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Le Lyon d’Aulas est mort ce soir… Merci Platini !

Presque trente ans d’efforts ininterrompus, parfois surhumains, pour en arriver là. Jean-Michel Aulas, je le plains sincèrement, vient de vivre à Nicosie le pire cauchemar de sa vie. Son club, son cher club, l’Olympique Lyonnais, son enfant si l’on ose s’aventurer dans les méandres de la psychologie Freudienne, l’a abandonné.

Les signes avant-coureurs du drame ne manquaient pourtant pas. Depuis le dernier sacre de la fabuleuse série de sept Championnats d’affilée du début de ce vingt-et-unième siècle, l’Olympique Lyonnais avançait à chaque pas vers l’abîme. Joueurs, entraîneurs, staff et public se mentaient tous de plus en plus. Et le président ne parvenait plus à cimenter quoi que ce soit.

Le plus dur, le plus triste, pour Aulas, est que la catastrophe s’est produite là où c’était sans doute le plus pénible pour lui de conclure son itinéraire. A Chypre, la plus petite nation du football européen, la moins riche. Et c’est justement là, dans un pays où le plus gros transfert de son histoire s’est conclu l’an dernier par un montant de… 800.000 euros, que Jean-Michel Aulas, premier chantre du football financier dans notre hexagone, est venu s’échouer. Après avoir payé Yoann Gourcuff vingt-cinq millions…

Lyon, côté en bourse, périt à Nicosie, là où l’argent n’existe pratiquement pas…

Aulas a voulu, s’est battu et débattu pour, que l’OL soit introduit en bourse. Il va devoir désormais rendre des comptes à ses actionnaires, vendre une bonne partie de son effectif, qui on doit bien le constater, était déjà parti, au moins dans ses têtes. Et constater son échec puis, sous la pression du bon mais – toujours plus exigeant et impitoyable – peuple, rendre son tablier de bâtisseur de cathédrale du foot, aux fondations moins solides que la vénérable Saint-Jean

Et dire que c’est à… Michel Platini, que les Lyonnais peuvent dire non pas merci, mais un plus prosaïque… merde. Oui, Platoche, président de l’UEFA et artisan de l’entrée de l’Apoel Nicosie dans le concert européen par le biais d’une nouvelle règle « anti-capitalistique » permettant aux clubs sans le sou de parvenir à la fameuse phase finale de la Ligue des Champions contre les mastodontes entretenus par des présidents milliardaires ou dopés à l’endettement et à la starisation ! Et de les battre. A la régulière ! Celle du jeu…

La morale de l’histoire ?… Quelle morale ? Mais Nietzsche l’aurait dit à Aulas ou à l’Abbé Pierre, à Nicosie ou à Manchester… votre morale, elle est immorale !

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Aulas, Lyon, le Real et le fair-play…

On peut tourner et retourner le problème dans tous les sens, plus on est riche et plus on peut acheter. L’Olympique Lyonnais est moins riche que le Real Madrid, nettement moins riche. Trois fois moins (146 millions d’euros de revenus contre 438, en 2009-2010) selon les chiffres les plus récents, publiés par le cabinet Deloitte. Donc, le Real élimine Lyon (1-1, 3-0) sans discussion en huitièmes de finale de la Ligue des Champions et il n’y a rien à redire. Sauf un petit quelque chose…

Cristiano Ronaldo, Benzema, Casillas et Marcelo sont plus productifs que Lisandro, Gomis, Gourcuff et Lloris. Point final. D’ailleurs dans l’histoire de la Coupe d’Europe, à de rares exceptions près, le rapport de force financier a toujours favorisé les plus puissants. Rien de bien nouveau dans le monde impitoyable du business et de son satellite du sport le plus voyant, le foot.

Richesse et résultats riment de plus en plus…

Ce qui est embêtant, enfin ce qui m’embête moi ainsi que Michel Platini, c’est que richesse rime aujourd’hui de plus en plus avec résultat négatif et endettement. Des chiffres à faire peur à tout bon père de famille au budget même un peu imprudent. Allez, je vous dis tout, le Real Madrid doit, vous lisez bien, 689 millions d’euros à l’ensemble de ses fournisseurs… Un ratio endettement/CA qu’aucune grande entreprise d’aucun pays dans le monde ne peut atteindre à moins que son dossier soit déjà au Tribunal de commerce ou que ses dirigeants croupissent en cellule…Pour la première fois peut-être dans l’histoire du foot, un dirigeant des institutions (FFF ou Ligue) a tiré une sonnette d’alarme. C’était le 15 février dernier. La moustache fournie de Frédéric Thiriez, le président du football professionnel, s’est un instant frisée d’horreur devant le vide abyssal du gouffre (« Le foot va droit dans le mur »). Rien qu’en Angleterre, la dette globale de la Premiership se monte à quatre milliards d’euros. Soit, et la métaphore vaut ce qu’elle vaut, cinquante Cristiano Ronaldo… Arsène Wenger, pourtant lui-même à la tête d’un Arsenal endetté à hauteur de plus de 200 millions (mais il est vrai propriétaire de son stade) comparait la méthode à du « dopage financier ». Pas faux.

