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Lloris, pantin et gars bien, ne mérite pas de vilains gardiens…

Je serais Hugo Lloris, je n’apprécierais pas trop. D’avoir été utilisé pendant deux semaines comme un phénomène de foire par son cher OL et par Tottenham, à qui il a fini par être vendu… Mais je ne suis pas Hugo Lloris…

Le meilleur gardien français est ce qu’il est, un garçon charmant, talentueux et bosseur. Pas hâbleur pour deux sous,  ni revanchard encore moins sardonique. Son président, Jean-Michel Aulas, pris à la gorge financièrement depuis deux ans, a cédé aux Spurs son dernier bijou de famille au bout d’un bras de fer qui lui a permis d’en tirer le maximum.

Pour dix millions d’euros, dit-on, sans compter les bonus, nouvelles unités de compte des mercenaires du sport. « Cadeau » comme aurait ironisé Bernard Tapie. Pas tous les jours en effet qu’un club, anglais de surcroît, peut s’offrir les services d’un portier qu’aucune formation dans le monde (en dehors du Real de Casillas) ne daignerait ignorer… La transaction, les négociations devrais-je dire, ou plutôt les marchandages auront duré des jours et des jours. Le temps habituel de nos jours des inévitables pressions par medias interposés, des jeux d’influence mutuels, des manoeuvres d’intimidation des communicants et hommes de loi qui s’activent de tous bords…

Mais Lloris n’a rien dit. Pas un mot, pas une récrimination, ni d’intervention dans la presse, ni un mot de travers. Et Lloris a été transféré à la dernière seconde de la dernière heure du dernier jour de la limite de ce « marché » des transferts. Comme un esclave, se plaignait déjà Raymond Kopa il y a un demi-siècle… D’esclavage – que le grand petit Raymond se rassure – il n’y en a plus … Ou il ne serait en tout cas que « moderne », comme on le caractérise parfois pour ne pas en oublier les horreurs.

Donc, l’exemplaire Hugo s’est tu malgré le tapage et les mauvaises odeurs d’argent. Et ce dimanche, il ne s’est même pas offusqué de partir chez des gens qui ne vont pas même l’accueillir en hôte de marque. Son nouvel entraîneur, Andre Villas-Boas, vient de déclarer qu’il ne le titulariserait pas parce que son actuel gardien, Brad Friedel, donne toute satisfaction à ce poste. Comme samedi, où le Mathusalem (41 ans) des cages s’est montré étincelant…

Je serais Jean-Michel Aulas, j’aurais passé une mauvaise nuit. J’aurais ruminé, regretté, déploré de perdre un gars comme Lloris. même pour dix ou cent maudits millions de plus… Et pour le refiler en plus à des Anglais aussi reconnaissants à la nature ou au ciel de leur festin qu’un logiciel venant de réaliser une plus-value sur une ligne de titres du CAC 40… Mais je ne suis pas Jean-Michel Aulas, propriétaire de l’Olympique Lyonnais, pris en otage par des actionnaires le pressant de ne plus voir son action dégringoler, de combler le gouffre du déficit, de vendre tout ce qui pourrait un jour permettre à des comptes de repasser un jour dans le vert…

Lloris a affirmé qu’il se réjouissait de rejoindre la Premier League… Sans préciser qu’il ne devrait pas jouer… Là, ce sont les mystères du foot-business. Cent autres clubs rêvent d’enrôler l’un des cinq ou dix plus performants pourfendeurs de tirs du monde et le feraient jouer dans la seconde. Le club londonien l’a fait et le laissera sur le banc de touche.

Bon, pas d’illusion, tout cela n’est que du blablabla de façade. Friedel a l’âge de ses artères. Et c’est précisément pour cela que les dirigeants des Spurs ont acheté Lloris. Ce petit jeu durera quelques semaines et l’ex-Lyonnais deviendra le numéro 1 très rapidement. Mais rien que pour ces quelques semaines de perdues (Lloris n’aura pas de temps de jeu, et c’est toujours préjudiciable pour lui et l’équipe de France par exemple), je collerais bien un carton jaune à ces messieurs de chaque côté du Channel.

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