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Bleus, dites-nous des mots d’amour…

Avec tous ces sondages sur la cote de l’équipe de France de foot, dont le dernier qui en fait une sorte de dernier de classe internationale, j’avoue que je ne sais plus trop où j’en suis. Je me pose sérieusement la question. Est-ce que j’aime les Bleus ? Ou plutôt, est-ce que j’aime – encore – les Bleus ?

Parce que, oui, je les ai aimés. Je dis bien, je les ai aimés, les Bleus d’avant. Mais est-ce que je les aime ceux-là, ceux de maintenant, ceux qui vont en Afrique du Sud, en passant par Tignes ? Heu… Comme élément de réponse, je dis qu’ils m’énervent déjà.

C’est vrai, ils m’irritent, quoi ! J’en ai vu deux arriver en hélicoptère au stage. On leur avait pas dit que les arrivées en hélico, ça… comment dire… ça craint, oui ça craint. D’autant plus qu’on leur portait leurs bagages… des valoches Louis-Vuitton, si j’ai bien vu,… Non, mais franchement, les gars, la simplicité ne vous étouffe pas ces derniers temps…

Et puis, les footings de Gallas, tout seul comme un pauvre malheureux, depuis trois jours en boucle à la télé… Et en plus, il fait une tronche le William ! On dirait qu’il n’a plus que quelques jours à vivre !

Et puis, il y a eu la première conférence de presse de Raymond… Là, je préfère ne rien dire… Mes névralgies me reprennent. Et celle de Patrice Evra, alors-là, tout pour plaire. Selon lui, on n’aurait même pas le droit de critiquer les Bleus. Tout simplement parce que, et c’est d’après lui l’évidence des évidences, ils y vont « pour la gagner ».

Nous, les supporters de base, on veut bien vous croire. Mais il faudrait que vous reconnaissiez quand même, vous les joueurs, que vous avez fait le nécessaire depuis des mois et des mois pour que ce soit le contraire dont on soit persuadé.

Non, chers Bleus de France, il faut vous réveiller. Prendre conscience que l’amour, ça peut faire du yoyo, ça peut même s’envoler. Et que vous sachiez qu’on vous aimera de nouveau si vous y mettez à nouveau du vôtre. Il vous faut aussi un peu sourire, vous avez tous des têtes d’enterrement ! Alors, je ne sais pas, moi, dites-nous déjà que vous nous aimez…

Domenech fait toujours l’unanimité… contre lui !

Et encore du Raymond dans le texte. Le journal de 20h de TF1 a rendu son verdict, ubuesque, conforme à la personnalité du principal intéressé, sélectionneur des Bleus et personnage au fonctionnement décidément inexplicable.

Domenech a annoncé une liste de… 30 noms. Alors que depuis des semaines, il avait indiqué qu’il en dévoilerait 23. Comme d’ailleurs tous ses collègues entraîneurs étrangers. Raymond ne veut, ne peut donc rien faire comme tout le monde. Il y aura sept déçus le 1er juin. Sept rancœurs. La leçon de 2006 n’aura servi à rien. Mystère insondable… Ah, si peut-être un peu, cette fois Raymond n’aura plus à rien à expliquer dans deux mois, ni excuses à fournir à quiconque…

Comme prévu, les questions de Laurence Ferrari posées à son invité et préparées avec soin par son service des sports, ont été d’une platitude sans nom. Sourire enjôleur plaqué sur le visage de la présentatrice. Mais comme on ne se refait pas, Raymond a quand même trouvé le moyen de s’offusquer faussement une ou deux fois, histoire de faire mousser son ego ainsi que l’audimat. Sur la question de la cote d’amour « un peu en baisse » (traduire: en chute libre) des Bleus, notamment, il a rétorqué sans rire que toutes ses rencontres avec les jeunes sur tous les terrains de France lui démontraient le contraire. Sacré Raymond !

Pour le contenu, Domenech n’a pas appelé Patrick Vieira. Rien à redire sur le plan sportif. Sur le plan moral, c’est une autre histoire. Vieira l’a avoué sur Canal +, Domenech ne l’a même pas contacté pour lui signifier en personne sa mise à l’écart. Ce qui aurait été la moindre des choses eu égard, au moins, aux services – immenses – rendus par l’ancien capitaine de l’équipe de France. Sur le même plateau des « Spécialistes », Aimé Jacquet a expliqué qu’il avait pris peine de prendre l’avion en 1996 pour faire part de sa décision à Eric Cantona. Que Mémé fasse état de ce genre de confession, et l’on mesurera l’estime qu’il porte à son successeur… Jacques Santini, sur le même plateau, a d’ailleurs enfoncé le clou en rappelant le même genre d’anecdote à l’égard de Marcel Desailly. C’est ce qu’on appelle faire l’unanimité contre soi.

