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Tsonga, esprit et jeu olympiques

Dès son avènement sur la grand-scène du tennis, il avait été comparé à Mohamed Ali, peut-être le plus grand de tous les géants de l’histoire du sport. Les physionomistes y voyaient bien sûr d’abord une ressemblance de traits étonnante, au même âge, entre Jo-Wilfried Tsonga et le « Greatest ».

Au-delà des traits, la similitude s’accompagnait de la part du jeune finaliste des Championnats d’Australie d’une indéniable vertu guerrière sur les courts ainsi que de qualités de showman dont le champion du monde de boxe des poids lourds s’était fait le chantre absolu durant plus de vingt ans d’une carrière sans exemple.

Tsonga n’est pas champion du monde de tennis, ni même en passe de l’être dans un avenir proche. Il se contente si l’on peut dire de jouer avec ce qu’il a, et d’en tirer le maximum. A Londres, ce lundi, et pas dimanche en raison d’un ciel pleureur comme d’habitude, il a presque réussi à faire avaler de travers leurs fraises à la crème aux flegmatiques spectateurs du tournoi de la Reine, le fameux Queen’s, petit cousin de l’encore plus fameux Wimbledon. Tsonga tenait fermement dans sa cuillère à thé le presque local Andy Murray, Écossais à Édimbourg mais Anglais à Londres. Un set à zéro et balle de 6-5 dans la deuxième manche, service à suivre… Quasiment balle de match et de titre, qui aurait été le premier dans le lieu pour un « Froggie ».

Aux JO en 2012, à Wimbledon, Tsonga aura un coup à jouer…

C’est alors que Tsonga place un retour de service et voit la balle, vacharde, bien « british », heurter le haut de la bande du filet et retomber… de son côté. Point perdu par le Français qui ne s’en remettra pas… Azincourt qui recommence !

Mais une bataille n’est pas la guerre. Tsonga a été à la hauteur de sa réputation toute la semaine. Serveur impitoyable, volleyeur spectaculaire en diable avec une propension au plongeon grand tremplin sur gazon, relanceur grand style, toutes vertus déployées notamment lors du quart de finale contre le numéro 1 mondial, Rafael Nadal lui-même. De quoi promettre quelques lendemains qui chantent, surtout sur un pré.Dans un peu plus d’un an, le tournoi olympique se disputera à… Wimbledon. Tsonga n’y sera certainement pas dépaysé. Aux JO, l’épreuve est un peu spéciale, différente en tout cas d’un Grand Chelem. Une semaine contre deux, matches moins nombreux et en deux sets gagnants. Des conditions favorables pour un puncheur comme Battling-Jo…