Olympique Lyonnais, comme il a aimé Saint-Etienne, Marseille et le PSG.Reste à confirmer. Et pourquoi pas commencer une autre histoire. Celle des vainqueurs.

Cristiano Ronaldo et ses lingots

Les sportifs sont-ils trop payés ? Je participais ce matin à une émission de radio sur ce thème, à Radio Notre Dame (amen!).

Éternel débat. Au bistrot du coin, on vous éructera entre deux Corona qu’un gars qui tape, même bien, dans un ballon, ça vaut pas des millions d’euros par an, nom d’un pastis ! A la direction du CNRS, on vous affirmera que la macro-économie est de la macro-économie, que le sport est une composante du marché et qu’en conséquence il n’y a pas de quoi réveiller Keynes pour si peu…

Cristiano Ronaldo touche 2.000 fois le smic (vingt millions d’euros de salaire annuel)! La seule question est de savoir, non pas si cet argent est mérité (j’y reviendrai), mais pourquoi et comment on est arrivé à cette situation. Simple comme bonjour. Un club, le Real Madrid,  a considéré que, pour débaucher de Manchester la merveille portugaise, il fallait le payer la somme en question. Exactement comme ce qui se passe tous les jours dans le monde de l’entreprise « classique ». Il suffit de se mettre d’accord.

Ronaldo représente qu’on le veuille ou non le nec plus ultra dans son domaine. Comme dans d’autres un patron du CAC 40, un scientifique découvreur de vaccins, un acteur de renom. Leur rémunération se mesure à la rareté de leur talent. C’est comme ça.

Mais dans le cas du génie de Madère, il y a un hic. Le Real est endetté à hauteur de 327 millions d’euros et n’est pas prêt de combler ce gouffre abyssal… Qui paiera l’addition faramineuse qui finira par se présenter au trésorier du club ? Le club merengue a déjà vendu son patrimoine immobilier ! Et le Roi d’Espagne a déjà donné ! En toute logique, ce serait le contribuable qui in fine mettrait la main à la poche. Mais la logique…

Bon, remettons-nous le coude sur le bar du bistrot. Ronaldo,Tiger Woods (98 M € de gains en 2008), Kobe Bryant (27 M €) ou Roger Federer (26 M €) volent-ils leurs millions (voire milliards). Aux dernières nouvelles, ils ne sont pas recherchés pour cambriolage de banque ! Et ne sont pas assez fous pour refuser les lingots. Vous feriez quoi vous à leur place ?

Pourquoi Lyon ne doit pas mourir à Madrid

C’est un fait, l’Olympique Lyonnais « n’est pas un grand d’Europe », comme l’a dit le milieu du Real, Guti, avec un brin de moquerie condescendante avant le huitième de finale retour de la Ligue des Champions. Il a évidemment raison le grand blondinet aux chaussures noires.

Lyon depuis neuf ans et malgré sept titres de champion de France, n’a jamais conquis les cœurs, comme Saint-Etienne, Marseille ou Paris. Des prouesses, certes, mais pas d’exploits dignes de vraiment faire chavirer le peuple, de lui tourner la tête, de l’enivrer. Jean-Michel Aulas a eu beau se décarcasser depuis des années, construire des structures solides et les bétonner jour après jour, trouver sans cesse des joueurs de classe, embaucher des entraîneurs aux méthodes apparemment cohérentes, placer son club en bourse et réussir à en faire l’équipe la plus performante du XXIe siècle dans l’hexagone, le président rhodanien a échoué dans sa quête de l’Europe. Et ce déficit, pour une fois pas financier, se lit tristement sur le visage d’Aulas à chaque fois qu’il apparaît à l’écran.

Mercredi soir, Lyon ne doit pas mourir à Santiago Bernabeu. Simplement parce que ce sera le moment ou jamais de créer ce moment magique qui fera entrer, enfin, les Gones dans l’imaginaire collectif. Car, éliminés à Santiago Bernabeu, les Lyonnais ne seront pas comme les Verts de 1977, plus grands morts que vivants. On les pleurera avec des larmes de crocodile. Ils n’auront pas auparavant eu leur « Kiev », leur « Hajduk Split » ou leur « PSV Eindhoven ». Ce serait si beau d’éliminer le club le plus riche, le plus capé.Lyonnais, avant de crever, battez-vous comme des vrais Lyons !

Pas de déprime, vive le curling !

Panne d’inspiration. Ou flemme. Ou pessimisme du jour.  Aujourd’hui, je n’ai pas vraiment envie de commenter l’actu. Faut dire que dans le sport tout est bien noir, ou très foncé, comme le ciel à Paris.

L’OM est éliminé par le Real Madrid, nos skieurs (Grange, Fanara, Dalcin) se pètent les os les uns après les autres à quelques semaines des JO, Joakim Noah multiplie les conneries aux States, nos handballeuses rament, Tiger Woods accroît son nombre de maîtresses et perd ses sponsors, et last but not least, ça n’a rien à voir, Johnny est hospitalisé à L.A. Je suis à plat.

Seule bonne nouvelle du jour, l’équipe de France de curling est actuellement troisième du championnat d’Europe et ira aux JO de Vancouver !

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