Autres sélectionneurs, autres temps, autres mœurs…

Platini et le »problème Raymond »

Certes, ce n’est pas au niveau du trottoir comme cela avait été le cas lors du fameux « sac à merde » d’Eric Cantona lancé à l’adresse d’Henri Michel. Mais le « Il y a un problème Raymond » jeté devant la presse hier par Michel Platini au sujet du sélectionneur actuel des Bleus me parait, si j’ose dire, tout autant riche de sens.A l’image du laconique mais si significatif « Allo Houston, nous avons un problème » des astronautes d’Apollo XIII, le mini-message du président de l’UEFA exprime en réalité un danger imminent. Comme pour la mission lunaire, il s’agit bien d’un avertissement concernant un dégât structurel, pouvant entraîner une perte définitive.Car pour Platini, il ne s’agit visiblement plus d’épiphénomènes. L’équipe de France  se trouve selon lui en bien vilaine santé. Touchée aux organes vitaux. Et le coeur d’une sélection, c’est son entraîneur en chef. Pour la première fois, Platoche désigne Domenech comme le responsable direct de la déconfiture du jeu des Bleus. Domenech, l’homme. C’est  ‘ »un problème de personnalité, pas de technicien« , balance-t-il. Aïe. Aïe pour Raymond surtout. Qui en prend grave pour son grade et notamment à cause de son dérapage digne des écervelés de la Star Academy  « il a été nul avec cette annonce (demande en mariage à Estelle)… il a fait une connerie« ). Bien sûr, ce n’est pas la première fois que Raymond est pris à partie par du gros poisson. On avait entendu les très gentilles Rama Yade et Roselyne Bachelot dire ce qu’elles pensaient de l’impétrant, assez virilement d’ailleurs.Mais ce coup-ci, c’est Platini qui parle. Une épée, un cador du foot. Qui tempère un tantinet son ire quand il reconnaît avoir pendant un temps défendu Domenech: « J’étais favorable à son maintien car les transitions doivent se faire en douceur, comme entre Michel Hidalgo et Henri Michel par exemple. Les seconds étaient déjà presque dans le groupe, tout était prévu« . Bon, on a compris, le grand Michel en est revenu, Raymond n’est plus selon lui de saison. Les Bleus non plus: « Il y a de bonnes individualités dans ce groupe, mais il n’y a pas de grande individualité, assène-t-il. Je pense tout simplement que la France a perdu une grande génération« . Le coup de grâce !Que les dieux du foot puissent éviter à Raymond Domenech de subir le sort de Napoléon, décrit par Victor Hugo:Mes soldats morts,Moi vaincu ! mon empire est brisé comme verre.Est-ce le châtiment cette fois, Dieu sévère ?

