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Laurent Blanc : Robespierre ou Poincaré ?

Mais que va dire Laurent Blanc, mardi lors de sa première conférence de presse en tant que sélectionneur ? Car, comme toujours depuis que la « communication » est devenue plus importante que les actes, c’est le verbe du « Président » qui sera passé au crible.

Blanc doit commencer sur un champ de ruines…

Une parole qui va prendre un exceptionnel relief compte tenu du contexte. Car l’équipe de France ressemble aujourd’hui à un champ de ruines. Et sa maison-mère, la Fédération française, ne tient plus sur ses fondations. Plus personne, jusqu’à mardi, ne détient la moindre parcelle d’autorité au sein de la maison bleue. Jean-Pierre Escalettes est démissionnaire et ne signe plus que ses notes de frais. Le conseil fédéral est en coma avancé. Roselyne Bachelot et Rama Yade, les tutrices légales du majeur incapable, ne savent pas ce qu’est un hors-jeu…

Depuis l’élimination pitoyable et scandaleuse des Bleus qui a fait de nous la risée du monde entier, aucune décision n’a été prise sauf celle de nommer prochainement – la belle affaire – un successeur, intérimaire, à Escalettes. Aucun responsable n’a osé se mettre en avant. On se planque courageusement dans tous les recoins des prébendes. En attendant que les balles ne sifflent plus. Car, tout de même, des voix critiques se sont fait entendre chez les footeux. Peu et discordantes. Exclusivement celles des fameux anciens de 1998, dont l’unité n’est manifestement plus la même que celle du mémorable 11 juillet. Dugarry, Deschamps et Lizarazu se sont exprimé, sans que l’on décèle, c’est le moins que l’on puisse dire, d’accord de pensée.

Après Thuram et sa solution coup-de-balai, Blanc est sous pression…

Et puis, Lilian Thuram a donné son avis, qui n’a pas, mais pas du tout plu à Dugarry. Il faut, dit celui qui est membre du Conseil fédéral en tant que représentant des sportifs d’élite, faire le ménage, et en grand, surtout du côté des joueurs rebelles et traîtres à la patrie, à laquelle ils auraient au moins du être reconnaissants. L’appel de Thuram, le plus argumenté et le plus « construit » (encore la « Comm' » !), n’est certainement pas un hasard. L’homme est déjà entré en politique (membre du Haut Conseil à l’intégration) et vise clairement des responsabilités dans la reconstruction à venir.C’est précisément au sujet de cette reconstruction, ou non, que Laurent Blanc est attendu. Va-t-il alors en quelque sorte dépasser son rôle de « simple » sélectionneur ? Donnera-t-il son avis sur les errements sud-africains ? Peut-il dire dès mardi qu’il se passera des services d’Evra, Abidal, voire Ribéry, frondeurs présumés dans l’affaire du bus ? Et pour combien de temps ? Annoncera-t-il que Nicolas Anelka est définitivement mis hors jeu ? C’est possible. Puisque les moyens lui sont visiblement donnés et que son aura le lui permet, au moins pendant le traditionnel « état de grâce ». Ce sera alors Blanc-Robespierre, le coupeur de têtes. Osera-t-il ? Ou optera-il pour un panaché, sans exécuter l’ensemble de la troupe, jouant sur les retours de Benzema, Ben Arfa, Nasri… en opérant en quelque sorte à une sélection d’Union nationale à la manière d’un Raymond Poincaré ?

C’est dur le foot-politique…

Bleus, crimes et châtiments

Le gouffre, le trou noir, le vide. Voilà aujourd’hui dans quoi, à l’instant de la plus catastrophique campagne de l’histoire du football français, où se trouve l’équipe de France.

Domenech, le sélectionneur le plus incompétent qui ait jamais dirigé les Bleus

Tous responsables. Raymond Domenech, la Fédération, les joueurs. Le sélectionneur, le plus incompétent qui ait dirigé les Bleus, a anéanti en quatre ans le travail de ses prédécesseurs et a conduit le foot français au stade du ridicule le plus absolu. Jamais les instances du football n’auraient dû faire confiance à un mythomane. Domenech, comme la plupart des observateurs plus ou moins avertis, savait pertinemment qu’il allait dans le mur. Comme tous les grands escamoteurs, les Tapie ou les Madoff, Raymond n’aura remué que du vent durant six ans. De surcroît, son dernier geste officiel, son refus de serrer la main de son adversaire l’entraîneur de l’Afrique du Sud, Carlos Alberto Parreira, n’est que le lamentable point final d’une aventure personnelle désolante.

