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Noah et Forget reforment un double fort au Sénat…

Quelle drôle d’idée. Notre Sénat, souvent qualifié d’inutile ou de lourde et coûteuse machine, n’avait pas trouvé mieux ce mardi que de convoquer, d’inviter plutôt, deux de nos stars nationales du sport. Pour que Yannick Noah et Guy Forget lui expliquent pourquoi ils avaient décidé il y a longtemps déjà de s’exiler dans les accueillantes montagnes suisses…

Cette audition, en fait cette interview, téléguidée bien sûr par le nouveau gouvernement en vue de justifier (ou pas) les futures mesures visant à matraquer les gros contribuables et promises durant la campagne de François Hollande, a vite tourné à une aimable discussion entre amis. Ni le président de cette Commission d’enquête sur l’évasion fiscale, le communiste Alain Bocquet, ni ses assesseurs, ni les nombreux parlementaires de tous bords présents, n’ont véritablement osé affronter l’ancien duo de légende…

La commission jouait pourtant sur son terrain. Celui de l’Etat et des institutions. Tandis que les deux anciens champions évoluaient en terrain hostile, celui des lois, des grands mots et quelque part de la justice des hommes… Mais Noah et Forget ont semble-t-il impressionné, par ce qu’ils représentaient en tant que specimen remarquables de leur discipline. Tant impressionné que les sénateurs ont dispensé un temps important de leurs questions à leur cirer les pompes… « Merci à ces deux stars d’avoir accepté notre invitation »… etc.

Noah s’évade un peu…

Le moment de tension initiale vite passé, Guy Forget, en tenue impeccable de conseiller financier de Barclays, a rapidement pris le commandement du jeu, précis dans l’échange et vif en retour. Noah, d’abord en dessous du niveau de son partenaire, s’est rapidement appuyé sur lui et retrouvé son jeu offensif, jouant dans son jardin favori depuis qu’il défend politiquement les couleurs de la gauche : « Oui, Il me parait normal que ceux qui gagnent tant d’argent puissent le partager », faisant évidemment référence à la si fameuse proposition d’imposition à 75% des contribuables gagnant plus d’un million d’euros par an.

Puis les sénateurs, d’un camp et de l’autre, se sont perdus dans les méandres politicardes habituelles, prenant même Noah comme punching-ball. Facile, le chanteur devant depuis 1994 la coquette somme de 600.000 euros au fisc français, procédure en cours depuis… 18 ans ! « Je suis très surpris », a lancé le vainqueur de Roland-Garros 1983, je pensais que mon cas personnel d’ailleurs pas encore jugé, ne serait pas évoqué comme on me l’avait indiqué »… Début de tension !

Au bilan, et c’était prévisible, le tandem des vainqueurs de la Coupe Davis n’a pas mouillé excessivement le maillot. Les deux expatriés (Forget l’est toujours, Noah ne l’est plus depuis qu’il chante et gagne de l’argent en tant que tel en France), ou évadés en fonction des humeurs, ont logiquement défendu leur position qui aurait pu être résumée en une phrase sans déranger tous ces messieurs et dames : « Nous sommes Français, nous ne faisons rien d’illégal, nous avons « optimisé » nos revenus, rien de plus »…

Merci à tous, ce fut très instructif !

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Chardy, ou comment gagner sans gagner…

On appelle ça dans le petit Larousse un paradoxe. En tennis, on parle de « perf ». Quand Jeremy Chardy, le petit Français (54e au classement ATP) à la feuille de résultat blanche comme un linge cette année, démolit en Coupe Davis le dixième joueur mondial, Jürgen Melzer, c’est même la surprise du chef.

Un chef, Guy Forget, qui n’en attendait sûrement pas tant pour ce premier tour en Autriche de la part de son ultime roue de secours. Le capitaine avait sorti Chardy de son chapeau désespérément creux après les forfaits successifs de Tsonga, Monfils et Gasquet. On se demande d’ailleurs pourquoi et comment il y avait pensé tant le garçon manquait de tout, résultats, physique et confiance. Il espérait au mieux que Chardy, quand même pas une deuxième série, fatigue un peu pour son long week end le demi-finaliste de Roland-Garros. Le Palois a surpassé ses espérances. Melzer n’a pas eu le temps de se crever. Pourtant pas le premier poulet venu sur le circuit, et de surcroît expert en terre battue, l’Autrichien n’a rien compris au film. « Chardy-land » était bel et bien le spécialiste du jardinage.

