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Lyon, étoile sans lumière

Mais pourquoi l’Olympique Lyonnais ne déchaîne-t-il pas les passions ?Dix ans de présence quasi-continuelle au sommet du football hexagonal. Jamais un club français n’avait montré une telle constance au plus haut niveau. Ni le Stade de Reims, ni Saint-Etienne, ni le Paris Saint-Germain, ni Marseille, qui s’étaient tout au plus illustrés sur des périodes deux fois plus courtes.Lyon est de plus demi-finaliste de la Ligue des Champions après sa qualification face à Bordeaux. Un exploit dans le contexte actuel du foot européen, où les budgets de Manchester United, du Real Madrid, de Chelsea, de Barcelone et même du prochain adversaire de l’OL, le Bayern Munich, sont deux à trois fois plus élevés que ceux du club rhodanien. Lyon, contrairement à ses glorieux prédécesseurs hexagonaux, est « globalement » vertueux. Financièrement du moins. Jusqu’à maintenant, pas de caisse noire, de manœuvres véreuses ou sulfureuses, pas de scandale notoire (ah si, une banderole contre Saint-Etienne). Juste un président, certes très soucieux de ses intérêts et habile à les faire prospérer, mais ne tombant jamais dans le délire ou la schizophrénie des fadas de jadis: Leclerc, Rocher, Bez, Tapie…En toute logique, Lyon devrait faire la une des journaux, des télés, du net. Lyon devrait fédérer les fans des quatre coins de l’hexagone. Et même faire naître les haines les plus féroces de ceux qu’il empêche de décrocher des titres de champion de France. Mais non. Paris (ses supporters, s’entend) hait Marseille. Marseille (ses supporters, s’entend) hait Paris. Lyon est seulement « détesté » par les autres. On ne veut ni l’adorer ni le brûler.Lyon élimine Madrid et l’on ne parle que de l’échec du club le plus riche du monde et de son joueur emblématique, Cristiano Ronaldo, au prix de transfert démesuré. Lyon élimine Bordeaux et l’on met en exergue la malchance girondine.Alors quoi ? Puel n’est pas Blanc, Delgado n’est pas Gourcuff, Lisandro n’est pas Chamack ? Et Lloris serait-il trop humble, Cris trop poli, Lacombe trop discret. Je crois que le Lyon n’est pas assez méchant !

Lyon-Bordeaux, jouissance imprévue !

A priori, ce Lyon-Bordeaux ne m’alléchait pas, je l’avoue. Un quart de finale de Ligue des Champions franco-français, ça sentait le match fermé, tactique comme on dit dans France-Foot ou à Canal, avec un 0-0 à la clé. J’avais d’ailleurs prévu de compenser cette carence de plaisir footballistique par un accompagnement alimentaire certainement plus jouissif : le fameux MacDo-frites-Coca qui fait oublier pas mal des misères de la vie.A peine le temps d’attaquer mon cheese burger et voilà que Lisandro plante le premier pion de la partie. Et que, deux minutes plus tard, Chamack (de luxe !) égalise. Sur une action de grande classe de Gourcuff ! Eh ouais, ça jouait bien, bizarrement bien. Des deux côtés. Quelle surprise, moi qui m’attendait à une partie de manivelles, à des coups de savate dans les genoux, à des jérémiades. Que nenni. Du foot, du vrai quoi, pas de la Ligue 1.

Je venais de finir mon paquet de frites et j’entends dans le poste un bruit violent de Bastos. 2-1 pour Lyon. Ca continuait à pétarader dans tous les sens. Mais qu’est-ce qui leur prenait à tous ? C’est quand même un monde. On n’a pas le droit de déranger comme ça un gars qui n’a pas envie de voir un match intéressant !

Mais non, ils s’y mettent tous, les gardiens de but y compris. Lloris et Carrasso me font avaler mon Coca de travers, ma moquette en prend un sale coup ! Je commence à me remettre, et pan, en pleine crise de hoquet, un péno. Discutable mais y a main quand même, et troisième but des Lyonnais. Pas le temps de nettoyer ma moquette parce que ça s’anime toujours autant sur celle de Gerland et que cette fois c’est moi qui est dans le match ! Merde, c’est fini. C’était vachement sympa finalement. Mais la prochaine fois, qu’on me prévienne, je bouffe avant !