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Saint-André, on en rêve…

En ce moment, tout me stresse. La météo, les news, Mourinho, c’est pas folichon comme remontants. Et ces vingt jours qui nous séparent du coup d’envoi de la Coupe du monde n’arrangent rien. Ne serait-ce que penser une minute au match des Bleus contre les Blacks au premier tour me fait flipper. Mon toubib me dit « Allez, détendez-vous, faites de l’exercice…  » Il est gentil, mon doc, mais j’ai envie de tout sauf de prendre le grand air, qui est de toute façon pollué à mort. Et j’ai beau tourner le problème dans tous les sens, je vais sans doute devoir le reconsulter, lui ou l’un de mes autres Diafoirus le 24 septembre prochain vers midi.

Parce que le Quinze de France, selon mes prévisions les moins pessimistes, va ce jour-là – ou plutôt ce matin-là – m’amener au-delà du stade de la gamberge, très probablement même vers la dépression. C’est affreux ce sentiment. Je m’en voudrais presque de noircir le tableau à ce point. Noir comme les All Blacks, que je crains de voir marcher sur ces pauvres Bleus, les renversant comme des quilles et les faisant passer d’un coup de l’Eden Park à l’Enfer…

Je fais un rêve (délire) : avant la finale, Philippe Saint-André chante la Marseillaise…

Mais aujourd’hui, je viens d’apprendre une nouvelle qui m’a fait oublier de prendre mon Lexomyl. Philippe Saint-André est officiellement (ou quasiment) le prochain entraîneur de l’équipe de France. Roboratif, enfin ! Ma tête va mieux. Et mes idées tournent moins en rond. De curieuses m’en viennent, jusqu’aux plus folles… Et si, et si, le Goret partait avec ses futurs protégés, dans le même avion qu’eux pour le Mondial ? Avec Marc Lièvremont ! Non, je suis fou, c’est sûr, c’est mon délire obsessionnel qui me reprend ! Mais quand on délire, la fièvre ne disparaît pas d’un coup de baguette magique… Bon, Saint-André accompagne les Bleus, il leur parle, les jauge, les conseille, comme ça pour prendre la température… Les Bleus, avec « PSA » dans les tribunes, sont battus avec les honneurs par la Nouvelle-Zélande en match de poules… Quart de finale contre l’Angleterre, victoire par k.-o, demi-finale contre l’Australie remportée par des Bleus en éruption, finale et revanche face aux Blacks… Philippe Saint-André chante la Marseillaise sur le banc de touche de l’équipe de France…

… Bon, là c’est de la démence…  Allo, docteur…

Bleus, une défaite fondatrice…

Il y a des matches et des défaites plus significatives que d’autres. Celle (0-1) de l’équipe de France contre la Biélorussie en fait clairement partie. La France ne fait définitivement plus partie du gotha européen et encore moins mondial. On s’en doutait, on le savait sans se l’avouer. La qualification pour le Mondial n’a été qu’un trompe-l’œil et la suite n’a fait que confirmer tout ce qui ressemblait à une évidence.

Il ne faut plus jeter de pierres. Les Bleus ne sont aujourd’hui que ce qu’ils sont. C’est à dire une équipe qui fait ce qu’elle peut. Pas beaucoup bien sûr, mais au moins elle ne trompe personne et ne se prend pas pour une autre. Ce qui est déjà pas mal quand on se souvient de l’arrogance et des impostures dont nous avons été bassinés sous l’ère précédente.

Alors, ne nous berçons plus d’illusions. Il ne faut même plus se fixer d’objectifs irréalistes compte tenu des joueurs dont dispose Laurent Blanc. Continuer d’affirmer que la qualification pour le prochain Championnat d’Europe resterait possible serait à mon avis vide de sens. Le successeur de Raymond Domenech a eu l’intelligence dès la défaite consommée de ne pas en parler. Chaque chose en son temps. Il semble maintenant plus urgent de rebâtir. Plus exactement de bâtir. Car, soyons francs, il n’y a plus de fondations. La Biélorussie a fini de nous le démontrer après la Norvège il y a trois semaines, le Mexique, l’Afrique du Sud, l’Uruguay il y a trois mois, la Chine…

Est-il d’ailleurs injurieux de taxer cette nouvelle génération de joueurs français de moins géniale, de plus quelconque que celles de Platini ou de Zidane ? Il n’était pas pensable que les titres de gloire s’accumulent éternellement, que les talents se suivent et se ressemblent sans période de sécheresse.Blanc aura finalement plus de temps qu’il ne le croyait. Dans les deux années qui viennent, si le découragement ne l’emporte pas, l’important sera pour le « Président » d’essayer plutôt que de s’illusionner. De mettre et de remettre le métier sur l’ouvrage. L’Allemagne, la grande Allemagne, a mis six ans pour réédifier sa Mannschaft. Les Diaby, Rami, Ménes, Hoarau, Rémy, Gameiro ou M’Vila ne sont sans doute pas les meilleurs joueurs du monde. Il ne tient qu’à eux, non pas de le devenir, mais au moins de vouloir sans relâche s’améliorer. Et tant pis si ce ne sont pas eux qui feront l’équipe de France de demain. La période actuelle a un mérite, un seul, les places à prendre sont légion, c’est le moins que l’on puisse dire.

