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Faut-il déjà tailler un costard à Blanc ?

C’est la grande question que se posent ceux qui restent des aficionados de l’équipe de France après Norvège-France : Faut-il tailler un costume à Laurent Blanc dès son premier match en tant que sélectionneur ?

Honnêtement, vu le ridicule du costard porté par le Président sur le bord du terrain et les manquements criants dont ont fait preuve les « babys Blues » à Oslo, Laurent Blanc a toutes les raisons d’être rhabillé pour l’hiver.Sérieusement, le boulot ne va pas manquer au successeur de Domenech. Et il est bien évidemment trop tôt pour tirer des conclusions trop hâtives après une défaite sur le petit terrain de campagne d’Oslo. Trop de petits nouveaux, trop de déchets dus à l’inexpérience et à l’absence de repères collectifs. Et des tas d’autres paramètres post-Afrique du Sud que même un expert comme l’ancien champion du monde ne pouvait maîtriser. Mais on a vu suffisamment d’amorces d’enthousiasme collectif et d’ébauches d’initiatives pour ne pas désespérer à l’avance de l’œuvre de reconstruction de l’homme au complet digne d’un présentateur de foire de province.

Sinon, et par pitié, que l’on accoutre Laurent Blanc d’un manteau de dignité.

Laurent Blanc : Robespierre ou Poincaré ?

Mais que va dire Laurent Blanc, mardi lors de sa première conférence de presse en tant que sélectionneur ? Car, comme toujours depuis que la « communication » est devenue plus importante que les actes, c’est le verbe du « Président » qui sera passé au crible.

Blanc doit commencer sur un champ de ruines…

Une parole qui va prendre un exceptionnel relief compte tenu du contexte. Car l’équipe de France ressemble aujourd’hui à un champ de ruines. Et sa maison-mère, la Fédération française, ne tient plus sur ses fondations. Plus personne, jusqu’à mardi, ne détient la moindre parcelle d’autorité au sein de la maison bleue. Jean-Pierre Escalettes est démissionnaire et ne signe plus que ses notes de frais. Le conseil fédéral est en coma avancé. Roselyne Bachelot et Rama Yade, les tutrices légales du majeur incapable, ne savent pas ce qu’est un hors-jeu…

Depuis l’élimination pitoyable et scandaleuse des Bleus qui a fait de nous la risée du monde entier, aucune décision n’a été prise sauf celle de nommer prochainement – la belle affaire – un successeur, intérimaire, à Escalettes. Aucun responsable n’a osé se mettre en avant. On se planque courageusement dans tous les recoins des prébendes. En attendant que les balles ne sifflent plus. Car, tout de même, des voix critiques se sont fait entendre chez les footeux. Peu et discordantes. Exclusivement celles des fameux anciens de 1998, dont l’unité n’est manifestement plus la même que celle du mémorable 11 juillet. Dugarry, Deschamps et Lizarazu se sont exprimé, sans que l’on décèle, c’est le moins que l’on puisse dire, d’accord de pensée.

Après Thuram et sa solution coup-de-balai, Blanc est sous pression…

Et puis, Lilian Thuram a donné son avis, qui n’a pas, mais pas du tout plu à Dugarry. Il faut, dit celui qui est membre du Conseil fédéral en tant que représentant des sportifs d’élite, faire le ménage, et en grand, surtout du côté des joueurs rebelles et traîtres à la patrie, à laquelle ils auraient au moins du être reconnaissants. L’appel de Thuram, le plus argumenté et le plus « construit » (encore la « Comm' » !), n’est certainement pas un hasard. L’homme est déjà entré en politique (membre du Haut Conseil à l’intégration) et vise clairement des responsabilités dans la reconstruction à venir.C’est précisément au sujet de cette reconstruction, ou non, que Laurent Blanc est attendu. Va-t-il alors en quelque sorte dépasser son rôle de « simple » sélectionneur ? Donnera-t-il son avis sur les errements sud-africains ? Peut-il dire dès mardi qu’il se passera des services d’Evra, Abidal, voire Ribéry, frondeurs présumés dans l’affaire du bus ? Et pour combien de temps ? Annoncera-t-il que Nicolas Anelka est définitivement mis hors jeu ? C’est possible. Puisque les moyens lui sont visiblement donnés et que son aura le lui permet, au moins pendant le traditionnel « état de grâce ». Ce sera alors Blanc-Robespierre, le coupeur de têtes. Osera-t-il ? Ou optera-il pour un panaché, sans exécuter l’ensemble de la troupe, jouant sur les retours de Benzema, Ben Arfa, Nasri… en opérant en quelque sorte à une sélection d’Union nationale à la manière d’un Raymond Poincaré ?

