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Clermont-Racing Métro 92, ça m’a botté !

Moi, j’en redemande des soirées comme ça.

Devant ma télé, hier soir, les doigts de pieds en éventail j’attendais le spectacle. Tranquille. Parce que parfois ça ne vient pas, la sauce se gâte.

D’abord, avec ce Clermont-Racing-Métro 92 en barrage du Top 14, j’ai assez vite pigé que ça se terminerait par un truc à la hauteur de mes espérances.

Certes, la première période n’a pas été folichonne, mais le score était serré à la pause (6-5 pour l’ASM) et on sentait qu’il y aurait au moins du suspense. La deuxième période confirme mon impression. Les Parisiens jouent bien et reprennent la tête. Ils sont même formidables ces Ciel et Blanc. Ils sont tout neufs dans ce Top 14 et ils en mettent plein la vue à ces vieux briscards d’Auvergnats. Ils vont gagner, j’en suis presque convaincu, quand François Steyn balance un drop d’une autre planète. Un coup de pompe de soixante mètres du Sud-Africain à la frimousse de poupon ! Phénoménal. Probablement le seul homme au monde à faire ça à répétition !

Les Clermontois me paraissent à genoux. Mais non, il y a chez eux un autre phénomène, un petit gars de rien du tout, Morgan Parra, qui est plus grand et costaud qu’il n’en a l’air. Dans sa tête en tout cas. Il supplante d’ailleurs Brock James, le buteur qui a perdu sa botte depuis un mois. Bien, très bien. Lui, il passe tout, même ce qui ne devrait peut-être pas passer, autrement dit une pénalité litigieuse accordée par l’arbitre. Clermont mène à nouveau. Alors, le Racing jette toutes ses forces dans la bataille, en y consommant un peu ses nerfs (Steyn plaque Rougerie à la gorge, pénalité réussie de Parra). La fin de match est haletante même si les Racingmen sont réduits à quatorze pour un carton jaune récolté par Dellape, là encore sur un décision contestable des arbitres. Dernière occasion pour les promus, qui échoue à quelques centimètres de la ligne… Les Parisiens sont aussi mauvais perdants que bons guerriers. Sébastien Chabal, après le match au micro de Canal +, s’en prend, en termes à peu près polis à l’arbitrage dont il juge le « niveau insuffisant ». Simon Mannix, l’adjoint de Pierre Berbizier, n’use pas, lui, d’une telle précaution de langage : « C’est dégueulasse, je suis déçu pour le rugby français », s’emporte-t-il. Enfin, Pierre Berbizier, le directeur sportif parisien, a carrément fait savoir devant la presse qu’il ne « respecterait plus M. Berdos », arbitre-assistant de la rencontre… Bah, pour une fois, je les comprends ces hommes-là, sans les excuser, d’employer des mots qui peuvent dépasser leur pensée. Ça fait du bien de se lâcher.Le match de rugby fini, hop sur Sport +. Et là mes amis, entre le Panathinaikos d’Athènes et le Partizan de Belgrade, la fin de match la plus stupéfiante que j’ai sans doute jamais vue. A Bercy, pour la deuxième demi-finale de l’Euroligue de basket, vous savez cette compétition où les clubs français sont absents ou allergiques, je ne sais pas… Un truc de fous ! Trois dernières minutes que je ne vous raconte même pas, des paniers de dingues des deux côtés… Je ne vous raconte donc pas. Les Grecs ont fini par s’en sortir après la prolongation. S’ils gagnent la finale dimanche, le retour au pays ne devrait pourtant pas être aussi joyeux que d’habitude, vu l’ambiance sociale, politique et financière là-bas… Ah, j’oubliais, c’était pas non plus la fête aux arbitres au Palais Omnisports. Je ne sais pas ce qu’il avait mangé ou bu, le Georges Eddy, mais il a pété les plombs. Toujours contre les directeurs de jeu : « Cet arbitrage… me fait gerber » a-t-il déversé dans son micro de commentateur au sujet d’une faute sifflée et qui selon lui n’aurait pas dû l’être !  Là, je pardonne moins. Un journaliste doit savoir rester neutre. C’est ce que je fais en permanence !

Nom de Dieu, comme on dit à Athènes, quelle soirée !

Surtout ne regardez pas France-Angleterre !

It’s a joke indeed !Mais peut-être pas tant que ça. Voyons un peu plus loin que ce 93e France-Angleterre.

Que le XV de France l’emporte en raflant son neuvième Grand Chelem, et les louanges s’amoncelleront dans la presse et aux zincs des bistrots. Avec ça, Marc Lièvremont sera bien avancé à dix-huit mois de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande ! Les Grands Chelems tricolores n’ont jamais abouti à une victoire dans un Mondial. On se reposera sur des pseudo-vertus (ah, la conquête !) qui se seront évanouies dans un an et demi. Bref, vous vous enflammeriez pour rien !

Que le XV de France perde face à celui de la Rose et le sélectionneur sera livré aux chiens ! Oubliés les quatre premiers matches convaincants du Tournoi 2010. Tout à refaire. Et les sempiternelles questions à résoudre : ParraTrinh-Duc charnière ad hoc, Jauzion ou pas Jauzion, Médard ou Poitrenaud à l’arrière, Chabal titulaire or not,  jeu d’occupation ou jeu d’attaque… Bref, vous vous mettriez la tête à l’envers sans rien arranger !

Bon mais alors. Il sert à quoi ce Crunch ? Hormis ce qui nourrit la fantasmagorie ambiante, autrement dit les vieux poncifes d’après-match des intéressés ou des medias selon le résultat (« Un groupe est né », « Il reste beaucoup de travail », « Ces Bleus peuvent y croire » ou « C’est pas gagné »), à pas grand chose. Il reste trop de temps avant la grande échéance de 2011.

Allez, j’exagère évidemment. Ce serait une joie non dissimulée que les descendants de Jeanne d’Arc (ok, ok !, elle était pucelle) fassent ravaler leur morgue (« Sorry good game ») à ceux des Tudor. Mais, et je me mords les lèvres en l’écrivant, une petite leçon d’Assimil (in english of course) à Saint-Denis ne serait pas si lourde de conséquences. Un genre de petit coup de pied au cul, quoi. Surtout pour fouetter les sangs qui abreuvent les sillons de l’espoir. Et que l’an prochain, au pays du Long Nuage Blanc, le jour de gloire arrive…