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Calendrier dieux du stade: Pénalité contre Jacky Lorenzetti

Alors là, je n’en reviens pas. On vient de remettre en cause le calendrier. Certes, pas l’officiel, le séculaire calendrier de l’envoyé de Dieu, le pape Grégoire VII (dit Grégorien), presque un demi-millénaire d’âge, mais l’autre, tout officiel et incontournable, celui des Dieux du stade et du rugby, dans toutes les bonnes librairies et sur toutes les tables basses depuis une décennie…

L’affaire est grave. Enfin, grave, pas complètement désespérée… Résumons, Jacky Lorenzetti, le président du Racing-Métro 92, s’associe à l’un de ses joueurs, Henry Chavancy, qui ne souhaite plus figurer dans le fameux « Calendrier des Dieux du Stade » version 2012, à paraître cette semaine et pour lequel il avait accepté de poser dans un premier temps. Dans un communiqué aux termes curieux, faussement humoristiques, Mr Lorenzetti pointe clairement sa différence des conceptions des valeurs de son sport avec Max Guazzini, son ancien collègue-président du Stade Français mais toujours concepteur artistique du calendrier des Apollons de l’ovalie…

Quelle mouche a donc piqué Lorenzetti ? Quel sentiment l’a poussé à employer des termes comme « Ces dieux du stade ne sont pas de notre panthéon » ou « Nous refusons que notre joueur s’embarque sur ce radeau en perdition… » Sans en rajouter dans l’ineptie sur des propos aussi ridicules, Mr Lorenzetti ne justifie en rien sa décision. Je crois qu’il n’a justement aucune raison valable de le faire. Pas la moindre.

Ce calendrier est depuis dix ans une bouffée d’air frais dans un rugby qui avait été enfermé des générations durant dans un carcan de machisme puant, de misérable virilité antique. Un rugbyman, ça avait des couilles. Une mêlée, c’était pas un truc de gonzesses. Bref, le rugby était une activité réservée aux mecs, aux vrais. Pas de place pour les « petites bites », et je passe sur le plus vulgaire… Voyez le genre… Tellement caricatural que les filles étaient interdites de match, de spectacle. Trop dur, trop de bleus, trop de bosses, trop de dessous de bras malodorants… Et Max est arrivé… Avec son cheval blanc et ses slips roses… Et son calendrier.

Monsieur Lorenzetti, soyez un « poil » plus tolérant…

Des gars « à poil », comme dit Lorenzetti… A poil, c’est vite dit. Ils sont carrément rasés, épilés, dépoilés plutôt, sur le papier glacé, nos rugbymen. Ça n’est peut-être pas le genre de Mr Lorenzetti. Soit. Et je l’avoue, pas le mien non plus. Mais c’est celui de la majorité de la gent féminine et sans doute d’une partie non négligeable de l’autre gent ! C’est comme ça, monsieur le président du Racing Métro, ça commence à faire du monde au balcon et ça ne fait de mal à personne… Alors, c’est vrai, j’en conviens, ce calendrier n’est probablement pas une entreprise totalement philanthropique. Mais qu’est-ce qui l’est authentiquement ? Je ne vous ferai pas l’article à ce sujet, à vous, un dieu du business…

En vous lisant, j’ai eu l’impression que l’on retournait plus de cent ans en arrière quand Paul Claudel clamait, repris par Jules Renard dans son fameux Journal, que « la tolérance, il y a des maisons pour ça… ». Rétro, rétrograde…

Non, Mr Lorenzetti, il faut vous retourner. Je ne vous demanderais pas de le faire avec une serviette enroulée en bas des hanches. Mais si vous pouviez reconsidérer votre position, prendre une pose, disons… un « poil » plus… langoureuse, je vous en serais gré…

Toulouse-Paris, assez parlé !