C’est dur le foot-politique…

Domenech était un illusionniste

Je n’en veux pas à Raymond Domenech. On ne peut pas en vouloir à un prestidigitateur de vous avoir fait des tours de magie. Car, de la part du sélectionneur, c’est bien d’illusionnisme dont il faut parler depuis six ans. Et il aurait simplement fallu ne pas l’inviter. Que l’incapable Fédération française de football ne l’invite jamais à ce poste.

Raymond aura finalement su, comme les grands mythomanes, nous faire avaler ce qu’il voulait et ce à quoi il ne croyait même pas. Au fond, la comédie a viré à la tragédie, non pas au soir de l’élimination de jeudi face au Mexique, mais, j’en suis convaincu, au lendemain de la dernière finale de la Coupe du monde.Tout le malaise vient de là. Les Bleus s’étaient hissés à ce niveau par le plus favorable des concours de circonstances. Le dieu Zidane avait bien voulu reprendre ses miracles. Et les Tricolores, derrière leur Moïse, avaient quasiment franchi la mer rouge. Quant à Domenech, alors déjà sur la sellette, il avait parfaitement su tirer parti de l’affaire.

Il avait réussi, par l’effet d’un exploit, dont il lui revenait environ 0,0001 pour cent de responsabilité, à prolonger son contrat de quatre ans comme sélectionneur. Tout à l’esbrouffe, à la « gueule ».

Et depuis quatre ans, Domenech nous a raconté n’importe quoi, nous a fait gober ce qu’il voulait, et a mené l’équipe de France au cimetière des éléphants. Jamais un sélectionneur national n’aura autant provoqué de dépit dans l’opinion francaise, qui a pourtant certainement cru, ou essayé de croire, jusqu’au deuxième but mexicain jeudi soir que l’espoir faisait vivre !

Il faudra un jour décrypter le cas Domenech avec les scanners du cerveau les plus perfectionnés. On y trouvera peut-être la réponse à la question que nous cherchons tous : Qui étiez-vous Raymond Domenech ?

La Coupe du monde, c’est l’angoisse !

Je ne sais pas comment va se passer cette Coupe du monde. Pas plus que je ne sais qui va la gagner.  J’ignore qui en sera la star. Je me demande aussi si l’équipe de France va être digne de son rang de dernière finaliste. Tout ça me travaille le chapeau et en fait, je m’angoisserais presque.Oui, c’est assez idiot, mais il me monte à l’esprit, comme quand j’étais gosse, une sorte de trac de premier communiant avant le grand événement. Mais c’est comme ça, j’ai beau essayer, je ne parviens pas après tant d’années à m’enlever cette boule des tripes, à relativiser, à devenir intelligent, à me ranger à l’avis de mon vieux grand-père qui, dans son sens infini de la pédagogie, me serinait pendant des étés entiers : « Mon pauvre garçon, courir après un ballon, c’est complètement idiot, tu dois t’intéresser à quelque chose de vraiment sérieux ».

Rien n’y a fait. Et, si la passion est un peu plus raisonnée, tous les quatre ans cette satanée Coupe du monde me fait toujours le même effet. En clair, je redeviens un môme et il ne faut surtout pas me priver de dessert. Je veux me rassasier jusqu’au bout. A m’en faire péter la panse. Parce que ça va être, comme toujours, un festin ce Mondial. C’est annoncé partout, dans les journaux, à la télé et sur internet, ce sera génial.Tiens, après tout (énorme mensonge), je ne veux même pas savoir si les Bleus vont se planter, si le Brésil ne tiendra pas ses éternelles promesses ou si Messi sera à la hauteur de sa réputation de meilleur footballeur de la planète. Au vrai, je suis en transes. Je veux déjà être à vendredi 16 heures pour le coup d’envoi entre l’Afrique du Sud et le Mexique. C’est sûr, je vais me calmer…

Platini, Noah, Rives, les tontons flingueurs !

