Archives du mot-clé laurent blanc

Faut-il déjà tailler un costard à Blanc ?

C’est la grande question que se posent ceux qui restent des aficionados de l’équipe de France après Norvège-France : Faut-il tailler un costume à Laurent Blanc dès son premier match en tant que sélectionneur ?

Honnêtement, vu le ridicule du costard porté par le Président sur le bord du terrain et les manquements criants dont ont fait preuve les « babys Blues » à Oslo, Laurent Blanc a toutes les raisons d’être rhabillé pour l’hiver.Sérieusement, le boulot ne va pas manquer au successeur de Domenech. Et il est bien évidemment trop tôt pour tirer des conclusions trop hâtives après une défaite sur le petit terrain de campagne d’Oslo. Trop de petits nouveaux, trop de déchets dus à l’inexpérience et à l’absence de repères collectifs. Et des tas d’autres paramètres post-Afrique du Sud que même un expert comme l’ancien champion du monde ne pouvait maîtriser. Mais on a vu suffisamment d’amorces d’enthousiasme collectif et d’ébauches d’initiatives pour ne pas désespérer à l’avance de l’œuvre de reconstruction de l’homme au complet digne d’un présentateur de foire de province.

Sinon, et par pitié, que l’on accoutre Laurent Blanc d’un manteau de dignité.

Anelka et vérités cousues de fil Blanc

L’affaire Anelka et la concomitance de son interview avec l’annonce de la liste des « nouveaux Bleus » de Laurent Blanc m’inspire quelques réflexions sur la communication « de crise » des sportifs…

J’y reviens souvent, trop peut-être, mais le sport est devenu, comme pléthore d’autres domaines, une affaire de communication. Et dans la communication, au sens médiatique du terme, il y a ce que l’on appelle des communicants depuis que Jacques Séguéla en est devenu le premier pape dans les années 80. Le publicitaire avait compris que les moyens modernes permettaient à toute chose, concept ou individu en voie d’extinction, de désintérêt ou en détresse, de regagner l’intérêt perdu, voire de redevenir lumineux ou à la mode.

Vu la réussite initiale du publicitaire lors de la campagne de François Mitterrand, transformé de dinosaure de la IVe république en président relooké et progressiste, on n’a cessé de copier sa méthode. L’astuce, géniale, mais il fallait y penser, était de savoir faire passer au grand public, peu féru d’Emmanuel Kant, des idées simples et fortes. Une affiche, par exemple, un visage devant un clocher de village, accompagnée d’une phrase, la plus tarte possible mais que capte n’importe quel cerveau. Le monde du sport s’y est très vite mis. Agences de comm’, agents de joueurs, avocats spécialisés et responsables de la communication ont fleuri autour des stades et des stars. Un joueur ou un sportif en souffrance n’avait plus, contre espèces sonnantes, qu’à se faire concocter un « plan » par un nouveau David Copperfield de l’image pour redorer son blason.

La vertu ou le vice importent peu. Ce qui compte, c’est de jouer la bonne carte.

Les exemples ne manquent pas. Eric Cantona, le Bruce Lee de Manchester, a retourné son image de bad boy en quelques pubs humoristiques et décalées. Zidane, qui aurait dû pâtir de son coup de boule en finale de la Coupe du monde, a su rebondir en usant parfaitement d’une parole appropriée, compréhensible du plus grand nombre, et en se faisant le chantre de grandes causes. Chaque semaine, un footballeur, un rugbyman ou un tennisman tente de se reconstruire une virginité. Henry, Bastareaud ou Gasquet ont connu ces derniers temps les affres de la honte publique pour des comportements scandaleux. A peu de chose près, ils ont retrouvé grâce aux yeux non seulement de leurs admirateurs mais parfois de leurs détracteurs. Et toujours à l’aide de discours bien léchés, d’excuses tardives mais larmoyantes qui parviennent à émouvoir le pèlerin.

