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Bleus: du « rien » au minimum…

Allez, au moins ils ne font plus la grève… C’est peu mais c’est déjà ça. L’équipe de France de foot réussit deux ou trois passes de suite, c’est peu mais c’est déjà ça.

Laurent Blanc dirait (et le dit) que les Bleus « progressent », c’est assez vrai si l’on retourne dix-huit mois en arrière. Le drapeau tricolore n’est plus complètement en berne quand l’on se réfère à un mois de juin 2010 où seul le rouge, celui de la honte, avait envahi un bus sud-africain et le front de soixante-cinq millions de Français.

Sinon, circulez, il n’y a rien, ou pas grand chose, à voir.

La France ira à l’Euro l’an prochain après neuf mois (un peu plus) de douleurs épouvantables. L’accouchement a nécessité une césarienne d’urgence contre la Bosnie et il a fallu un petit miracle pour que les choses ne tournent beaucoup plus mal. Mais, aux dernière nouvelles, les fées ne se sont pas penchées sur le berceau et les miracles ne se produisent qu’une seule fois.

Samir Nasri, un pied vaut mieux qu’une main. Laurent Blanc a-t-il mangé son pain noir ?

Ah, l’habitude des plats en sauce, des langoustines et du caviar versions bandes à Platini et Zidane ! Tout ça est fini, et bien fini. Donc, les habitudes vont changer. La France jouera en Pologne et en Ukraine, pour la première fois depuis deux ou trois générations en Bleu, un rôle de figurant. C’est peu, mais c’est déjà ça. Samir Nasri n’est pas Platoche ni Zizou, mais il a réussi un geste décisif (deux en fait, la faute qu’il provoque dans la surface et le penalty) en quatre-vingt minutes face aux Bosniens, et c’est déjà ça. Que voulez-vous ? il faudra s’en contenter.

C’est mieux que rien, c’est mieux qu’une Coupe du monde en Afrique du Sud dirigée par Raymond Domenech. Et mille fois mieux qu’une misérable qualification acquise après une main volontaire vue par quelques milliards de témoins dans le monde.

Bien sûr, Laurent Blanc n’a pas de quoi faire le malin et ne le fait pas vraiment, alors que son prédécesseur se serait gargarisé du dixième d’un même pauvre repas. Des miettes, donc. Laurent Blanc ne peut se nourrir avec ses Bleus que de miettes et de gouttes d’eau. Les transformera-t-il en pain et en vin ?

 

France 1998, la fin d’un monde

Certes, il y a plus grave que la séparation d’une bande de copains. Mais quand elle concerne la bande la plus fameuse de l’histoire de France, l’attention générale s’avive.Depuis des mois, on sentait que les champions du monde, nos champions du monde 1998 de football, se faisaient de plus en plus la gueule et commençaient même à tous se la payer mutuellement.

C’est Emmanuel Petit qui avait lézardé le premier un édifice que l’on croyait bâti, comme l’avait dit L’Equipe au matin du 13 juillet 1998, « pour l’éternité« . Dans son livre (A fleur de peau) paru en mars 2008, le dernier buteur de l’aventure avait osé, entre autres flèches aiguisées, remettre en cause l’icône absolue, Zinedine Zidane, le dénigrer même («Pour Zidane, on est différents. On n’a rien à se dire. On ne peut pas prétendre aider ceux qui en ont besoin tout en servant la cause des grands patrons qui réalisent des bénéfices records sans les redistribuer»). Petit avait ostensiblement fui la fête du dixième anniversaire de l’événement au Stade de France.

Les bisbilles s’étaient poursuivies lors de l’épisode de la main de Thierry Henry contre l’Irlande fin 2009. Bixente Lizarazu avait attaqué plein fer, mettant explicitement en doute l’honnêteté de son ancien coéquipier des glorieuses campagnes. Nanti de son micro sur RTL, et oubliant sans doute quelques uns de ses faits d’armes peu glorieux, il s’était paré du costume de Zorro et avait lancé en substance : « Titi, ta main est honteuse, repens-toi« . Le ton était monté et le ciel bleu de Saint-Denis s’était vraiment foncé. Pour la première fois depuis douze ans.