Le « dopage financier » doit être mis hors jeu

Les systèmes anglais ou espagnols ne ressemblent plus à rien. L’ami Abramovic, le magnat russe, se moque ouvertement des règles les plus élémentaires. Il aligne les centaines de millions sans se préoccuper plus que cela de son comptable, qui n’a d’ailleurs probablement aucun intérêt à mouffeter… Et puis, Roman, après tout, fait ce qu’il veut, tant que les tonnes d’euros ou de roubles lui appartiennent. Non, ce qui nous gêne toujours autant, moi et Platini, c’est que l’équité – ah, j’ai lâché le gros mot – n’est plus respectée. C’est qu’Abramovic et ses copains (pas forcément des « intuitu personae ») faussent le jeu. Une petite grappe d’à peine une dizaine de formations du Vieux Continent peut désormais prétendre au Graal. Parvenir au tour final est maintenant un objectif maximum pour les autres. Plus aucune surprise n’est possible.Au Real, comme à Manchester, à Barcelone, à Munich et ailleurs, les trous se creusent, se creusent… Une sorte de trou de la Sécurité Sociale ou de dette souveraine du foot qui enflent interminablement. On sait que la Grèce et l’Irlande ont craqué sous le poids de leurs excès, et que bientôt le Portugal ou l’Espagne elle-même vont craquer…

Dès le coup de sifflet final à Santiago Bernabeu, Jean-Michel Aulas, le petit malin, n’a pas accablé ses joueurs. Il a immédiatement mis la défaite sur le compte de l’argent du Real, de son immense stade… De la part du premier introducteur de club français en bourse, la surprise de ce discours n’en est pas une. Le boss lyonnais rêve de sa nouvelle grande enceinte, des meilleurs joueurs d’Europe à Gerland, des sponsors en or à ses pieds…

Mais Michel Platini et moi sommes d’accord pour que Manchester United, Barcelone ou le Real ne gagnent pas toujours. Ou plus exactement que ces clubs ne remportent pas systématiquement la Ligue des Champions de l’endettement… Et que le fameux fair-play soit aussi financier…

Platini et le »problème Raymond »

Certes, ce n’est pas au niveau du trottoir comme cela avait été le cas lors du fameux « sac à merde » d’Eric Cantona lancé à l’adresse d’Henri Michel. Mais le « Il y a un problème Raymond » jeté devant la presse hier par Michel Platini au sujet du sélectionneur actuel des Bleus me parait, si j’ose dire, tout autant riche de sens.A l’image du laconique mais si significatif « Allo Houston, nous avons un problème » des astronautes d’Apollo XIII, le mini-message du président de l’UEFA exprime en réalité un danger imminent. Comme pour la mission lunaire, il s’agit bien d’un avertissement concernant un dégât structurel, pouvant entraîner une perte définitive.Car pour Platini, il ne s’agit visiblement plus d’épiphénomènes. L’équipe de France  se trouve selon lui en bien vilaine santé. Touchée aux organes vitaux. Et le coeur d’une sélection, c’est son entraîneur en chef. Pour la première fois, Platoche désigne Domenech comme le responsable direct de la déconfiture du jeu des Bleus. Domenech, l’homme. C’est  ‘ »un problème de personnalité, pas de technicien« , balance-t-il. Aïe. Aïe pour Raymond surtout. Qui en prend grave pour son grade et notamment à cause de son dérapage digne des écervelés de la Star Academy  « il a été nul avec cette annonce (demande en mariage à Estelle)… il a fait une connerie« ). Bien sûr, ce n’est pas la première fois que Raymond est pris à partie par du gros poisson. On avait entendu les très gentilles Rama Yade et Roselyne Bachelot dire ce qu’elles pensaient de l’impétrant, assez virilement d’ailleurs.Mais ce coup-ci, c’est Platini qui parle. Une épée, un cador du foot. Qui tempère un tantinet son ire quand il reconnaît avoir pendant un temps défendu Domenech: « J’étais favorable à son maintien car les transitions doivent se faire en douceur, comme entre Michel Hidalgo et Henri Michel par exemple. Les seconds étaient déjà presque dans le groupe, tout était prévu« . Bon, on a compris, le grand Michel en est revenu, Raymond n’est plus selon lui de saison. Les Bleus non plus: « Il y a de bonnes individualités dans ce groupe, mais il n’y a pas de grande individualité, assène-t-il. Je pense tout simplement que la France a perdu une grande génération« . Le coup de grâce !Que les dieux du foot puissent éviter à Raymond Domenech de subir le sort de Napoléon, décrit par Victor Hugo:Mes soldats morts,Moi vaincu ! mon empire est brisé comme verre.Est-ce le châtiment cette fois, Dieu sévère ?