Anelka a déjà trouvé un début de réhabilitation

Et c’est au tour aujourd’hui de Nicolas Anelka de tenter le même genre de manœuvre. Le jour de l’annonce de la liste des non coupables de l’équipe de France de Laurent Blanc, dont il ne fait évidemment pas partie, une interview (dont j’ai tendance à penser qu’elle a été très légèrement retravaillée, retouchée, re…) du charretier d’Afrique du Sud est opportunément parue dans la presse. Habile. Frères, conseillers, agent et journalistes amis ont été mis à contribution. Sommet de l‘intervention : « Si Laurent Blanc avait été le sélectionneur des Bleus en Afrique du Sud, nous n’en serions pas là aujourd’hui ». Si j’avais été totalement idiot, je le suis probablement un peu, j’aurais applaudi. Car la question de savoir si Anelka serait proscrit à vie a été inévitablement posée au nouveau sélectionneur quelques heures après la parution de l’article. Et Blanc, pas fou lui non plus, mais pris entre deux feux (les résultats de l’enquête fédérale sur les mutins de Knysna et des injures d’Anelka à Domenech ne seront connus que dans quarante-huit heures), s’en est sorti par une pirouette  : «Je n’ai pas d’éléments qui me permettent de dire aujourd’hui que la porte est fermée pour Nicolas Anelka». Et hop, le tour est joué. Le Nico doit bien rigoler et surtout être satisfait du boulot de ses as du marketing comportemental. Parce que, si Blanc ne le reconvoque plus, Anelka aura au moins eu la satisfaction de ne pas avoir été, pour une fois, traîné dans la boue. Une étape, l’air de rien, vers un commencement de début de réhabilitation… CQFD (enfin, CQJVD, ce que JE voulais démontrer…).

Dans tout ça, je ne sais toujours pas qui aura le dernier (gros) mot…

Laurent Blanc : Robespierre ou Poincaré ?

Mais que va dire Laurent Blanc, mardi lors de sa première conférence de presse en tant que sélectionneur ? Car, comme toujours depuis que la « communication » est devenue plus importante que les actes, c’est le verbe du « Président » qui sera passé au crible.

Blanc doit commencer sur un champ de ruines…

Une parole qui va prendre un exceptionnel relief compte tenu du contexte. Car l’équipe de France ressemble aujourd’hui à un champ de ruines. Et sa maison-mère, la Fédération française, ne tient plus sur ses fondations. Plus personne, jusqu’à mardi, ne détient la moindre parcelle d’autorité au sein de la maison bleue. Jean-Pierre Escalettes est démissionnaire et ne signe plus que ses notes de frais. Le conseil fédéral est en coma avancé. Roselyne Bachelot et Rama Yade, les tutrices légales du majeur incapable, ne savent pas ce qu’est un hors-jeu…

Depuis l’élimination pitoyable et scandaleuse des Bleus qui a fait de nous la risée du monde entier, aucune décision n’a été prise sauf celle de nommer prochainement – la belle affaire – un successeur, intérimaire, à Escalettes. Aucun responsable n’a osé se mettre en avant. On se planque courageusement dans tous les recoins des prébendes. En attendant que les balles ne sifflent plus. Car, tout de même, des voix critiques se sont fait entendre chez les footeux. Peu et discordantes. Exclusivement celles des fameux anciens de 1998, dont l’unité n’est manifestement plus la même que celle du mémorable 11 juillet. Dugarry, Deschamps et Lizarazu se sont exprimé, sans que l’on décèle, c’est le moins que l’on puisse dire, d’accord de pensée.

Après Thuram et sa solution coup-de-balai, Blanc est sous pression…

Et puis, Lilian Thuram a donné son avis, qui n’a pas, mais pas du tout plu à Dugarry. Il faut, dit celui qui est membre du Conseil fédéral en tant que représentant des sportifs d’élite, faire le ménage, et en grand, surtout du côté des joueurs rebelles et traîtres à la patrie, à laquelle ils auraient au moins du être reconnaissants. L’appel de Thuram, le plus argumenté et le plus « construit » (encore la « Comm' » !), n’est certainement pas un hasard. L’homme est déjà entré en politique (membre du Haut Conseil à l’intégration) et vise clairement des responsabilités dans la reconstruction à venir.C’est précisément au sujet de cette reconstruction, ou non, que Laurent Blanc est attendu. Va-t-il alors en quelque sorte dépasser son rôle de « simple » sélectionneur ? Donnera-t-il son avis sur les errements sud-africains ? Peut-il dire dès mardi qu’il se passera des services d’Evra, Abidal, voire Ribéry, frondeurs présumés dans l’affaire du bus ? Et pour combien de temps ? Annoncera-t-il que Nicolas Anelka est définitivement mis hors jeu ? C’est possible. Puisque les moyens lui sont visiblement donnés et que son aura le lui permet, au moins pendant le traditionnel « état de grâce ». Ce sera alors Blanc-Robespierre, le coupeur de têtes. Osera-t-il ? Ou optera-il pour un panaché, sans exécuter l’ensemble de la troupe, jouant sur les retours de Benzema, Ben Arfa, Nasri… en opérant en quelque sorte à une sélection d’Union nationale à la manière d’un Raymond Poincaré ?