Le Pierre Richard du tennis…

Les Autrichiens avaient choisi pour terrain de jeu à Vienne un hangar d’aéroport, pensant impressionner les Bleus. Bleu, je le disais, Chardy l’était avant le match. Noir même. Pas une victoire cette année. Pas même un set en poche. Et, pour compléter le tableau, des pépins de santé du genre à vous miner le moral : un virus mystérieux qui l’avait rendu amnésique (il avait oublié ses nom et adresse) pendant six heures !  De quoi accentuer s’il était possible le désarroi du jeune homme depuis des mois et lui faire perdre la tête. Dans la précipitation de sa convocation de dernière heure, il avait oublié, chez lui à Bruxelles, ce que tout joueur de tennis ne quitte pourtant jamais d’une semelle… ses chaussures…

Pour le prochain tour, c’est évident, il faut rappeler Chardy. Sauf, si d’ici-là, il gagne…

Kombouaré, Laporte, Simon, ils causent plus, ils flinguent !

Ces derniers jours, c’est un peu O.K. Corral. On bastonne, on dégaine et on flingue à tout va. Trois règlements de compte en trois jours. Au PSG entre Kombouaré et Edel, à Bayonne entre Salagoïty et Laporte et, plus surprenant, en équipe de France de Coupe Davis entre Simon et Forget.

Dans les deux premiers cas, la fumée est sortie des naseaux, les oreilles se sont frottées et on en est quasiment venus aux mains.

L’entraîneur du PSG, s’il n’avait pas été retenu par de bons camarades, aurait selon certains témoins volé dans les plumes de son gardien de but dans le couloir des vestiaires du Parc des Princes samedi dernier. Il faut dire que Edel ne lui avait pas témoigné une franche courtoisie alors que son coach s’était permis de le recadrer un instant plus tôt : « Ferme ta gueule, viens ici pour voir« , lui aurait alors lancé le portier dont l’acte de naissance est à comparer au Graal, introuvable.Bernard Laporte et Gilles Simon font siffler les balles…

En rugby, on a souvent le sang chaud. Les marrons fleurissent sans qu’on s’en émeuve plus que ça. Sur les terrains surtout. En dehors, c’est un peu plus rare, même si depuis quelque temps, la moutarde monte au nez de pas mal de ces messieurs de l’ovalie. Les millions commencent à leur tourner la tête. La scène qui a opposé en fin de semaine dernière le président de Bayonne au Calife qui veut lui prendre sa place aurait pu les envoyer tous les deux dans un commissariat du pays Basque. Heureusement pour eux, leur entrevue s’est déroulée en terrain protégé, dans le salon de la maison de vacances du sponsor principal du club, Alain Afflelou. Les noms d’oiseau ont paraît-il fusé. Salagoïty, qui n’est pas, ou plus, fou d’Afflelou, s’en serait d’abord pris à Bernard Laporte. L’ex-ministre lui court sérieusement sur le haricot depuis qu’il a débarqué à Jean-Dauger. On l’aurait prié, supplié même à l’entendre, de venir donner un coup de main à un club qui n’en peut éternellement plus d’être le second du premier du coin, le BO. Salagoïty considère que le coup de main s’est transformé en coup de force et que l’ancien sélectionneur n’a pas de bonnes manières. Et il le lui a dit : « Je n’ai plus confiance en toi ». L’autre lui a quasiment sauté au cou de rage. « C’est un menteur, un grand manipulateur », se répand-il désormais dans les medias, concluant d’un peu amène « je ne travaillerai plus jamais avec cet homme. »Enfin, c’est dans le petit monde feutré et poli du tennis que s’est produit le dernier clash. Gilles Simon, respectable père de famille, jamais un mot plus haut que l’autre, a fendu son armure via une interview à L’Equipe pour donner son avis sur le fonctionnement interne de la maison. « Chacun fait ce qu’il veut » ou « Qu’il ne parle pas de mon jeu », Guy Forget en a pris pour son grade de capitaine. Dégalonné, le Guitou, réduit au rôle de petit lieutenant dépassé par des troufions qui seraient irrespectueux du règlement. Bref, ce serait le bordel au régiment. Forget a tenté, sans convaincre vraiment, de dégonfler l’affaire à Vienne en Autriche, où les Bleus pourraient bien valser dès le premier tour… Simon, de son côté, a tout mis sur le dos du journaliste, qui a tout compris de travers et à qui il en veut à mort d’avoir travesti ses propos : « Je ne lui pardonnerai jamais… »

