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Bleues et sublimes !

Si l’on m’avait dit ce soir maudit de 1982 à Séville où onze bonshommes en bleu m’avaient fait couler des yeux l’équivalent de dix chutes du Niagara de larmes et que je les sècherai presque trente ans plus tard en m’écroulant de bonheur devant onze filles qui auraient pu être les petites-filles de Platini, Amoros, Trésor, Giresse, Tigana…

Il y a trente ans, le foot féminin n’existait pas. D’ailleurs, personne n’avait jamais associé les deux mots. Le football, c’était des favoris sur les joues, du poil aux pattes et de la testostérone dans les shorts, un truc de mec…

Aujourd’hui, l’équipe de France est en demi-finale de la Coupe du monde… féminine. Nos Bleues y participaient pour la première fois et on ne les arrête plus. Elles viennent d’éliminer l’Angleterre en quarts après un match qui est entré, comme celui de Séville, dans la légende, la légende du sport français, la légende à l’envers, puisque nos filles, cette fois, l’ont emporté aux pénos…

C’est drôle, mais je l’avais un peu deviné. Non, c’est vrai, je les suivais depuis pas mal de temps et je les trouvais au fil des ans de plus en plus adroites, joueuses, dignes d’attrait, nos Françaises. Signe supplémentaire de leur émergence, les Lyonnaises (de Jean-Michel Aulas !) avaient décroché il y a deux mois la Ligue des Champions des « gonzesses », avec un cœur gros comme ça. Sans gestes parasites et avec un peu de maquillage…

Avec Louisa Necib, Laura George, Elise Bussaglia et leurs copines, le foot a changé de sexe…

Et la télévision s’est encore gourrée, sur toute la ligne. C’est énervant, pénible, scandaleux cette ténacité dans l’erreur de nos chaînes. Tiens, il va falloir un jour que nos députés et sénateurs se penchent là-dessus. Le fabuleux match contre les Anglaises a été suivi par une poignée de curieux sur Eurosport et Direct 8. Et bien entendu, TF1, qui détient les droits de ce Mondial mais qui s’était bien gardé de nous en faire profiter, va reprendre la main, maintenant que la magnifique Louisa Necib et ses pieds d’or, l’infranchissable Laura George, l’infatigable Laure Lepailleur, la gazelle Elodie Thomis, la sauvage Elise Bussaglia et consorts deviennent des superbes footballeuses, des jolies filles, des très jolies filles. Mais qui l’étaient déjà bien avant, et dont les défauts sont de n’être pas entraînées par Arsène Wenger, de ne pas jouer au Stade de France, de ne pas gagner 100 000 euros par semaine et de ne pas insulter leur coach à la mi-temps…