C’est dur le foot-politique…

Bordelais, voyez Montesquieu !

A mon âge un peu avancé, je suis quand même toujours fasciné par les descentes aux enfers qui suivent les ascensions au paradis.Bordeaux vit en ce moment ce phénomène et j’ai du mal à me l’expliquer. Je ne suis pas le seul. Laurent Blanc lui-même, si habile à détecter les scories dans la machine girondine, se perd en conjectures. Son équipe est strictement la même qu’il y a six mois ou un an et pourtant ses hommes ne mettent plus un pied devant l’autre. Tout ce qui leur réussissait est désormais frappé par la fourche punitive du diable.Les Girondins n’ont-ils que simplement été portés par des circonstances en permanence favorables lors de la seconde partie de saison dernière et au début de l’actuelle ? Et ne subissent-ils aujourd’hui qu’un simple retour du balancier ? Je me jette à l’eau, c’est un peu ma thèse. La série de succès absolument inouïe qui avait amené Bordeaux au titre en 2009 ne m’avait jamais paru correspondre à une telle supériorité du club Marine et Blanc sur ses rivaux. Le ballon avait tourné des dizaines de fois du bon côté. Combien de fois la victoire s’était dessinée dans le temps additionnel ? Et a quel nombre de reprises ce même ballon ces temps derniers rebondit au mauvais endroit ?Oui, j’exagère ! La vérité la plus évidente, c’est qu’ils étaient bons ces Girondins. Et ils le sont un peu moins. Pas plus compliqué que ça.Vous souvenez-vous des écrits de Montesquieu, le plus célèbre des Bordelais ? Selon lui, il y avait une cause générale qui entraîne les causes particulières. C’était au sujet de la grandeur puis de la décadence de l’Empire romain. Autrement dit, le Baron de La Brède ne voyait rien de métaphysique dans l’effondrement d’un Empire. Tout vient des hommes.

Lyon, étoile sans lumière

Mais pourquoi l’Olympique Lyonnais ne déchaîne-t-il pas les passions ?Dix ans de présence quasi-continuelle au sommet du football hexagonal. Jamais un club français n’avait montré une telle constance au plus haut niveau. Ni le Stade de Reims, ni Saint-Etienne, ni le Paris Saint-Germain, ni Marseille, qui s’étaient tout au plus illustrés sur des périodes deux fois plus courtes.Lyon est de plus demi-finaliste de la Ligue des Champions après sa qualification face à Bordeaux. Un exploit dans le contexte actuel du foot européen, où les budgets de Manchester United, du Real Madrid, de Chelsea, de Barcelone et même du prochain adversaire de l’OL, le Bayern Munich, sont deux à trois fois plus élevés que ceux du club rhodanien. Lyon, contrairement à ses glorieux prédécesseurs hexagonaux, est « globalement » vertueux. Financièrement du moins. Jusqu’à maintenant, pas de caisse noire, de manœuvres véreuses ou sulfureuses, pas de scandale notoire (ah si, une banderole contre Saint-Etienne). Juste un président, certes très soucieux de ses intérêts et habile à les faire prospérer, mais ne tombant jamais dans le délire ou la schizophrénie des fadas de jadis: Leclerc, Rocher, Bez, Tapie…En toute logique, Lyon devrait faire la une des journaux, des télés, du net. Lyon devrait fédérer les fans des quatre coins de l’hexagone. Et même faire naître les haines les plus féroces de ceux qu’il empêche de décrocher des titres de champion de France. Mais non. Paris (ses supporters, s’entend) hait Marseille. Marseille (ses supporters, s’entend) hait Paris. Lyon est seulement « détesté » par les autres. On ne veut ni l’adorer ni le brûler.Lyon élimine Madrid et l’on ne parle que de l’échec du club le plus riche du monde et de son joueur emblématique, Cristiano Ronaldo, au prix de transfert démesuré. Lyon élimine Bordeaux et l’on met en exergue la malchance girondine.Alors quoi ? Puel n’est pas Blanc, Delgado n’est pas Gourcuff, Lisandro n’est pas Chamack ? Et Lloris serait-il trop humble, Cris trop poli, Lacombe trop discret. Je crois que le Lyon n’est pas assez méchant !