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Président, comme Afflelou, est-ce que ça rend fou ?

Le mot est là, partout. Président. De club, d’une société du CAC 40 ou de la république, on n’y échappe pas ou plus. Tout le temps et partout, nos grands manitous nous causent. Sans parler de ceux qui veulent le devenir, ceux qui veulent devenir Califes à la place du Calife… Jean-Michel Aulas et Alain Afflelou savent à merveille dire et ne rien dire, parler et faire parler, d’eux et surtout d’eux…

Il fut un temps où ces Sachems avaient le verbe rare et où quelques ronds de fumée sortis de leur bouches prenaient l’allure de bulles papales, valables durant au minimum une génération. Cette époque est révolue, définitivement. Parler, commenter, réagir, déblatérer sans le moindre délai devient pour un patron une véritable manie. Enfin presque. Quelques exceptions font encore « tache » dans le paysage sportivo-médiatique, pour ne parler que de celui-là. Mais la règle générale est bien de ne plus rien « lâcher » comme disent leurs joueurs. Un penalty non sifflé, un joueur hors de forme, un pet de travers d’un entraîneur… et le boss descend des tribunes en éructant avec vingt journalistes à ses trousses, micros et caméras en batterie…

Jean-Michel Aulas est le champion de France incontesté, voire d’Europe, de la descente vers les couloirs de vestiaires en fin de rencontre. Toujours disponible pour s’adresser « poliment » à un homme en noir, discuter à très haute voix avec son collègue président du soir ou deviser en direct avec le plateau de consultants-spécialistes de Canal+, pour « débriefer » en « toute amitié » les faits de match, je veux dire les incidents… Ce dimanche, comme désormais quasiment une fois sur deux, le grand chef de l’OL a ferraillé, cette fois avec Pierre Menès, dans un court mais intense dialogue bien chargé de sous entendus qui a fait un buzz immédiat sur internet…

Pas si fou Afflelou…

Parlez, il en restera toujours quelque chose, est donc la devise de l’époque. Y compris, et surtout quand on répète à satiété toujours le même discours. Ce que fait avec une régularité de métronome Alain Afflelou. L’homme ne peut être taxé d’incompréhension de son époque. Le lunettier, comme l’on dit maintenant grâce à lui non seulement d’un fabricant mais d’un « vendeur » de bésigles, est un professionnel accompli du martelage de messages. « On est fous d’Afflelou » mué en « Il est fou Afflelou » fait des ravages publicitaires depuis des années.

Mais toute campagne, si longue et couronnée de réussite soit-elle, a ses limites. Beaucoup moins cinglé qu’il n’en donne l’air, Afflelou s’est lancé dans le rugby, nouveau vecteur de « valeurs » et donc de potentiels commerciaux supplémentaires à coûts moindres. Mais l’Aviron Bayonnais qu’il a pris progressivement dans ses filets pour en devenir évidemment « président », ne fonctionne pas comme il l’aurait souhaité. Le club basque flirte avec la relégation saison après saison, mais finit toujours par s’en sortir. L’occasion fait le larron. Bayonne perd, c’est une aubaine… Afflelou entre donc en communication de… négativité positive. Pas à pas, en fonction des résultats du club basque. Après avoir viré sans ménagement il y a deux mois Jean-Pierre Elissalde, coupable selon lui de dénigrement des structures du club, il s’en est pris sans moins de gants à ses joueurs après la déroute de Perpignan ce samedi, jouant la carte de l’électrochoc « J’ai pris un coup sur la têteOn aurait dit qu’on jouait contre les All Blacks. Ou plutôt que Perpignan affrontait une équipe de Fédérale. J’étais choqué et assommé par cette prestation indigne… Qu’on ne reproduise pas les mêmes erreurs ».

