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Lyon, être ou ne pas être…

Jusqu’au 22 mai, et même si le Bayern Munich repartait vaincu et éliminé de Gerland, l’Olympique Lyonnais ne serait rien. Rien du tout. Dans le paysage sportivo-médiatique (ou médiatico-sportif) européen et encore moins mondial, Lyon ne compte pas. C’est comme ça, c’est inique, mais c’est la règle. Sans palmarès, sans star, sans référence, on ne peut pas sortir de la nuit.On peut retourner le problème dans tous les sens, dans tous les domaines, l’entreprise, la politique, le cinéma, le social, la condition première pour exister est la victoire. L’entrée dans la cour des grands ne peut passer que par là.Et c’est pour cela que le président Jean-Michel Aulas, consciemment ou pas (je penche pour le conscient), parle souvent de la date du 22 mai prochain, jour de la finale de la Ligue des Champions à Madrid. Il sait, lui, mieux que d’autres et après vingt-deux ans de mandat, que l’existence de son club dépend non pas d’un match gagné ce mardi soir, mais de deux. Deux victoires. Être ou ne pas être…

Lyon, étoile sans lumière

Mais pourquoi l’Olympique Lyonnais ne déchaîne-t-il pas les passions ?Dix ans de présence quasi-continuelle au sommet du football hexagonal. Jamais un club français n’avait montré une telle constance au plus haut niveau. Ni le Stade de Reims, ni Saint-Etienne, ni le Paris Saint-Germain, ni Marseille, qui s’étaient tout au plus illustrés sur des périodes deux fois plus courtes.Lyon est de plus demi-finaliste de la Ligue des Champions après sa qualification face à Bordeaux. Un exploit dans le contexte actuel du foot européen, où les budgets de Manchester United, du Real Madrid, de Chelsea, de Barcelone et même du prochain adversaire de l’OL, le Bayern Munich, sont deux à trois fois plus élevés que ceux du club rhodanien. Lyon, contrairement à ses glorieux prédécesseurs hexagonaux, est « globalement » vertueux. Financièrement du moins. Jusqu’à maintenant, pas de caisse noire, de manœuvres véreuses ou sulfureuses, pas de scandale notoire (ah si, une banderole contre Saint-Etienne). Juste un président, certes très soucieux de ses intérêts et habile à les faire prospérer, mais ne tombant jamais dans le délire ou la schizophrénie des fadas de jadis: Leclerc, Rocher, Bez, Tapie…En toute logique, Lyon devrait faire la une des journaux, des télés, du net. Lyon devrait fédérer les fans des quatre coins de l’hexagone. Et même faire naître les haines les plus féroces de ceux qu’il empêche de décrocher des titres de champion de France. Mais non. Paris (ses supporters, s’entend) hait Marseille. Marseille (ses supporters, s’entend) hait Paris. Lyon est seulement « détesté » par les autres. On ne veut ni l’adorer ni le brûler.Lyon élimine Madrid et l’on ne parle que de l’échec du club le plus riche du monde et de son joueur emblématique, Cristiano Ronaldo, au prix de transfert démesuré. Lyon élimine Bordeaux et l’on met en exergue la malchance girondine.Alors quoi ? Puel n’est pas Blanc, Delgado n’est pas Gourcuff, Lisandro n’est pas Chamack ? Et Lloris serait-il trop humble, Cris trop poli, Lacombe trop discret. Je crois que le Lyon n’est pas assez méchant !