Coupe du monde, souvenirs subjectifs (2/10)

Le 11 juin, coup d’envoi de la dix-huitième Coupe du monde de football. D’ici là,  je vais essayer de vous en raconter dix épisodes qui m’ont particulièrement marqué…

La main de Marius

1978. Enfin une équipe de France. Vingt ans qu’on attendait ça. En tout cas, moi, en cette année de mes quinze printemps, je n’avais jamais vu de ma courte vie des coqs, comme on les appelait alors, aussi chantants. A vrai dire, jusque-là, je ne m’y intéressais pratiquement pas. Tout bêtement parce que cette équipe de France de foot, elle n’existait pas, réduite au rang de faire-valoir sur l’échiquier international. A cette époque, j’achetais L’Equipe sur le chemin de l’école, uniquement pour lire les papiers sur Saint-Etienne. Les Verts, ça, j’en rêvais la nuit. Rocheteau, Piazza, Curcovic, les frères Revelli, Bathenay

Et donc, ces Verts, qui accumulent les prouesses, voire les miracles, notamment en Coupe d’Europe, arrivent vite en sélection. A la tête de celle-ci, un petit bonhomme qui ne paie pas de mine, Michel Hidalgo, un ancien ailier du grand Stade de Reims, a succédé à Stefan Kovacs. Et avec les Stéphanois, déboule un nouveau jeune très prometteur, Michel Platini. Il sait tout faire avec un ballon le bougre, dribble comme Pelé, shoote comme Eusebio, frappe de la tête comme Kocsis et tire les coup francs comme… personne avant lui. Les Bleus, ça y est on les appelle comme ça, font une campagne de qualification pour la Coupe du monde en Argentine qui passionne le pays, enfin. En Bulgarie, Thierry Roland pète même un câble en commentant une décision de l’arbitre Mr Foote, le traitant de salaud ! Mais les Français sauvent l’essentiel (2-2). Et arrachent leur billet au match retour, Platini marquant le deuxième but (3-1).

7 juin. Buenos Aires. Deuxième match de poule des Français face à l’hôte argentin de ce Mondial. Une ambiance délirante, à faire peur. Et tous les problèmes extra-sportifs qui passent en cet instant par la tête des joueurs tricolores. Des familles françaises ont menacé Hidalgo et sa troupe pour les contraindre à parler en public du problème des personnes disparues ou enfermées par le pouvoir dictatorial argentin. Les joueurs ont voulu faire valoir leurs intérêts et ont recouvert leurs chaussures de peinture au premier match, perdu contre l’Italie, pour que l’équipementier, Adidas, revoie ses primes (ridicules) à la hausse.

Devant la télévision, je n’ai pas bien conscience de tout ça, je m’en fous d’ailleurs. Je ne me préoccupe pas à l’époque de la politique sanglante du général Videla ou des états d’âme de Jean-Marc Guillou (meneur dans l’affaire des trois bandes). Il n’y a qu’une victoire contre l’Argentine qui m’obsède. La France tient la dragée haute aux favoris de cette Coupe du monde. Plus que ça, elle est belle, magnifique. Les Sud-Américains, qui n’ont pas sélectionné le tout jeune Diego Maradona, sont, c’est un comble, déstabilisés par la virtuosité des Platini, Michel, Rocheteau ou Six. Ils ont recours à leurs vieilles ficelles, dureté sur l’homme et truquages continuels. Il reste une poignée de secondes avant la mi-temps. Kempes s’infiltre sur la gauche dans la surface, à la lutte avec Marius Trésor. L’avant-centre ciel et blanc centre comme il peut. Trésor s’interpose en se jetant de tout son corps sur le ballon, son bras gauche traînant sur le côté. Marius a toujours les bras écartées, c’est sa marque de fabrique, une sorte d’équilibre naturel. Il est l’homme qui rassure la défense française. En forme, le Guadeloupéen est le meilleur à son poste, toutes nations confondues. La balle est déviée par la main de Trésor. L’arbitre suisse M. Dubach interrompt l’action en sifflant. Les joueurs français, comme un seul homme, se dirigent vers lui, contestant une faute volontaire de leur libero. Je n’en reviens pas non plus, il ne peut pas y avoir penalty, c’est impossible. La caméra se focalise sur l’homme en noir, qui va voir son juge de touche, un certain M. Winseman, Canadien de son état. Deux francophones. Ils vont se parler en français, pas de doute, et le second va rétablir la vérité, je n’en doute pas. Tout va s’arranger entre gentlemen soucieux de justice terrestre. M. Dubach repart vers la surface de réparation, il va bien entendu donner une remise en jeu pour la France. Quoi ? Mais non, c’est penalty. M. Dubach dira plus tard qu’il a simplement vérifié auprès de son assistant (comme on dit maintenant) si le ballon n’était pas sorti, et qu’il avait bien vu la main de Marius auparavant. M. Dubach, tu es un salaud, crie-je !

