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Les sportifs sont-ils intelligents ?

Avez-vous déjà entendu un footballeur parler de littérature, un athlète aborder l’art abstrait ou un rugbyman reconnaître son goût pour les expositions de peinture ?

Mais quel rapport, m’objecterez-vous, avec ma question initiale ? Pas évident, suis-je tenté de répondre, tant il est vrai qu’un intellectuel ne présente pas forcément toutes les garanties de l’intelligence au sens ou l’entendait Montaigne, c’est à dire cette vertu du scepticisme positif qui doit rendre l’homme plus sage.

Et ceci dit, je devrais me taire en considérant que je me lance sur une voie bien délicate… Vous voyez le topo, affirmer que ce boxeur britannique, Dereck Chisora, auteur à lui-seul en vingt-quatre heures de trois âneries plus volumineuses encore que lui, est un imbécile fini… La tentation est quand même grande ! Rendez-vous compte, une gifle à son adversaire, Vitali Klitschko – avant le combat -, un crachat au frère de ce dernier et enfin – après le combat cette fois – une bagarre provoquée avec un autre et ancien boxeur (David Haye) parce que celui-ci avait eu l’affront de le critiquer… Donc, ce pauvre Chisora n’est certainement pas un futur Prix Nobel. Le débat n’avance pas franchement…

Correa, Pablo de son prénom…

Aujourd’hui, je lis dans L’Equipe l’interview de Pablo Correa, l’entraîneur d’Evian, et j’en retire une sensation inverse, agréable, rafraichissante. Cet homme, au travers de quelques phrases (l’interview est courte), me réjouit par sa philosophie, si j’ose exprimer ainsi des paroles de technicien du ballon rond… L’ex-coach de Nancy, réputé (quel terme atroce) théoricien du catenaccio, prône désormais les vertus du jeu d’attaque ! Tout simplement car, dit-il, « on (lui-même) évolue et parce que la situation n’est pas la même (à Evian)« …

Ah, le beau discours. Correa a visiblement réfléchi sur ses méthodes, sur son action, sur son nouvel environnement. Il a fait en somme jouer tous les paramètres pour mieux les faire concourir. Et tant pis si ça ne marche pas : « Je ne cherchais pas la progression, avoue-t-il. Je cherchais une nouvelle expérience« … Montaigne… Là, il me semble que l’on avance sérieusement par rapport au cas précédent ! Je veux dire que je crois être certain de savoir à qui va ma préférence quant à l’utilisation du quotient d’intellect ! Merci Pablo, pas P. mais C., et cela suffit à mon bonheur.

Je ne résoudrai malheureusement pas plus qu’un autre le problème posé en titre de ce billet de façon bien sûr provocante. Je raille suffisamment les propos des sportifs pour ne pas en rajouter, comme on en rajoute au sujet des politiques surtout en cette période d’élections. Mais, puisque vous l’attendez, je me lance. Oui, les sportifs ont un cerveau. Non, il ne s’en servent, généralement, pas bien… Ouf ! Je le dis, mais je ne dis rien…