En amour, disait le philosophe, on ne peut se comprendre qu’à demi-mot. En sport, en ce moment, il n’y a même plus de demi-mesure…

Coupe Davis, les vrais enjeux

Pas d’illusion. Même s’ils ramènent le saladier d’Argent de Belgrade, les joueurs français n’en seront pas davantage les meilleurs du monde. Il est même relativement fréquent, comme cela a souvent été le cas par le passé, que les plus belles performances individuelles en Coupe Davis restent sans lendemain. Alors, pourquoi veulent-ils si ardemment s’emparer de l’un des plus vieux trophées du sport international ?

La gloire ? Depuis plusieurs dizaines d’années, la Coupe Davis n’est plus un événement suivi ailleurs que dans les pays concernés. La popularité du tennis s’est focalisée sur les grands tournois individuels. Serbie-France ne déchaînera les passions que dans les deux pays. Et encore. Guy Forget, Gaël Monfils, Gilles Simon, Michaël Llodra ou Arnaud Clément, voire Richard Gasquet, s’ils reviennent victorieux, ne descendront sans doute pas triomphalement les Champs-Elysées lundi.

Soyons réalistes. Côté tricolore, la victoire sera certainement plus prosaïquement synonyme de profits financiers. Bien plus appréciables que les auréoles de gloire d’antan des René Lacoste, Jean Borotra ou Henri Cochet, pauvres diables du sport qui en étaient quasiment de leur poche à chaque épopée tandis qu’ils étaient de véritables stars internationales! Les temps modernes ont fait basculer le phénomène en sens inverse.Les Français ne sont plus des gros bras sur le plan mondial depuis quatre-vingt ans !  Pas un seul numéro 1 mondial. Mais ils ont brusquement acquis une méthode collective dans les années 80 sous l’ère de Philippe Chatrier et avec l’émergence du phénomène Yannick Noah. Le pays a évidemment adhéré et les contrats publicitaires en simultané. Mais il a fallu que le vainqueur de Roland-Garros en 1983 prenne le capitanat pour que se produise le véritable déclic en 1991.

Gagner un seul match revient à gagner au Loto…

Puis, c’est Guy Forget, le bon élève, qui l’a relayé, avec moins de charisme mais beaucoup plus de diplomatie, et au moins autant d’efficacité. De quoi plaire à la Fédération, aux sponsors et surtout aux joueurs eux-mêmes, trop heureux de la possibilité de savoir qu’ils peuvent, en passant par la moulinette Coupe Davis et en produisant les efforts nécessaires au bon moment, devenir plus grands qu’ils ne sont généralement sur le circuit. Ce fut le cas entre autres d’Henri Leconte, en 1991, d’Arnaud Boetsch, en 1996, et de Nicolas Escudé, en 2001, tous devenus des « légendes » franco-françaises de la Coupe Davis. Les deux derniers en tout cas. Boetsch et Escudé ne sont jamais entrés pendant leur carrière dans les dix premiers mondiaux. Ils ont en revanche gagné au jackpot « Davis ». Un match, un seul (celui contre Kulti en sauvant trois balles de match pour Boetsch, celui contre Hewitt pour Escudé), leur a permis d’assurer leur vie d’après-tennis.

Il ne faut donc pas chercher plus loin la motivation des uns et des autres. La Coupe Davis est pour certains un Loto où les chances au tirage sont élevées …