Escalettes, sorte de Brejnev sénile, aveugle et sourd

Avec un tel conducteur de « bus », les joueurs n’ont pas été gâtés pour avancer. Ils auront constamment reculé. Jusqu’à ne plus rien comprendre aux élucubrations continuelles du pantin. Ils ont perdu les pédales. Mais ils n’ont pas su se remettre sur la bonne route et ont fini par verser dans le fossé. Quant aux dirigeants de la Fédération, ce sont probablement les personnages les plus consternants et les plus pitoyables de cette tragédie, Jean-Pierre Escalettes le premier, sorte de Brejnev sénile aveugle et sourd. Ces dirigeants, aux prébendes d’aparatchiks, se gavant d’avantages en tous genres, n’auront même pas le courage de se regarder dans la glace. Il faut les chasser d’urgence et sans ménagement.

Les Bleus sont morts, vive les Bleus.

Les escalopes saignantes d’Escalettes

Il est à point en ce moment, Jean-Pierre Escalettes, le président de la Fédération française de foot !Roi de la langue de bois à ses heures, rappelez-vous du lendemain de l’Euro 2008 quand il avait déclaré sans rire que Raymond Domenech était confirmé à l’unanimité du bureau de la FFR, le boss du foot français retrouve ces temps-ci une certaine authenticité.

Avec ses accents et sa gestuelle pagnolesques, il me rappelle un peu Marcel Ferrasse ou Jean Sadoul, l’un ayant été le « parrain », pardon le patron, de la FFR dans les années 70 et 80, l’autre le président de la Ligue nationale de football à peu près dans les mêmes années.

En quelques semaines, JPE a mis à fond les pieds dans le plat. J’adore. Il a d’abord en début d’année fait un tour de table public des successeurs possibles de Raymond Domenech. Sans prévenir le sélectionneur ! Sans surprise, il a cité Blanc, Deschamps, Tigana, Wenger, Boghossian… en leur accolant des pourcentages de réussite ! Le fiancé d’Estelle a dû apprécier !

Et puis ces dernières vingt-quatre heures, le bouquet. D’abord à l’Assemblée nationale, pas moins, lors d’une réunion de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, Escalettes s’est lâché : «Il y a des joueurs d’expérience (en équipe de France) comme Toulalan ou Ribéry qui sont des piliers, et puis il y a les nouveaux comme Gourcuff ou Benzema. Il faut faire vivre ensemble des générations différentes. C’est le rôle du coach et des adjoints, mais les footballeurs sont des divas, des gens pas faciles » Ensuite, pour justifier la décision de Domenech de décaler sa liste pour le Mondial au 11 mai, le président a lancé : « Raymond ne voulait pas donner 30 noms et en voir partir certains en hélicoptère lors de la réduction de la liste à 23« . Allusion aux départs précipités, et en hélico façon Tom Cruise, des « déçus » de 2006 le jour où on leur avait annoncé qu’ils n’allaient pas en Allemagne.

Enfin, déclaration venue du cœur ou de la raison, Escalettes n’est pas franchement emballé par une hypothétique présence du PSG en finale de la Coupe de France: «La finale va peut-être poser un vrai problème. Si Paris arrive en finale, c’est sûr, ça va nous poser plus de problèmes que si c’est Quevilly. Pire encore si la finale c’est Lens-Paris, avec l’histoire de la banderole qui reviendrait sur le tapis. Oui, ça nous inquiète».

Le choix précoce du prochain sélectionneur, les divas du foot, les banderoles du PSG, ce qui me plaît surtout dans tout ça, c’est que Jean-Pierre Escalettes est plutôt lucide et franc du collier. Genre Pierre Menès. Et si on intervertissait les rôles !