Passarella transforme (1-0). Pas de panique sur le radeau bleu. Platini égalise en seconde période. C’est certain, on va quand même gagner. On est les plus forts. M. Dubach ne siffle pas un penalty sur Six, au moins aussi évident que l’autre. Le même Six se présente seul devant Fillol, le ballon glisse le long du poteau gauche… L’Argentine nous assassine un quart d’heure avant la fin du match, par Luque, le pirate. Elimination. Déception. Frustration. Et école le lendemain matin. Cours de maths. Equations sans solutions.

Monsieur Platini, vous avez tort !

Là, je m’énerve. Parce que, Monsieur Michel Platini – je dis bien Monsieur – vous vous entêtez dans l’erreur. Vous persistez dans votre rejet de la vidéo dans le football. Et vous avez tort.

Vous dites: «Je ne vois pas d’autre solution que deux arbitres supplémentaires. Le football doit rester humain. Si on prend la vidéo pour les qualifications d’un Euro, ça veut dire pour un Féroé-Estonie, devant 1.000 personnes, qu’il faudra 25 caméras, soit 200.000 euros! Et puis on va voir que sur une faute, il y avait faute avant, et encore avant: ce serait la fin du football

J’affirme que c’est n’importe quoi. La vidéo marche au rugby sans que personne, je dis bien personne ne le conteste. J’en atteste, je n’ai jamais rencontré dans ce milieu un seul opposant à ce système qui fonctionne sans pratiquement aucune anicroche depuis plusieurs années aussi bien en Top 14 que pour les matches internationaux. La « fin du rugby » n’a, a fortiori, pas été signifiée que je sache depuis l’introduction de la vidéo, qui, entre parenthèses, n’a pas coûté le moindre centime. Les caméras étaient déjà présentes sur les stades.

Pour ce qui est de la prétendue injustice qui pourrait exister entre le traitement du sport d’élite et du sport de base, je me gausse ! Je pense que les Féroé ou l’équipe de Trifouilly ne vont pas manifester de la République à la Nation pour revendiquer un arbitrage vidéo ! L’injustice est partout, M. Platini. Que n’ai-je vu des footballeurs aller reprocher à leurs parents de ne pas avoir enfanté un génie du ballon comme vous ? Ce n’est pas de l’injustice ça ?

Et puis argumenter que l’on devrait alors avoir recours à l’électronique pour les fautes partout sur le terrain, c’est implicitement reconnaître que la vidéo est efficace. D’ailleurs, les pro-vidéo ne demandent même pas cette exhaustivité, ce serait stupide. Car je vous accorde que l’arbitre est irremplaçable dans la plupart des cas. Il est dans l’action, il vit le match en trois dimensions ce qui n’est pas le cas des télespectateurs, et enfin il entend pratiquement tout et peut en connaissance de cause faire régner la loi.

Mais l’arbitre ne voit pas tout, notamment dans une surface de réparation, où l’essentiel se passe, c’est à dire au moment des actions de but. En rugby, par exemple, et seulement après un essai litigieux, l’homme en noir contacte instantanément la cellule vidéo et, en dix ou vingt secondes, se fait communiquer un avis tranché par ceux qui ont quasiment dans l’instant suivant vu et revu l’action en question. Est-ce ça dénaturer le sport, le rendre inhumain ? C’est au contraire simple comme bonjour et utile comme la justice.

Quant aux deux arbitres supplémentaires dans les surfaces, ça n’est pas en soi insensé. Mais, comme vous dites, c’est d’abord cher et ensuite sans garantie. Si le ballon rentre de trois millimètres dans le but en finale de la Coupe du monde, vous pourrez mettre un arbitre ou dix ou cent dans l’axe du but, ils ne pourront pas se décider, la caméra si !

Michel Platini, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. D’ailleurs, vous l’avez déjà fait (voir cette vidéo où le sélectionneur Platini militait pour l’arbitrage vidéo !)

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