La trentaine largement passée, les héros ont abandonné, hormis Vieira, les terrains. Et les trajectoires ont franchement divergé malgré l’association commune laissée en héritage à la grandeur nationale et aux œuvres caritatives, et nommée bien sûr France 98. Certains ont choisi de rester dans l’action et l’entraînement, d’autres la réaction avec la parlote, tous d’ailleurs encore et toujours à l’abri du besoin, courtisés par les clubs, sélections ou médias. Un seul a vraiment pris de la hauteur, Lilian Thuram. Très engagé politiquement et socialement, le double buteur de France-Croatie a endossé un costume… d’arbitre. Mais distribuant à sa manière les coups de sifflet et les cartons, tout particulièrement à propos de sujets qui le sensibilisent, enfance, justice sociale, racisme.

Bleus de 1998 : l’affaire des quotas fait couler le radeau…

Cette vingtaine d’hommes exceptionnels à tous égards n’est sans doute plus la même. Les triomphants ont mûri, bourlingué, réfléchi, remâché leur gloire. Alors, pas d’illusion, comme aurait chanté d’eux Brassens : « C’étaient pas des amis de luxe, des petits Castor et Pollux… C’étaient pas des anges non plus, l’Évangile, ils l’avaient pas lu… Mais ils s’aimaient toutes voiles dehors, C’était leur seule litanie, leur Credo, leur Confiteor, aux copains d’abord… »

Problème, quand on pensait qu’ « Au moindre coup de Trafalgar, c’est l’amitié qui prenait l’quart« , le radeau a pris l’eau. La Méduse se noie. L’affaire des quotas de la FFF achève de couler le beau navire où les marins s’étripent pour une place dans les canots de sauvetage. Thuram met la tête sous l’eau de Laurent Blanc, Dugarry (« il se prend pour le juge suprême« ) éreinte Thuram, lui-même égratigné par Lizarazu, et Patrick Vieira (« des propos scandaleux« ) abat Blanc. Ils vont jusqu’à s’envoyer à la figure des souvenirs personnels, intimes, du fameux soir de grâce, qui n’en était peut-être pas un. Quand Duga raconte que dans le vestiaire du SDF, Thuram rassemble les « blacks » de l’équipe pour une photo entre eux, que veut-il dire, expliquer… ? On le devine, que Thuram se serait aussi, comme Blanc, laissé aller à des mauvais réflexes d’enfant, et qu’en conclusion tout ça n’était qu’écume sur l’océan… Mais la manière fait tache. Et l’on n’entend plus rien à tous ces sous-entendus…

Je le dis, car je le crois, ces garçons ne sont pas des « enfants de salaud » de la chanson de Georges. Mais ils ne navigueront plus en « Pères peinards« .On ne les verra plus que dans les livres et les archives nos géants bleus.

Le livre toujours plus sombre du foot français !

Délirant. Se sont-ils rendu compte de qu’ils avaient dit, de l’énormité de leurs propos, et tout simplement de l’insanité du sujet abordé durant cette fameuse réunion de la DTN du 8 novembre dernier, dévoilée par le site Mediapart ?

Je ne sais pas. Et il faudra tout de même s’assurer, l’enquête est en cours, que ce verbatim est bien la traduction exacte de ce comice qui pourrait malheureusement s’inscrire en lettres majuscules dans le livre noir du foot français, déjà bien assombri ces derniers mois. En tout cas, cette vingtaine de hauts responsables de la Fédération Française de football, y compris son représentant le plus emblématique, Laurent Blanc, s’est manifestement ce jour-là perdue, engloutie puis noyée dans une tornade de flots phraséeux et finalement nauséabonds.