La France, du sublime au ridicule

On aurait envie de hurler. De rage, de désespoir, d’abattement. La France, cette belle, cette sublime équipe de France qui s’était magnifiquement offert il y a une semaine à peine l’Espagne, championne du monde en titre, au premier match de ce Mondial, est inexplicablement retombée là où elle peut malheureusement parfois se retrouver, dans le ridicule. Et de l’un à l’autre, comme disait Napoléon qui s’y connaissait en gloire et en déchéance, il n’y a qu’un pas, que les Tricolores ont allégrement franchi ce jeudi.

Face aux Néo-Zélandais, les Bleus devaient gagner ou perdre de moins de douze points pour s’assurer un huitième de finale « jouable » contre la Russie. Manifestement, les Tricolores ne voulaient pas la victoire. C’était un choix. Une option que certains s’autorisent dans ce genre de situation dans les grands Championnats, comme les Grecs contre la Russie le même jour, pour éviter tel ou tel adversaire en match couperet. Mais la France ne sait pas réaliser ce genre de numéro de cirque. Dans son cas, c’est tout ou rien. Les Français ont joué toute la seconde période avec le feu, flirtant en permanence avec ce déficit limite de onze points. Et comment tout cela a fini, me direz-vous ? Par la brûlure, au deuxième degré, une défaite de… douze points, évidemment… Si ce n’était affligeant, ce serait au moins risible. Il faut dire que tant de précision dans le grotesque…

Ou comment se tirer une balle dans le pied…

Les hommes de Vincent Collet ont donc réussi à se tirer absolument tout seuls, sans l’aide de personne, une telle balle dans le pied que la sanction inéluctable leur tombera sans aucun doute dessus dimanche. Puisqu’ils auront le sympathique privilège d’affronter le pire des adversaires à Istanbul, la Turquie, quasiment imbattable sur son sol.Contre les « Tall Blacks », le surnom donné à cette équipe de Nouvelle-Zélande en référence aux fameux rugbymen du même pays, les Bleus ont tout simplement fourni une prestation indigne de leur rang. Oubliant toutes les valeurs du jeu et ne respectant pas même un adversaire, qui leur a en retour infligé une, je l’espère, leçon d’humilité. La dernière minute du match a été à elle seule symptomatique. Voir Nicolas Batum, alors que la situation restait à peu près confortable (déficit de sept points) commettre une faute de cadet coûtant un panier à trois points et un lancer-franc supplémentaire laisse pantois. Comment un garçon rompu toute l’année aux joutes NBA peut s’être laissé aller à une bourde pareille ? Je ne vous parlerai pas de ses coéquipiers, Diaw, Gelabale ou Pietrus, tous aussi affligeants que soi-disant galonnés.

Fassent que ces basketteurs français n’aient pas perdu davantage qu’un match, leur honneur.

Les Bleus : noir c’est noir…

Sale journée pour les Bleus ! On nous révèle ce matin que les champions du monde de 98, nos champions du monde, auraient fait l’objet d’analyses de sang suspectes à l’époque de leur triomphe en France. Le vilain rapporteur, c’est Jean-Pierre Paclet, médecin des équipes de France Espoirs et de la grande de 1993 à 2008. Le docteur ajoute dans son bouquin « L’implosion », à paraître demain, pas mal de révélations propres à le faire écouler à flot dans les bonnes librairies. Pour Domenech, qui en prend déjà pour son grade dans le livre, c’est un mercredi tendu, son licenciement est en cours avec deux millions d’euros en jeu… Enfin, Laurent Blanc doit résoudre des équations à multiples inconnues.

C’est grave, docteur ?

Difficile de faire la part des choses dans des propos pour le moins invérifiables, en ce qui concerne notamment les soupçons de dopage, les faits remontant à douze ans. Des bruits avaient souvent couru à ce sujet, renforcés par le procès de la Juventus où évoluaient Didier Deschamps et Zinedine Zidane. Mais il est évident que la vérité ne sera jamais connue, aucune preuve ne pouvant être établie puisque les contrôles en football à l’époque étaient de véritables plaisanteries médicales et que les résultats de ces analyses sont aujourd’hui probablement réduits en poussière. Et je vois mal les héros de 1998 nous confier un jour qu’ils marchaient à l’EPO.

