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G20, dette, PSG, Beckham, Platini et le Lycée Papillon…

Les dirigeants du monde ont découvert puis proclamé dans la foulée cette semaine à Cannes que l’on ne pouvait pas, ou que l’on ne pouvait plus vivre au-dessus de ses moyens. Que s’endetter conduisait à la ruine et constituait désormais un péché contre l’Euro, le monde, la morale, les banques et un peu tout en fait. Dont acte.

L’actualité du football contrarie magnifiquement ce nouveau grand principe. Alors que l’on vient de couper tout crédit à la Grèce tant qu’elle n’assainirait pas ses finances et que l’on met l’Italie sous tutelle, personne ne semble s’émouvoir de la bulle, que dis-je, de la Montgolfière pleine de gaz inflammable, que représente la dette des clubs européens. Faisons le point, l’Espagne, l’Italie, l’Angleterre, l’Allemagne et à un degré moindre la France s’effondrent littéralement sous une phénoménale charge d’endettement, très probablement supérieure à quinze, voire vingt milliards d’euros… Tandis que ses recettes se montent au mieux à la moitié !

Le cabinet AT Kearney a prévenu il y a quelques mois :« En fonctionnant comme des entreprises normales, les ligues d’Espagne, d’Angleterre et d’Italie seraient mises en faillite en moins de deux ans ». Ne nous y trompons pas. A l’instar de la Grèce que chacun sait maintenant en situation de banqueroute non virtuelle mais réelle, les clubs du Vieux Continent sont aujourd’hui incapables de rembourser ce qu’ils doivent, et ne vivent plus que sous assistance respiratoire. En attendant que le premier domino ne tombe, entraînant les autres selon la théorie éponyme, ce qui ne saurait plus maintenant tarder…

Platini en raillant Beckham rêve sûrement comme à ses débuts du Lycée Papillon…

Un seul homme de décision dans le sport en Europe a pourtant tiré le signal d’alarme, Michel Platini. Paradoxalement, l’ancien génie du coup-franc a dressé le constat de la gabegie sans y voir tout à fait les mêmes conséquences que les politiques. Il ne faut pas réduire la voilure pour mieux braver la tempête mais pour que les chances de chacun soient égales face à des compétitions impitoyables. L’équité, le « fair-play » financier pour être précis, avant la rectitude des comptes. Ou la justice sociale du foot business ! In fine, dans deux ans, le Real Madrid ou Manchester United pourraient bien être exclus de la Ligue des Champions si leur bilan ne présente pas des colonnes débitrices trois ou quatre fois plus raisonnables.

Reconnaissons-le, certains ont semblé comprendre le message, le conseil appuyé plutôt. Outre-Manche, Sir Alex Ferguson ou Arsène Wenger se posent ces temps-ci des problèmes sur lesquels ils n’avaient pas jusque-là trop cogité. L’argent ne devant plus sortir, il doit évidemment rentrer. Et leurs joueurs en or partent plus qu’ils n’arrivent. En France, Jean-Michel Aulas n’a plus trop le choix. L’OL entré par ses infatigables soins en bourse, il doit parler à ses actionnaires et leur avouer qu’il ne peut plus comme avant embaucher de stars à gogo, et qu’il doit a contrario s’en séparer.

Toujours en France, M. Al-Khaleïfi, patron tout puissant du PSG, vient, lui, de déclarer qu’il n’achèterait plus de joueurs cette saison. Fort bien, après avoir signé en début de saison 2011-2012 une demi-douzaine de chèques (et quelques traites) pour le modique total de 80 millions d’euros, record hexagonal du genre pulvérisé. Sauf un. Mais pas le moindre. Pas vraiment un joueur, mais une « marque », comme l’a dit lui-même le richissime Qatari, nommée Beckham. Le tour est joué. On n’achète plus de talents mais des images, des figurines, des sortes d’usines à produits dérivés. Platini s’en est d’ailleurs visiblement amusé, qualifiant l’époux de Victoria de futur touriste haut de gamme de la plus belle ville du monde et adepte modèle du « shopping ». Je soupçonne le président de l’UEFA de l’avoir quand même un peu mauvaise. David-le-produit, et sa moitié en pleine page des magazines people débarquant dans un PSG totalement financé par les pétro-dollars du Golfe, ne rappellent sans doute pas à Platini les saines joies de ses débuts dans le football du temps de Nancy et du « Lycée Papillon« …

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Aulas, garde Garde !