Quand on se penche sur le déroulé de cette réunion, on se pince en en découvrant les inepties successives, les questions soulevées, les arguments employés. Le thème initial, déjà sensible, l’exode trop important, selon certains des protagonistes dont le patron de la DTN François Blaquart (suspendu ce samedi par la Fédération, et bien entendu, personne n’est dupe, par la ministre des Sports Chantal Jouanno) des jeunes footballeurs formés par la DTN vers leurs pays d’origine, a progressivement versé dans une minable série d’explications s’apparentant à des brèves de comptoir, du genre « Est-ce qu’on s’attelle au problème et on limite l’entrée du nombre de gamins qui peuvent changer de nationalité ? Oui ? Non ? » (Erik Mombaerts), question à laquelle Laurent Blanc  apporte sa solution « Moi j’y suis tout à fait favorable. Sincèrement, ça me dérange beaucoup. Ce qui se passe dans le football actuellement, ça me dérange beaucoup. A mon avis, il faut essayer de l’éradiquer« , avant que Blaquart conclue par un aberrant « Donc il faut 30% ? Un tiers de gamins qui peuvent changer (de nationalité).

« Je passe sur les raccourcis saisissants utilisés par les uns et les autres se rabattant sur les poncifs les plus éculés et caricaturaux « Qu’est-ce qu’il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les blacks […] Les Espagnols, ils m’ont dit: ‘Nous, on n’a pas de problème. Nous, des blacks, on n’en a pas » (L. Blanc). Alors, qu’est-il passé par leur tête à ces caciques, pourtant censés ne pas ignorer que dans le sport, comme ailleurs, les quotas, les contingences, les pourcentages finissent toujours mal.Comment et pourquoi cette réunion ne s’est pas achevée après dix secondes ? Il n’y aura donc pas eu un esprit clair dans ce salon de la Fédé pour la couper net, faire comprendre en une petite phrase que cette éventuelle politique de mise à l’écart de catégorie, de sélection à l’envers, contraire à tous les principes que ces éducateurs de métier devraient ériger en maître-mot, constituait purement et simplement une monstruosité.

Après Knysna, voici le triste et prévisible prolongement de la décrépitude de la gouvernance du foot français. Cette fois, ce pourrait être sa désintégration…

Bleus, une défaite fondatrice…

Il y a des matches et des défaites plus significatives que d’autres. Celle (0-1) de l’équipe de France contre la Biélorussie en fait clairement partie. La France ne fait définitivement plus partie du gotha européen et encore moins mondial. On s’en doutait, on le savait sans se l’avouer. La qualification pour le Mondial n’a été qu’un trompe-l’œil et la suite n’a fait que confirmer tout ce qui ressemblait à une évidence.

Il ne faut plus jeter de pierres. Les Bleus ne sont aujourd’hui que ce qu’ils sont. C’est à dire une équipe qui fait ce qu’elle peut. Pas beaucoup bien sûr, mais au moins elle ne trompe personne et ne se prend pas pour une autre. Ce qui est déjà pas mal quand on se souvient de l’arrogance et des impostures dont nous avons été bassinés sous l’ère précédente.

Alors, ne nous berçons plus d’illusions. Il ne faut même plus se fixer d’objectifs irréalistes compte tenu des joueurs dont dispose Laurent Blanc. Continuer d’affirmer que la qualification pour le prochain Championnat d’Europe resterait possible serait à mon avis vide de sens. Le successeur de Raymond Domenech a eu l’intelligence dès la défaite consommée de ne pas en parler. Chaque chose en son temps. Il semble maintenant plus urgent de rebâtir. Plus exactement de bâtir. Car, soyons francs, il n’y a plus de fondations. La Biélorussie a fini de nous le démontrer après la Norvège il y a trois semaines, le Mexique, l’Afrique du Sud, l’Uruguay il y a trois mois, la Chine…

Est-il d’ailleurs injurieux de taxer cette nouvelle génération de joueurs français de moins géniale, de plus quelconque que celles de Platini ou de Zidane ? Il n’était pas pensable que les titres de gloire s’accumulent éternellement, que les talents se suivent et se ressemblent sans période de sécheresse.Blanc aura finalement plus de temps qu’il ne le croyait. Dans les deux années qui viennent, si le découragement ne l’emporte pas, l’important sera pour le « Président » d’essayer plutôt que de s’illusionner. De mettre et de remettre le métier sur l’ouvrage. L’Allemagne, la grande Allemagne, a mis six ans pour réédifier sa Mannschaft. Les Diaby, Rami, Ménes, Hoarau, Rémy, Gameiro ou M’Vila ne sont sans doute pas les meilleurs joueurs du monde. Il ne tient qu’à eux, non pas de le devenir, mais au moins de vouloir sans relâche s’améliorer. Et tant pis si ce ne sont pas eux qui feront l’équipe de France de demain. La période actuelle a un mérite, un seul, les places à prendre sont légion, c’est le moins que l’on puisse dire.