Et la communication de crise, chacun le sait maintenant, procède d’un art qu’Alain le fin maîtrise à la perfection. Elle ne s’achève jamais parce qu’elle rapporte. Mardi, la rumeur de la démission du président courait de site en site… Jusqu’à être « officialisée »… pas officiellement, une nouvelle technique de la Toile consistant à enflammer les audiences. Initiée ou pas par Afflelou, on ne le sait, l’information a entraîné la réaction de l’intéressé, cette fois remonté comme jamais… pour rester en place à Jean-Dauger, contre vents, marées et autres courants numériques. Président, c’est surtout un métier qui fait parler de soi…

Notons objecivement, que dans l’un et l’autre cas, Aulas et Afflelou, dans chacune de leur spectaculaire sortie, n’ont fait que parler, constater, s’interroger, s’exciter… Des coups d’épée dans l’eau en quelque sorte. Mais qui ont eu l’effet attendu, de faire les unes, entrer dans les zappings… Jusqu’au moment, ou à force d’obstination, ils auront décroché ce qu’ils cherchent, le Graal des stars médiatiques, celui des prétentieux diront les mauvaises langues, leur marionnette aux Guignols…

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Le Lyon d’Aulas est mort ce soir… Merci Platini !

Presque trente ans d’efforts ininterrompus, parfois surhumains, pour en arriver là. Jean-Michel Aulas, je le plains sincèrement, vient de vivre à Nicosie le pire cauchemar de sa vie. Son club, son cher club, l’Olympique Lyonnais, son enfant si l’on ose s’aventurer dans les méandres de la psychologie Freudienne, l’a abandonné.

Les signes avant-coureurs du drame ne manquaient pourtant pas. Depuis le dernier sacre de la fabuleuse série de sept Championnats d’affilée du début de ce vingt-et-unième siècle, l’Olympique Lyonnais avançait à chaque pas vers l’abîme. Joueurs, entraîneurs, staff et public se mentaient tous de plus en plus. Et le président ne parvenait plus à cimenter quoi que ce soit.

Le plus dur, le plus triste, pour Aulas, est que la catastrophe s’est produite là où c’était sans doute le plus pénible pour lui de conclure son itinéraire. A Chypre, la plus petite nation du football européen, la moins riche. Et c’est justement là, dans un pays où le plus gros transfert de son histoire s’est conclu l’an dernier par un montant de… 800.000 euros, que Jean-Michel Aulas, premier chantre du football financier dans notre hexagone, est venu s’échouer. Après avoir payé Yoann Gourcuff vingt-cinq millions…

Lyon, côté en bourse, périt à Nicosie, là où l’argent n’existe pratiquement pas…

Aulas a voulu, s’est battu et débattu pour, que l’OL soit introduit en bourse. Il va devoir désormais rendre des comptes à ses actionnaires, vendre une bonne partie de son effectif, qui on doit bien le constater, était déjà parti, au moins dans ses têtes. Et constater son échec puis, sous la pression du bon mais – toujours plus exigeant et impitoyable – peuple, rendre son tablier de bâtisseur de cathédrale du foot, aux fondations moins solides que la vénérable Saint-Jean

Et dire que c’est à… Michel Platini, que les Lyonnais peuvent dire non pas merci, mais un plus prosaïque… merde. Oui, Platoche, président de l’UEFA et artisan de l’entrée de l’Apoel Nicosie dans le concert européen par le biais d’une nouvelle règle « anti-capitalistique » permettant aux clubs sans le sou de parvenir à la fameuse phase finale de la Ligue des Champions contre les mastodontes entretenus par des présidents milliardaires ou dopés à l’endettement et à la starisation ! Et de les battre. A la régulière ! Celle du jeu…

La morale de l’histoire ?… Quelle morale ? Mais Nietzsche l’aurait dit à Aulas ou à l’Abbé Pierre, à Nicosie ou à Manchester… votre morale, elle est immorale !

Aulas et Ribéry n’ont pas le même Père Noël !

Alea jacta est (Le sort en est jeté, pour les non latinistes)… disait ce vieux Jules César en franchissant le Rubicon. Putain de sort, devrait se dire ce vendredi notre Ribéry(con) national ! Après Zahia et ses prestations non réglées (Franckie avait osé prétendre aux enquêteurs qu’il avait eu une relation consentie et non tarifée avec la péripatéticienne mineure !), ce sont celles de son ex-agent que le phénoménal attaquant du Bayern doit désormais reconnaître comme effectuées et donc payables…