Quelle nouveauté. Cela faisait bien longtemps qu’un entraîneur de football s’était comporté en homme « normal », comme s’est défini l’un des candidats aux primaires socialistes. Je me pince en effet en observant le caractère si posé du nouveau technicien de l’Olympique Lyonnais depuis son intronisation aux manettes sportives du meilleur club français de ce siècle.

Rémi Garde, en deux ou trois mois de travail à Gerland, et jusqu’à ce barrage aller de la Ligue des Champions OL-Rubin Kazan (3-1), apparaît comme un intrus dans un monde du ballon rond où l’invective, la mauvaise humeur ou les allusions nauséabondes sont monnaie courante. Prenez par exemple le cas de ses collègues les plus éminents en France ou à l’étranger, messieurs Garcia, Deschamps, Kombouaré, Gillot, Antonetti, Mourinho, Wenger, et il n’y a pas si longtemps Van Gaal, vous n’oseriez même pas leur faire lire un seul résumé de leurs déclarations d’après-match à l’un de vos enfants, élèves ou pensionnaires de club de formation… Ces responsables pourtant aguerris semblent fabriqués dans un même moule, celui de la paranoïa aigue provoquant leurs écarts de langage voire de comportements !

Pour Garde, l’essentiel semble ailleurs. Les décisions des arbitres, bonnes ou mauvaises, ne le perturbent pas. Pas plus que les interventions toujours plus affolantes de certains joueurs adverses sur les tibias de ses protégés. Ou des réactions stupides et pavloviennes des spectateurs après un match moyen ou même une seule passe ratée. L’ancien international (six sélections), défenseur et milieu puis membre du staff lyonnais depuis des années ne cède pas aux modes actuelles de l’hystérie anti-tout et se concentre sur son sujet.

Garde-Lyon, le train de l’OL est en bonne voie !

Le relativement jeune entraîneur de l’OL (45 ans) sort du lot. Le calme sort de tous ses pores comme quelqu’un dont le travail intérieur a été accompli. Garde conçoit clairement ses actes et les énonce aisément. Il a certainement du, et il faudrait le lui demander, fait appel à des aides extérieures afin de caler son expression orale et canaliser un tempérament qui n’était pas si maitrisé quand il était un défenseur plutôt rugueux. Aujourd’hui, pour lui, les causes éventuelles de l’échec sont moins dues aux facteurs exogènes qu’aux fautes qu’il aurait pu commettre. De là, une tendance au perfectionnisme de son action et par là de son groupe. Et non au recours à des recettes employées couramment par les sieurs sus-nommés, râles, grognements, vitupérations, injures à l’encontre de toutes personnages, évènements ou conditions contraires. Garde a ramené, sous réserve de séismes toujours possibles, la tranquillité au bord du Rhône. Jean-Michel Aulas ne va plus parler aux supporters dans les virages après les matches et a nettement diminué sa consommation de Lexomyl.

Monsieur le président, vous avez pris Garde, et bien gardez-le !