Les Bleus : noir c’est noir…

Sale journée pour les Bleus ! On nous révèle ce matin que les champions du monde de 98, nos champions du monde, auraient fait l’objet d’analyses de sang suspectes à l’époque de leur triomphe en France. Le vilain rapporteur, c’est Jean-Pierre Paclet, médecin des équipes de France Espoirs et de la grande de 1993 à 2008. Le docteur ajoute dans son bouquin « L’implosion », à paraître demain, pas mal de révélations propres à le faire écouler à flot dans les bonnes librairies. Pour Domenech, qui en prend déjà pour son grade dans le livre, c’est un mercredi tendu, son licenciement est en cours avec deux millions d’euros en jeu… Enfin, Laurent Blanc doit résoudre des équations à multiples inconnues.

C’est grave, docteur ?

Difficile de faire la part des choses dans des propos pour le moins invérifiables, en ce qui concerne notamment les soupçons de dopage, les faits remontant à douze ans. Des bruits avaient souvent couru à ce sujet, renforcés par le procès de la Juventus où évoluaient Didier Deschamps et Zinedine Zidane. Mais il est évident que la vérité ne sera jamais connue, aucune preuve ne pouvant être établie puisque les contrôles en football à l’époque étaient de véritables plaisanteries médicales et que les résultats de ces analyses sont aujourd’hui probablement réduits en poussière. Et je vois mal les héros de 1998 nous confier un jour qu’ils marchaient à l’EPO.

L’ex-médecin des Bleus « soigne » Domenech à sa façon…

Paclet ajoute d’autres éléments croustillants ou pathétiques, selon le degré d’appréciation. Le toubib en veut clairement à Raymond Domenech, qu’il « assassine ». Il affirme d’abord que le sélectionneur lui aurait enjoint de remettre Patrick Vieira debout avant l’Euro 2008 en lui administrant un traitement de cheval, de l’Actovegin. Ce que le praticien aurait refusé nettement de faire. Ou, entre autres reproches à l’acide, que Domenech était en fait une sorte de mythomane, un escroc de la parole, lui prêtant en résumé les pires défauts de la terre. Là, j’ai tendance à prêter foi à Paclet.Mais si c’était tout pour les Bleus. Non, la journée est décidément bleu foncée, voire bleu nuit. Ce pauvre Domenech, encore et toujours lui, va devoir batailler pour toucher ses indemnités. Car, plus de doute, on veut foutre à la porte celui qui fait encore partie de la maison FFF en tant que DTN. Sa présence fait trop tâche au sein d’une Fédération à l’image déjà bien écornée. On va donc assister dans les semaines ou mois à venir à un traditionnel bras de fer entre un employeur et un employé, un chèque vous vous en doutez, étant l’enjeu exclusif de l’affaire. Çà doit fumer dans les bureaux des avocats des deux parties.

Blanc passe par toutes les couleurs !

Et enfin, Laurent Blanc (lui-même ancien champion du monde 1998 et donc dans le viseur de la mauvaise langue sus-citée) le successeur de Domenech, en proie aux maux en tous genres, surtout les maux de tête, depuis son début de mandat, doit composer avec la situation abracadabrantesque post-Mondial. Les suspendus lui manquent, les non-suspendus (Ben Arfa ou Nasri) lui pètent dans les doigts, les possibles suspendus (Benzema) font la sieste (au Real). Le dernier mot traduisant ses problèmes du moment lui revient : Ces joueurs (ceux de la nouvelle génération) « ne sont plus habitués à ce qu’on leur dise non », et « si vous leur dîtes non, (…) vous regardent comme si vous êtes un ennemi ».Bon, on n’est pas sortis de l’auberge française…