Trois millions d’euros, pas moins. Trois millions de commissions « oubliées » lorsqu’il jouait à Marseille et que le tribunal de Luxembourg (oui, au Luxembourg) l’a condamné ce 16 décembre 2011 à verser au dénommé Bruno Heiderscheid. L’affaire a donc été jugée là-bas, dans un pays où l’on règle en réalité, et à l’amiable, pas mal de problèmes fiscaux. C’est donc normal. On fait toujours ses « commissions » là où les produits sont les plus avantageux…

En résumé, vous aurez compris que pour rémunérer un intermédiaire en ces temps de matraquage fiscal, il est moins onéreux et plus discret de le faire en dehors de votre département (français) et en présence de votre agent… du fisc. Ribéry avait donc cru bien faire les choses… Comme avec Zahia. Encore raté ! D’autant que le brave Bavarois devrait se retrouver en culotte (de peau bien sûr) encore plus courte puisque son méchant ancien agent lui en réclame 3,5 millions supplémentaires… Cette fois pour le transfert de l’OM au Bayern. A poil je vous dis, qu’il va se retrouver le monsieur. Comme de coutume vous me répliquerez…

Lyon, un miraculé en croisera un autre !

Pendant ce temps, tout juste à la même heure, Jean-Michel Aulas pouvait remercier cette ordure de Père Noël qui lui refilait depuis des années à cette époque des cadeaux pourris. A midi, le démon s’est transformé en ange. Au lieu des Barcelone, Milan AC ou autres monstres habituels que les boules de l’UEFA lui réservaient jusque-là pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, c’est l’Apoel (encore) Nicosie qui est sorti de l’urne. Merci Michel. Michel Platini, qui pourrait bosser pour les Restos du Coeur du foot, est en effet le premier responsable de l’arrivée des clubs sans pognon en Ligue des Champions.

« Tirage clément », qu’il a reconnu, Jean-Mimi. Ah oui, clément, c’est le mot, c’est même un doux euphémisme, une litote, une circonlocution… Plus sûrement un coup de pot. Le club chypriote nage en effet, encore un euphémisme, dans les basses eaux du SMIC du foot européen. Quinze millions d’euros de budget, soit… quinze fois moins que Lyon et la moitié du seul montant du transfert de Gourcuff de Bordeaux vers la capitale des Gaules… Quant au palmarès international, rien, que dalle, le désert, le néant absolu. Hormis cette qualification abracadabrantesque pour la deuxième phase de la LDC obtenue il y a quinze jours. On pourrait aussi noter à l’inverse que Nicosie a également et paradoxalement hérité d’une certaine réussite. Lyon, en cette période, n’est tout de même pas Barcelone (ma manie de l’euphémisme…). Sa présence en ce tour final 2011-2012 a tenu à une conjonction de miracles de valeur pratiquement égale à ceux du Nouveau Testament (victoire 7-1 à Zagreb, victoire du Real bis à l’Ajax). Ce double duel ne devrait pas provoquer de guerre des chaînes. Drôle de temps, pourtant, où l’on se bat, on se demande pourquoi, pour les droits du foot à coups de centaines de millions d’euros.

Père Noël, millions, foot, Chypre, Europe… Sic transit…

Jean-Michel Aulas et Lyon, le tapis pleure…

Rien ne va plus, comme l’on vous prévient au casino juste avant de lancer la boule… Jean-Michel Aulas a joué, beaucoup, depuis plus de vingt ans. Il a beaucoup gagné avec l’Olympique Lyonnais, en pariant énormément. Il commence à perdre, beaucoup. Les jetons vont manquer. Le tapis pleure…

Les quarts de finale de la Ligue des Champions ? C’est fini, l’Ajax Amsterdam a enterré les dernières illusions de l’OL. Le titre en Ligue 1 ? peu de chances de le récupérer. Les finances ? la dèche (encore 28 millions d’euros de perte cette année). La bourse ? plongée sous-marine (cours d’introduction divisé par cinq en quatre ans…). Les joueurs ? carbonisés, à vendre (encore deux d’ici le mercato, Aulas l’a annoncé officiellement à ses actionnaires) et aussi rentables que la dette grecque (Gourcuff). Les entraîneurs ? viennent et partent en gros tous les dix-huit mois (Santini, Le Guen, Houillier, Perrin, Puel, Garde…) depuis dix ans, au gré des interminables déceptions européennes…