Lyon, étoile sans lumière

Mais pourquoi l’Olympique Lyonnais ne déchaîne-t-il pas les passions ?Dix ans de présence quasi-continuelle au sommet du football hexagonal. Jamais un club français n’avait montré une telle constance au plus haut niveau. Ni le Stade de Reims, ni Saint-Etienne, ni le Paris Saint-Germain, ni Marseille, qui s’étaient tout au plus illustrés sur des périodes deux fois plus courtes.Lyon est de plus demi-finaliste de la Ligue des Champions après sa qualification face à Bordeaux. Un exploit dans le contexte actuel du foot européen, où les budgets de Manchester United, du Real Madrid, de Chelsea, de Barcelone et même du prochain adversaire de l’OL, le Bayern Munich, sont deux à trois fois plus élevés que ceux du club rhodanien. Lyon, contrairement à ses glorieux prédécesseurs hexagonaux, est « globalement » vertueux. Financièrement du moins. Jusqu’à maintenant, pas de caisse noire, de manœuvres véreuses ou sulfureuses, pas de scandale notoire (ah si, une banderole contre Saint-Etienne). Juste un président, certes très soucieux de ses intérêts et habile à les faire prospérer, mais ne tombant jamais dans le délire ou la schizophrénie des fadas de jadis: Leclerc, Rocher, Bez, Tapie…En toute logique, Lyon devrait faire la une des journaux, des télés, du net. Lyon devrait fédérer les fans des quatre coins de l’hexagone. Et même faire naître les haines les plus féroces de ceux qu’il empêche de décrocher des titres de champion de France. Mais non. Paris (ses supporters, s’entend) hait Marseille. Marseille (ses supporters, s’entend) hait Paris. Lyon est seulement « détesté » par les autres. On ne veut ni l’adorer ni le brûler.Lyon élimine Madrid et l’on ne parle que de l’échec du club le plus riche du monde et de son joueur emblématique, Cristiano Ronaldo, au prix de transfert démesuré. Lyon élimine Bordeaux et l’on met en exergue la malchance girondine.Alors quoi ? Puel n’est pas Blanc, Delgado n’est pas Gourcuff, Lisandro n’est pas Chamack ? Et Lloris serait-il trop humble, Cris trop poli, Lacombe trop discret. Je crois que le Lyon n’est pas assez méchant !

Aulas ne perd jamais son temps

En voyant ce matin Jean-Michel Aulas réagir à la télé après la victoire de l’OL contre Debrecen, je me disais que c’était comme un air de déjà-vu. Autrement dit, il me semblait bien que le président lyonnais réalisait un numéro comme je le voyais en faire depuis un certain temps. Tiens, depuis quand au fait?

Vite, une petite plongée dans mes archives… Voilà, j’ai trouvé… Aulas est en place, à la présidence du club rhodanien depuis… juin 1987 ! Pas mal de fans actuels de l’OL n’étaient pas nés à cette époque.

Ce matin, donc, le boss des gones s’en prenait à la presse, qui selon lui fait la fine bouche devant les performances de son équipe et les méthodes employées par son dirigeant principal (recrutement, gestion de l’entraîneur, incompétence…). Re-plongée dans mes archives… Novembre 1987: « Si certains médias, prévenait-il, devaient continuer à réagir de façon aussi négative à nos initiatives, au point de me porter préjudice, il est clair que je réviserais ma position à l’égard de l’Olympique Lyonnais. » Propos tenus il y a 22 ans !

A l’évidence, on ne peut pas reprocher à cet homme de manquer de suite dans les idées ni de faire de la réussite son credo. En 1990, Aulas claironne: « En vertu d’un plan de quatre ans, notre ambition est de figurer parmi les quatre meilleures équipes du pays au terme de la saison 1991-1992. » Pari gagné.

Je vous l’avoue, Jean-Michel Aulas m’énerve depuis tout ce temps. Pas beaucoup, mais un peu, surtout par le côté psycho-rigide qu’il affecte à chaque objection qu’on lui jette à la figure. D’un autre côté, je m’incline sous le poids de la formidable longévité du dirigeant et des victoires glanées par Lyon depuis des lustres. Attention tout de même, M. Aulas: Plaisirs de longue durée ne sont plus plaisirs. »

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