L’ex-médecin des Bleus « soigne » Domenech à sa façon…

Paclet ajoute d’autres éléments croustillants ou pathétiques, selon le degré d’appréciation. Le toubib en veut clairement à Raymond Domenech, qu’il « assassine ». Il affirme d’abord que le sélectionneur lui aurait enjoint de remettre Patrick Vieira debout avant l’Euro 2008 en lui administrant un traitement de cheval, de l’Actovegin. Ce que le praticien aurait refusé nettement de faire. Ou, entre autres reproches à l’acide, que Domenech était en fait une sorte de mythomane, un escroc de la parole, lui prêtant en résumé les pires défauts de la terre. Là, j’ai tendance à prêter foi à Paclet.Mais si c’était tout pour les Bleus. Non, la journée est décidément bleu foncée, voire bleu nuit. Ce pauvre Domenech, encore et toujours lui, va devoir batailler pour toucher ses indemnités. Car, plus de doute, on veut foutre à la porte celui qui fait encore partie de la maison FFF en tant que DTN. Sa présence fait trop tâche au sein d’une Fédération à l’image déjà bien écornée. On va donc assister dans les semaines ou mois à venir à un traditionnel bras de fer entre un employeur et un employé, un chèque vous vous en doutez, étant l’enjeu exclusif de l’affaire. Çà doit fumer dans les bureaux des avocats des deux parties.

Blanc passe par toutes les couleurs !

Et enfin, Laurent Blanc (lui-même ancien champion du monde 1998 et donc dans le viseur de la mauvaise langue sus-citée) le successeur de Domenech, en proie aux maux en tous genres, surtout les maux de tête, depuis son début de mandat, doit composer avec la situation abracadabrantesque post-Mondial. Les suspendus lui manquent, les non-suspendus (Ben Arfa ou Nasri) lui pètent dans les doigts, les possibles suspendus (Benzema) font la sieste (au Real). Le dernier mot traduisant ses problèmes du moment lui revient : Ces joueurs (ceux de la nouvelle génération) « ne sont plus habitués à ce qu’on leur dise non », et « si vous leur dîtes non, (…) vous regardent comme si vous êtes un ennemi ».Bon, on n’est pas sortis de l’auberge française…

Anelka ou le misanthrope paranoïaque

Ses dix-huit matches de suspension d’équipe de France l’ont laissé « mort de rire ». Pas mort de honte. Il parle de « clowns » au sujet de ses censeurs, il ne dit rien sur ses errements. Dans France-Soir, aujourd’hui comme hier et depuis des années, Nicolas Anelka me fait penser à ces accusés qui dénient toute légitimité à leurs juges. Et qui leur hurle : « Mais qui êtes-vous, manants, pour me juger ? Vous ne savez même pas qui je suis. »

Anelka ne sait sans doute pas lui-même qui il est ni ce qu’on lui reproche

Nicolas Anelka ne sait sans doute pas vraiment qui il est, ni ce qu’il a fait. Et donc encore moins pourquoi on le punit. Alors, comme grand nombre d’incompris qui ne comprennent rien, il ne lui reste que l’instinct de révolte contre le genre humain, réduit dans l’instant à ses accusateurs, et la posture vieille comme l’humanité de la paranoïa.Et comme à chaque fois qu’il se retrouve attaqué pour ses égarements, il retourne les flèches à l’envoyeur, puis parfois dans n’importe quelle direction. Tous ses entraîneurs ou presque ont eu maille à partir avec lui, Del Bosque, Ricardo, Fernandez, Houllier, Santini («Il faudra qu’il s’agenouille…»), Lemerre, Domenech… sans parler de ses dirigeants au PSG, à Madrid, à Arsenal (« Anelka a bafoué toutes les règles du football anglais et a montré un manque de respect total. Il a laissé une cicatrice importante dans le football anglais», disait de lui David Dein, le vice-président des Gunners avant le transfert au Real) ou ailleurs, et enfin des supporters. Et toujours, il s’est posé en mal-aimé, en victime expiatoire.Mais derrière Anelka, il y a aussi ses deux frères (ainsi qu’un agent), beaucoup plus avisés que leur frangin dont ils ont habilement tiré tous les bénéfices pécuniaires depuis plus de dix ans, extirpant à chaque transfert le maximum de commissions. C’est peu de dire que l’actuel attaquant de Chelsea ne serait rien sans le travail du trio de cerveaux qui tentent, habilement malgré la difficulté, de brider leur cheval fou. Car, le génie de ces hommes de l’ombre est d’avoir toujours su faire renaître leur Phénix. Mais à trente et un ans, l’oiseau a peut-être désormais les ailes un peu lourdes…