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La banque saute à Monaco

Trente quatre ans en première division. Voilà le plus surprenant pour le club le plus atypique du Championnat de France. Que Monaco ait tenu aussi longtemps dans l’élite avant de retomber à l’étage inférieur ce dimanche soir en s’inclinant contre Lyon, tient en effet du prodige.

Tout porte en effet du côté de la Société des Bains de mer et du Rocher princier à l’indolence, à l’ignorance des feuilles d’impôt, aux relations amicales avec les banquiers, au bronzage et aux collections de voitures de sport.

Pauvres Monégasques, ballotés depuis cent cinquante ans entre la Riviera italienne et la Côte d’Azur française. Et obligés pour se sauver de la banqueroute d’attirer des fonds en ouvrant un casino puis, un beau jour de 1861, de pencher vers l’indépendance, surtout financière.

Pour offrir à ses sujets un peu de délassement populaire, le Prince Louis II leur fabrique dans les années 20 un club de football sympathique et un stade éponyme assez vaste pour accueillir les familles des joueurs et leurs amis. Y accourent le plus souvent les joueurs déprimés de nature ou en mal de journées ensoleillées. Depuis, la tradition ne s’est peu ou prou pas estompée. A Monaco, tous les footballeurs savent que les fins de mois sont assurées, qu’une certaine pression psychologique survient au pire à l’heure de l’apéritif à l’hôtel de Paris et que le mot percepteur est employé pour faire rire les petits enfants.

A Monaco, la vie de Palais n’est plus ce qu’elle a été…

Heureusement, Rainier III, prince moderne s’il en était, a pendant trois ou quatre décennies, avec le concours de son fidèle lieutenant Jean-Louis Campora, sauvé les apparences et tenu relativement fermement sa petite troupe de sportifs en transat. En convainquant Michel Hidalgo, Lucien Leduc, Delio Onnis, Arsène Wenger ou Didier Deschamps, ainsi que quelques autres personnalités pas seulement motivées par la vie de Palais, l’ASM a même pu damer le pion à la concurrence du grand territoire auquel il était rattaché, ou plus exactement raccordé. Et gagner des titres de champion et des Coupes de France. En 2004, l’Europe a même failli connaître la plus folle farce sportive de son histoire en sacrant le plus petit pays de son continent (et même du monde, à l’exception du Vatican) à laquelle elle n’appartient d’ailleurs pas économiquement.Mais tout finit toujours par revenir à son état premier. Monte-Carlo est redevenu Monte-Carlo le dimanche 29 mai 2011. Un Prince, Albert II, plus frêle et indécis à tous points de vue que son père, des dirigeants redevenus pusillanimes, des finances moins prospères et des joueurs toujours fâchés de quitter la chaise longue, ont achevé de précipiter la glissade des flancs du rocher… L2, pair et passe…