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Chardy, ou comment gagner sans gagner…

On appelle ça dans le petit Larousse un paradoxe. En tennis, on parle de « perf ». Quand Jeremy Chardy, le petit Français (54e au classement ATP) à la feuille de résultat blanche comme un linge cette année, démolit en Coupe Davis le dixième joueur mondial, Jürgen Melzer, c’est même la surprise du chef.

Un chef, Guy Forget, qui n’en attendait sûrement pas tant pour ce premier tour en Autriche de la part de son ultime roue de secours. Le capitaine avait sorti Chardy de son chapeau désespérément creux après les forfaits successifs de Tsonga, Monfils et Gasquet. On se demande d’ailleurs pourquoi et comment il y avait pensé tant le garçon manquait de tout, résultats, physique et confiance. Il espérait au mieux que Chardy, quand même pas une deuxième série, fatigue un peu pour son long week end le demi-finaliste de Roland-Garros. Le Palois a surpassé ses espérances. Melzer n’a pas eu le temps de se crever. Pourtant pas le premier poulet venu sur le circuit, et de surcroît expert en terre battue, l’Autrichien n’a rien compris au film. « Chardy-land » était bel et bien le spécialiste du jardinage.

Le Pierre Richard du tennis…

Les Autrichiens avaient choisi pour terrain de jeu à Vienne un hangar d’aéroport, pensant impressionner les Bleus. Bleu, je le disais, Chardy l’était avant le match. Noir même. Pas une victoire cette année. Pas même un set en poche. Et, pour compléter le tableau, des pépins de santé du genre à vous miner le moral : un virus mystérieux qui l’avait rendu amnésique (il avait oublié ses nom et adresse) pendant six heures !  De quoi accentuer s’il était possible le désarroi du jeune homme depuis des mois et lui faire perdre la tête. Dans la précipitation de sa convocation de dernière heure, il avait oublié, chez lui à Bruxelles, ce que tout joueur de tennis ne quitte pourtant jamais d’une semelle… ses chaussures…

Pour le prochain tour, c’est évident, il faut rappeler Chardy. Sauf, si d’ici-là, il gagne…

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