Stade ToulousainStade Français. Rien que l’évocation de ces deux appellations fait parler, causer, jaser. Et rend même certains un peu bêtes et méchants. Tiens, l’autre jour sur Twitter, quelqu’un a lancé sur le réseau que le fait de s’appeler « Stade Français » était déjà un signe de présomption ! J’ai eu beau répliquer que le nom du club parisien remontait à 1883, date de sa création par des étudiants en mal d’activité physique, qui se contentaient de se référer au « Stade » de l’Antiquité, et ne se rendaient certainement pas coupables d’un quelconque nationalisme mal placé en y accolant le mot « Français », je n’ai pas eu de réponse.De toute façon, la mission était impossible. Autant faire avaler du cassoulet à Max Guazzini ! Ah, mais me voilà à mon tour polémiste ! A dessein. D’abord parce que ça me délecte. Et ensuite parce que, convenez-en, ce quart de finale de Coupe d’Europe Toulouse-Paris, personne ou presque, et c’est dommage, n’en parle non plus au niveau du terrain. Ce match est, a été depuis pratiquement quinze ans, et restera longtemps comme une confrontation de « clochers ». Un affrontement de cultures. Une opposition d’idées. Une rencontre de personnalités, un combat de chefs. Qui de René Bouscatel ou de Max Guazzini a lancé le premier les hostilités à l’entournure des années 2000 ? Personnellement je m’en fous. Ces deux-là, je trouve, jouent bien leur rôle. Et ils ont bien travaillé. Pour leur club, et finalement pour les autres. Toulouse est la référence européenne du jeu, Paris est la référence européenne du nouveau rugby populaire. Tout le monde y a gagné.Mais curieusement cette semaine, la guerre psychologique d’avant-match n’a pas eu lieu. Guy Novès lui-même n’a déclenché comme à son habitude aucune arme sol-sol anti-Paris. Ce dernier, qui cumule il est vrai les emmerdements en tous genres cette saison, s’en est de son côté pris à la presse, stigmatisant un « lynchage médiatique », plutôt que de rajouter un des couplet vachards dont il a le secret en direction de l’adversaire. Je crois plus sûrement qu’il n’a pas digéré la biographie le concernant parue ces derniers jours.Pourquoi Toulouse et Paris sont-ils soudainement si sages l’un envers l’autre ? Les deux clans se sont recentrés sur l’essentiel, sans pour une fois s’éparpiller dans le superflu du verbe. Oui, je pense que ce coup-ci, l’enjeu est grand, plus grand qu’à l’accoutumée. Malgré le boulot accompli et les titres cumulés par l’un et par l’autre, un moment vient où les supporters, les actionnaires, les sponsors, s’impatientent. C’est la rançon de la gloire. Toulouse perd et c’est une saison qui sera bien difficile à sauver tant les Haut-Garonnais rament en Top 14. Des questions de fond, sur l’avenir, dans un club pourtant si attaché à la pérennité, pourraient même être soulevées. Si Paris s’incline, c’est le coup de massue supplémentaire, et dieu sait que le Stade Français en a pris cette année, celui qui peut assommer.Toutefois, je ne cède pas trop vite à la panique. Dimanche soir, le Stade Toulousain et le Stade Français auront gagné ou perdu. Un match.

L’ascension programmée du Racing-Métro 92

Je ne dis pas que j’en étais certain, mais le fait de voir le club francilien en haut de l’affiche avec aujourd’hui sa place sur le podium du Top 14 ne me surprend pas vraiment.

La réémergence de ce qui fut jadis le Racing Club de France est en effet programmée depuis que Jacky Lorenzetti a décidé de prendre ses destinées en main. Le Racing était une première fois ressorti de ses limbes dans les années 1980 et 1990 pour y tomber à nouveau dix ans plus tard.

Fortune faite, et bien faite, en revendant en 2006 Foncia, qu’il avait façonné en joyau européen de l’immobilier, pour 800 millions d’euros, Lorenzetti avait donc avec son portefeuille bien garni largement de quoi s’offrir une équipe à la gloire presque oubliée. Et  que l’on avait remisée dans un stade de Colombes lui aussi hanté par ses vieux fantômes.

J’ai suivi les Ciel et Blanc ces deux dernières années en Pro D2. Avec le net sentiment que ce M. Lorenzetti avait la ferme intention de remettre les deux couleurs à la mode. A la mode du temps bien sûr, à coups d’euros et donc de recrutement en béton (Bobo, Lombard, Wisniewski, Auradou, puis Nallet, Chabal, Steyn…), mais aussi avec ses méthodes. Lorenzetti n’est pas du genre batteleur. Mais après une évidente réflexion, il parle juste et avec une fermeté polie. Ses décisions sont jusque-là frappées du coin du bon sens.

Il veut même tailler des croupières à Max Guazzini, sans jamais le citer naturellement. En faisant sortir prochainement de terre, du côté de la Défense, un stade dédié au rugby et au Racing. Avant le nouveau Jean-Bouin de Max ?

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