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Roland-Garros, ça m’use d’entrée

Et chaque année ça recommence, je me fais piéger comme un débutant. Le premier jour de Roland-Garros, je ne suis pas encore dans le tournoi, j’ai les jambes et les bras un peu flagadas. Faut pas que j’en fasse trop. Alors, je me colle devant la télé en me jurant, surtout par un temps à aller se faire dorer la pilule à la piscine, que je n’y resterai pas plus que la petite heure suffisante pour entrer tranquillement dans la quinzaine.

Et là, ça n’a pas manqué. Les ignobles organisateurs nous avaient fourré en milieu d’après-midi de ce dimanche un Tsonga-Brands sur le Central. C’était évidemment plié d’avance. Le Brands en question, il n’y avait que ses parents, présents dans les tribunes, qui le connaissaient. Tsonga allait en faire du petit bois.

Je regarde donc d’un oeil torve le début de match tout en préparant ma crème solaire. Tiens, l’Allemand – j’apprends qu’il est allemand au bout de vingt minutes – a l’air de jouer à peu près correctement. Ouais, son service est pas mal. Et son coup droit, c’est pas celui de Boris Becker, mais il met souvent Tsonga dans le vent. Premier set pour le petit jeune…

Bon, après je vous la fais courte, enfin le plus court possible. Je reste bien sûr dans mon salon, parce que le match il va durer, c’est sûr. On me la fait pas à moi. Trente ans d’expérience… Quand ça part comme ça une après-midi de merde, je le sais d’avance, il n’y a plus trente-six solutions. Je coupe le poste ou pas. Je coupe pas…

Et le match dure. C’est pas Federer-Nadal en finale à Wimbledon, mais c’est spectaculaire, serré, âpre. Tsonga fait du Tsonga et l’inconnu d’en face fait l’inconnu d’en face, autrement dit le pénible. Enfin, le pénible… je veux dire le type qui sort des coups de nulle part ! Qui ne lâche pas, jamais. Deux sets partout…

Toujours la même chose. L’ombre du soleil qui traverse le Central en fin de journée, l’ambiance qui monte. Personne ne quitte son siège, sauf un peu dans la présidentielle, le dîner approche… Tsonga se fait breaker. Il a mal au dos, l’ami « Jo-Will ». Mais lui c’est pas un petit joueur. Une sorte de nouveau Noah. Prêt à crever sur le court, surtout à Paris. Il refait son break, il « débreake » comme aiment à le dire les commentateurs qui s’y connaissent en horreurs de langage. Je t’en foutrais, moi, des « débreaks », pourquoi pas des « redébreaks » ?

Et moi, je n’irai pas à la piscine. Pas de tie-break (euh, de jeu décisif, pardon !) à Roland dans la dernière manche. Ça peut durer jusqu’à la nuit. Non, Tsonga veut aller se faire masser les lombaires. Alors, il abrège… après trois heures et quarante minutes de match ! J’en peux plus de Roland-Garros… Je demande une année de répit, une seule ! Ils pourraient quand même penser à la civilisation des loisirs en haut lieu !