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Pour porter le maillot Bleu, Batum a supplié Collet…

Chapeau Nico. Allez, c’est un peu l’anecdote à deux sous à faire pâmer les petites ados, mais elle me plait cette jolie bluette. L’histoire se passe ce dimanche dans les vestiaires des Bleus de Vincent Collet, à quelques minutes de se coltiner les effrayants Espagnols de Pau Gasol et Cie. Nicolas Batum, grand ado lui-même, est juste assis en civil  sans ses baskets à côté de Parker, Diaw, Gelabale et tous ses potes, parce qu’il n’est pas… assuré.

L’ami Nico est alors envahi par un brusque stress, une crise d’angoisse. Ne pas jouer ce match de gala mais surtout un dernier très gros test avec l’équipe de France avant les Jeux, le rend quasiment malade. Pas assuré… et alors se dit-il ? Il en chiale à grosses larmes, de dépit, mais plus probablement de rage parce que sans temps de jeu depuis le mois d’avril à cause de ces papiers d’assureurs toujours pas à jour. Pensez-donc, le maillot bleu lui passerait sous le pif, comme ça pendant que ses potes auraient l’occasion de défier Fernandez, Navarro, Ibaka

Collet, l’entraîneur sentimental, fait jouer Batum, le joueur qui l’assure d’être un Bleu authentique !

Alors, le Manceau fait une proposition indécente à son coach : « Faites moi jouer, coach, je vous en supplie« . En larmes l’ex-ailier de Portland et pas encore des Wolves du Minnesota, fait craquer l’entraîneur qui lui accorde, comme ça, sans doute sans avertir personne et en en dédaignant royalement les possibles conséquences, d’enfiler sa tenue : « Tu vas jouer »… Et Batum s’est habillé, échauffé et a disputé cinq minutes de cette rencontre à Bercy face aux Ibériques. Devant naturellement une foule ravie d’acclamer l’un de ses chouchous, auteur de quelques envolées à la « Batman » que deux ou trois autres avions dans le monde sont capables d’exécuter comme lui…

Vive Batum, vive Collet, vive les Bleus, au diable les assureurs à deux balles. Et, pendant qu’on y est, tant pis pour les grimaceurs et rabat-joie d’Ukraine… assurément moins affamés de Bleu.

Tony Parker peut-il devenir le Zidane du basket ?

Il est comme Zizou, un peu tout à la fois. Intense et lunaire, Français issu de la diversité, fou sans folie au visage de peintre vénitien. Tony Parker est un artiste dont les oeuvres n’ont pas encore été exposées dans son propre pays. C’est le lot des sportifs de l’époque, mercenaires ou produits, vendus aux quatre coins du globe aux plus riches collectionneurs.

Mais pour la première fois en dix ans d’une fabuleuse carrière de club, le meneur des San Antonio Spurs fait le bonheur de sa sélection nationale. On n’osait plus y rêver. L’équipe de France est peut-être pourtant en train de toucher un but qui lui a été jusque-là inaccessible. Une victoire en finale de Championnat d’Europe, événement dont elle a été éternellement privée, comme par une sorte de malédiction, d’accumulations insensées de sortilèges fatals. D’ailleurs, le même Parker avait lui-même vécu avec les Bleus ces soirées infernales où les paniers paraissaient maudits, où les ballons fuyaient toujours le cercle, en sortaient inéluctablement dans les derniers instants…

Comme aux Bleus de Zidane, il reste le temps d’une soirée d’été à ceux de Parker pour infléchir le destin…

Dans l’improbable Lituanie, Parker avait décidé que la nuit devait enfin être chassée, que les ombres laisseraient place à la lumière. En huit matches, sept plus précisément puisqu’on lui avait permis de reposer ses pauvres jambes contre l’Espagne au deuxième tour, et jusqu’à la sirène de cette demi-finale gagnée contre l’énorme Russie, Tony Parker a porté la France sur ses épaules, tel un Atlas des parquets. Mais, pour soulever le monde (ou l’Europe), disait le poète, il faut tout de même un levier à la disposition des mains de l’Hercule. Un outil en plusieurs pièces, pour une fois merveilleusement agencées, Nicolas Batum, Boris Diaw, Nando de Colo, Joakim Noah, Ali Traoré, Charles Kahudi ou Florent Pietrus, sans oublier le modeste mais fieffé et entêté entraîneur, Vincent Collet.

Il reste, dimanche à partir de 19h30, un match à la bande à Parker pour se hisser au sommet de sa discipline. Comme la bande à Zidane de 1998, il lui reste le temps d’une soirée d’été pour infléchir le destin, le forcer, le tordre et en faire un beau moment d’Histoire. Comme les Bleus de Zidane qui défièrent le Brésil de Ronaldo, l’adversaire est un autre géant, l’Espagne de Pau Gasol. Tony, as-tu du coeur ?