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France-Angleterre: Lièvremont, c’était Clémenceau !

De minables à formidables, de ridicules à sublimes. Les Bleus, qu’on n’attendait plus que dans l’avion du retour, nous ont encore une fois fait basculer du désespoir à l’extase. En une semaine, Marc Lièvremont et sa pauvre moustache d’adolescent est devenu un poilu, un vrai, qui sera sorti vivant et surtout vainqueur des tranchées de l’Eden Park.

La moustache de Lièvremont: la métamorphose des cloportes…

Le coach français arborait depuis la catastrophe tonguienne quelques poils d’adolescent attardé au-dessus de sa lèvre supérieure. Grotesque, avaient ironisé certains. « Sexy » avaient répliqué quelques admiratrices. Plus sérieusement, cette moustache représentait sans doute plus que ce que l’on en soupçonnait. C’était celle du changement, de la brisure d’une image et probablement de la disparition d’un « moi »… En une semaine, Lièvremont, comme son visage, a littéralement muté, passant du perdant au vainqueur, du chef contesté au gourou, réanimateur d’énergies de ses guerriers meurtris.

Contre l’Angleterre, les Bleus avaient l’oeil du… Tigre !

A Georges Clémenceau, on avait un jour demandé aux pires moments de la Grande Guerre quel était son but. L’homme à la moustache avait répondu: « Mon but, c’est de faire la guerre, jusqu’à la victoire« . Avec un peu moins d’éloquence et les poils au-dessus de sa lèvre un peu moins drus, Lièvremont avait promis après le désastre tonguien un combat contre la Perfide Albion. Tenir ou mourir. Il a tenu sa promesse. Pour pousser toujours aussi audacieusement la comparaison avec le « Père la Victoire », on avait aussi vu pendant ces journées de doute le capitaine Thierry Dusautoir prononcer quelques paroles de révolte. Pour les capter, on avait du pousser l’audiomètre au maximum. Il aurait fallu scruter ailleurs pour en apprécier la portée, un peu plus haut, du côté de l’oeil. L’oeil du… Tigre !

Donc, par je ne sais quel prodige, peut-être simplement celui permanent du génie français, les soldats d’Auckland ont imité, à leur manière et toutes proportions gardées puisque ce n’est que du sport, ceux de Verdun. Le Quinze de France mérite, pour huit au jours au moins, et on n’ose le dire car tout est si versatile, pour mille fois plus longtemps, la reconnaissance de la patrie.