Lettre à Raymond Domenech

Monsieur,Je me permets de vous adresser ce mot après avoir vu hier soir à la télévision, sur Canal +, dans l’émission « Face au public ».Car je ne peux résister à l’envie de réagir. Non pas spécialement à vos propos qui furent faussement polis et, je vous l’avoue, joliment lénifiants, mais plus sur le fond de votre intervention.C’est bien un nouveau genre que vous avez inauguré en répondant publiquement aux questions de quelques Français. On n’avait jamais en effet osé dans l’histoire de la télévision laisser en quasi-liberté un acteur majeur du monde sportif répondre à un parterre de personnes non titulaires d’une carte de presse. La tentative était louable par la chaîne cryptée d’imiter ce qui a été fait dans le monde politique. Pourquoi pas ? Moi, je pose la question: pourquoi ?Un plan « Comm » ? Sûrement un peu. Votre retard dans les sondages (ou plutôt votre cote d’amour auprès du public), comme on dirait avant des élections, est tel, que vous n’aviez pas grand chose à perdre. Je crois plus sûrement, et c’est le moment où vous avez été le plus sincère (le moins langue de bois…) hier, que vous adorez ce genre d’exercice. C’est plus fort que vous. Il vous faut parler, faire de l’œil, séduire. Exactement comme un candidat à la présidentielle. Mais, Monsieur Domenech, la langue de bois, que dis-je, de béton, est repérable depuis des dizaines d’années par n’importe quel téléspectateur, même pas averti.Sur les sujets concernant Thierry Henry, Nicolas Anelka, ou votre démission, personne n’a cru un instant vos explications. C’est la même antienne depuis six ans. Vous vous donnez raison contre les évidences. Vous êtes critiqué par une bonne partie de vos employeurs (la Fédération), d’au moins la moitié de vos joueurs, de la totalité du public et des médias, mais vous restez droit et figé dans vos bottes. C’est admirable de votre part, je vous l’accorde. Mais c’est mortifère. Pour vous et surtout pour les Bleus. Qui représentent, qu’on le veuille ou non, un centre d’intérêt incontournable pour les Français à qui, n’en déplaise aux intellectuels railleurs, ils vont jusqu’à procurer de temps en temps du plaisir. A cet égard, je pense que vous en conviendrez, nous sommes loin du compte.Je suis persuadé que vous savez tout ça. Vous avez prouvé votre lucidité en de rares occasions en activant la marche arrière au moment vraiment critique (semblant de mea-culpa après l’Euro 2008, par exemple). Mais, et je vais être cruel, c’était pour ne pas être « viré » de votre poste et pas pour le « bien de l’équipe de France », comme vous l’avez déclaré hier.A l’image des personnages politiques non rééligibles, puisque votre mandat ne sera pas reconduit après la prochaine Coupe du monde, vous êtes dans la position de celui qui cherche à partir la tête haute. Honneur à vous. Mais étalez-donc votre jeu comme au poker qui vous plaît tant. Ne bluffez plus.En attendant que vous rameniez la Coupe du monde au pays, je vous prie de croire, Monsieur Domenech…

Les escalopes saignantes d’Escalettes

Il est à point en ce moment, Jean-Pierre Escalettes, le président de la Fédération française de foot !Roi de la langue de bois à ses heures, rappelez-vous du lendemain de l’Euro 2008 quand il avait déclaré sans rire que Raymond Domenech était confirmé à l’unanimité du bureau de la FFR, le boss du foot français retrouve ces temps-ci une certaine authenticité.

Avec ses accents et sa gestuelle pagnolesques, il me rappelle un peu Marcel Ferrasse ou Jean Sadoul, l’un ayant été le « parrain », pardon le patron, de la FFR dans les années 70 et 80, l’autre le président de la Ligue nationale de football à peu près dans les mêmes années.

En quelques semaines, JPE a mis à fond les pieds dans le plat. J’adore. Il a d’abord en début d’année fait un tour de table public des successeurs possibles de Raymond Domenech. Sans prévenir le sélectionneur ! Sans surprise, il a cité Blanc, Deschamps, Tigana, Wenger, Boghossian… en leur accolant des pourcentages de réussite ! Le fiancé d’Estelle a dû apprécier !

Et puis ces dernières vingt-quatre heures, le bouquet. D’abord à l’Assemblée nationale, pas moins, lors d’une réunion de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, Escalettes s’est lâché : «Il y a des joueurs d’expérience (en équipe de France) comme Toulalan ou Ribéry qui sont des piliers, et puis il y a les nouveaux comme Gourcuff ou Benzema. Il faut faire vivre ensemble des générations différentes. C’est le rôle du coach et des adjoints, mais les footballeurs sont des divas, des gens pas faciles » Ensuite, pour justifier la décision de Domenech de décaler sa liste pour le Mondial au 11 mai, le président a lancé : « Raymond ne voulait pas donner 30 noms et en voir partir certains en hélicoptère lors de la réduction de la liste à 23« . Allusion aux départs précipités, et en hélico façon Tom Cruise, des « déçus » de 2006 le jour où on leur avait annoncé qu’ils n’allaient pas en Allemagne.

Enfin, déclaration venue du cœur ou de la raison, Escalettes n’est pas franchement emballé par une hypothétique présence du PSG en finale de la Coupe de France: «La finale va peut-être poser un vrai problème. Si Paris arrive en finale, c’est sûr, ça va nous poser plus de problèmes que si c’est Quevilly. Pire encore si la finale c’est Lens-Paris, avec l’histoire de la banderole qui reviendrait sur le tapis. Oui, ça nous inquiète».

Le choix précoce du prochain sélectionneur, les divas du foot, les banderoles du PSG, ce qui me plaît surtout dans tout ça, c’est que Jean-Pierre Escalettes est plutôt lucide et franc du collier. Genre Pierre Menès. Et si on intervertissait les rôles !