C’est la vie, les anciens – les anciens sportifs, en l’occurrence – ont ce quelque chose en plus que les jeunes ignorent, le vécu. Le privilège de la sagesse en somme. Mais ces anciens n’en font pas toujours profiter les nouvelles générations. Ils jouent en particulier souvent les amnésiques quand il s’agit de lever le voile sur les mauvais côtés de leur passé ou de leur époque. Et se refont une virginité qui les entraîne à un surprenant aveuglement quand il s’agit d’évoquer les travers actuels du sport.

C’est ce qui se produit  notamment quand il s’agit de consultants, privés par contrat et par intérêt à long terme de la possibilité de casser du sucre sur un événement pour lequel leurs patrons ont payé le prix fort. Partant, on n’a jamais entendu un ancien champion du monde ou olympique parler sérieusement à l’antenne de dopage, de corruption, encore moins naturellement d’affaires de mœurs… Ni même, et c’est le plus gênant, de la violence. La plus visible, la plus criante, celle qui nous est servie par des ralentis à longueur de matches. Combien de centaines de fois n’ai-je entendu lors de tacles par derrière les deux pieds décollés à hauteur de tibia un consultant nous livrer avec un art consommé de la litote : « Ah oui, untel était très en retard sur cette intervention… », au lieu d’un « C’est un scandale, untel mériterait dix matches de suspension ».

L’autre catégorie d’anciens est celle des champions dont les liens avec le système sont soit ténus soit inexistants. Ou dont l’aura est telle qu’aucun propos ne peut la décrépir, si salé soit-il. Et ces derniers temps, on a vu et lu de jolis contre-exemples de la mémoire sélective. Les médias ont cru bon d’aller à la pêche aux déclarations choc. A croire que les réponses au malaise existentiel du sport d’aujourd’hui passent par l’expertise des vedettes de naguère. Ou alors, ces grands anciens ont-ils simplement encore l’envie d’exister, quitte à remuer un peu de boue. En tout cas, avec Michel Platini, Jean-Pierre Rives et Yannick Noah on n’a pas été déçus. La langue de bois n’a il est vrai jamais été tellement leur truc.

Mais là…C’est Michel Platini qui a tiré le premier sur le sujet très en vogue de l’équipe de France. De son fauteuil de président de l’UEFA, duquel il ne semble pas détrônable avant un moment, l’ancien capitaine des Bleus en profite pour livrer ses vérités au JDD. Pas tellement sur le plan sportif : « La grande question, c’est : est-ce que le footballeur, ou le sportif, doit être un modèle? Il n’est pas facile d’y répondre. Qu’un mec aille se taper une pute qui était mineure -et sans le savoir, je pense- c’est son affaire. Le problème, c’est avec sa femme. De mon temps, il y avait plus de journalistes que de joueurs qui allaient aux putes« . Au moins, c’est dit…Sur le même chapitre tabou, Yannick Noah s’est montré dans les colonnes du Parisien aussi franc que Platoche : « Si je sortais des tiroirs toutes mes histoires, je serais mort. A un moment, il faut être un peu solidaires, tu ne laisses pas un mec se faire lyncher comme ça parce qu’il est allé voir un tapin. » Au plan purement sportif, l’ancien vainqueur de Roland-Garros a en outre taillé le plus beau costard de l’année aux Bleus et à leur patron: « Moi, je crois surtout que c’est cette équipe qui n’aime pas le public. On ne peut pas demander aux gens d’aimer une équipe alors que celle-ci ne donne rien, rien. A commencer par son porte-parole, Raymond Domenech, qui est un mec plein de qualités mais qui n’aime pas le public« . Du brutal !

Enfin, Jean-Pierre Rives n’a pas mégoté lui non plus dans l’anathème. Revenant sur l’affaire Pierre Berbizier, le grand blond s’en est pris violemment à l’entraîneur du Racing-Métro qui s’en était pris vertement aux arbitres à l’issue de la défaite de son club, le Racing-Métro 92 lors du barrage de Top 14 contre Clermont : « Je trouve les propos de Pierre Berbizier déplacés et même franchement minables. On n’a pas le droit d’insulter les gens comme il le fait… [Le Racing] est en droit d’attendre une autre promotion que les propos insultants d’un coach qui voit des complots partout, est fâché avec la terre entière, mais qui souffre surtout d’un problème avec lui-même. Quand on veut monter au mât de cocagne, il faut avoir le cul propre… Et pour un type qui veut donner des leçons de morale à tout le monde, je trouve son comportement extrêmement grave. »

Moi je dis, on aimerait entendre ça plus souvent. Un peu de bruit peut déboucher les oreilles. Comme dans les tontons flingueurs…