Pour l’OL et Aulas, la seule vraie bonne nouvelle, c’est la pierre, la première…

Le bon président Aulas a pourtant été un précurseur sur nombre de terrains, sportif, financier, communication… Trop sans doute. Pas d’illusion, malheureusement, tout ça n’était sans doute pas philanthropique. Monsieur Aulas a eu le tort de croire que le miracle économique du sport des années 1990-2000 pouvait concourir à accélérer les victoires, la grandeur de son club et probablement démultiplier sa surface financière personnelle. Que les exemples de financiarisation à outrance de Manchester United, de l’Inter Milan, du Liverpool FC et de bien d’autres étaient une panacée, ou même ceux de magnats d’opérette. L’échec de ce modèle est aujourd’hui patent. L’Eldorado s’est tari.

Et l’une des seules portes de secours pour au moins ne pas ressortir en slip de ce casino, Mr Aulas s’en persuade de plus en plus, serait de se « recaver » dare dare… Allo le Qatar !

Vous me direz, durant notamment la dernière décennie Aulas a tenté, s’est démené, a misé, a combattu. C’est vrai et c’est à son crédit. Seulement, les limites du système s’avèrent si visibles depuis des années que l’on s’étonne de nombre de ses choix récents. Le seul peut-être à ne pas prêter à critique est celui du nouveau stade. Au moins, la pierre, comme disait nos grand-mères, c’est du solide… Encore faut-il déjà que la première soit posée.

Aulas, machiavélique et… populiste

C’est l’apanage des puissants. Jean-Michel Aulas en est un et ne se prive plus depuis longtemps de livrer ses opinions pour tenter de les imposer. En résumé, le président de l’OL fait partie des hommes d’influence du football français. Il est même probablement celui dont l’emprise sur le milieu du ballon rond est la plus féroce. Samedi soir, à l’issue d’Ol-ASSE, il a fait apprécier au plus haut degré son machiavélisme.

Dès le coup de sifflet final du Lyon – Saint-Etienne de ce 25 septembre, perdu par son équipe (0-1), le patron lyonnais a enclenché sa machine médiatique. A plein régime, peut-être comme jamais en vingt ans. Une réaction tous azimuts comme on n’en avait pas vue sur la scène footballistico-médiatique de l’hexagone. Aulas, avec son incomparable expérience, l’avait évidemment prévue, comme une partie de scénario. Gagnant, il aurait bien entendu fait sonner la trompette du vainqueur.Mais la défaite faisait partie de ses plans. Pas question de ne pas en profiter. Alors, Aulas a d’abord foncé tête baissée dans le premier volet de son action réparatrice. Selon son habitude, il a poursuivi les arbitres dans le couloir de Gerland, leur faisant comprendre que leurs décisions ne lui avaient pas franchement plu ! Monsieur Aulas n’est plus sanctionné pour ce genre de déviance insupportable depuis des années. Puis, il enchaîne avec les médias, commençant avec le plus regardé les soirs de Ligue 1, Canal +. Piques aux arbitres, ironie envers l’interlocuteur, irrespect de l’adversaire, parodie sur la notion d’injustice. Tout y passe. Aulas en professeur de l’Actor’s Studio…

Hallucinant exercice de populisme au bas d’une tribune de Gerland

Et il n’oublie pas en toute fin de soirée que les supporters doivent être ménagés. Ceux-ci, encore présents par centaines attendent depuis une heure et demie dans un virage de Gerland qu’on réponde à leurs banderoles « Puel démission ». Aulas ne se dégonfle pas, prend un micro et entame face aux « Bad Gones » un monologue hallucinant et inédit. Il reprend les arguments développés face aux journalistes « Le but de Saint-Etienne est marqué sur une erreur d’arbitrage », puis dans des élans plus populistes encore, se lâche « Nous on a la Champions League, eux ils la jouent à la Playstation! » Enfin, le boss de Lyon donne à cette frange la plus dure de ses supporters ce qu’ils voulaient, en totale contradiction avec ce qui avait été affirmé à la presse une demi-heure auparavant « Sans vous, je ne peux rien, laissez une chance au club, je ne dis pas à Claude Puel… ».

Le sens du double langage. Puel a dû apprécier.