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Diaw, Batum, Gelabale : l’Enfer, c’est vous…

Que j’aimerais voir nos Bleus gagner quelque chose un jour. Ou qu’au moins ils meurent sans regrets. Tant de promesses, tant de flammes, tant de coins de ciels bleus évanouis dans les limbes du néant depuis des années et des années… c’est comme si l’on nous condamnait, et eux les premiers, à l’Enfer éternel !

Mais quand je vois comme dans leur match contre l’Italie nos grands coqs revenir du diable et l’emporter avec un si  – éphémère – beau déchaînement de force, de félinité et de talent réunis, je ne crains plus Lucifer. Eux-non plus sans doute, les Boris Diaw, Nicolas Batum ou Mickael Gelabale, ces incroyables artistes des raquettes. Ils ne peuvent pas ne pas avoir conscience de leur potentiel, c’est impossible. Même un enfant surdoué se contemple dans le miroir. Mais comment les convaincre totalement, définitivement, qu’ils sont capables d’enfanter un chef d’oeuvre, un seul ?

Sans Parker, les apôtres Diaw, Batum et Gelabale mettent du temps pour trouver le chemin du ciel…

Ce dimanche, l’équipe de France a mis trois fois dix minutes pour comprendre que Tony Parker son soliste de génie, son Michel-Ange, avait pour une fois l’inspiration en berne. Sans le soleil, on n’aperçoit que des ombres effrayantes. Trois quart-temps de cogitation, de tergiversation, d’approximation… Et me voilà qui replonge dans la Divine Comédie et les affreux gardiens de l’Enfer, Belinelli, Bargnani, Galinelli, des monstres à flèches venimeuses…

… Et Diaw, Batum, Gelabale ou même leurs photocopies, Pietrus, Traoré ou l’improbable Tchicamboud, sont enfin sortis de leur peau dans le dernier quart-temps. Que leur dire pour qu’ils brisent maintenant toutes leurs chaînes, qu’ils trouvent le chemin de leur Purgatoire ?… Peut-être leur souffler que l’Enfer, c’est eux…

 

La France, du sublime au ridicule

On aurait envie de hurler. De rage, de désespoir, d’abattement. La France, cette belle, cette sublime équipe de France qui s’était magnifiquement offert il y a une semaine à peine l’Espagne, championne du monde en titre, au premier match de ce Mondial, est inexplicablement retombée là où elle peut malheureusement parfois se retrouver, dans le ridicule. Et de l’un à l’autre, comme disait Napoléon qui s’y connaissait en gloire et en déchéance, il n’y a qu’un pas, que les Tricolores ont allégrement franchi ce jeudi.

Face aux Néo-Zélandais, les Bleus devaient gagner ou perdre de moins de douze points pour s’assurer un huitième de finale « jouable » contre la Russie. Manifestement, les Tricolores ne voulaient pas la victoire. C’était un choix. Une option que certains s’autorisent dans ce genre de situation dans les grands Championnats, comme les Grecs contre la Russie le même jour, pour éviter tel ou tel adversaire en match couperet. Mais la France ne sait pas réaliser ce genre de numéro de cirque. Dans son cas, c’est tout ou rien. Les Français ont joué toute la seconde période avec le feu, flirtant en permanence avec ce déficit limite de onze points. Et comment tout cela a fini, me direz-vous ? Par la brûlure, au deuxième degré, une défaite de… douze points, évidemment… Si ce n’était affligeant, ce serait au moins risible. Il faut dire que tant de précision dans le grotesque…

Ou comment se tirer une balle dans le pied…

Les hommes de Vincent Collet ont donc réussi à se tirer absolument tout seuls, sans l’aide de personne, une telle balle dans le pied que la sanction inéluctable leur tombera sans aucun doute dessus dimanche. Puisqu’ils auront le sympathique privilège d’affronter le pire des adversaires à Istanbul, la Turquie, quasiment imbattable sur son sol.Contre les « Tall Blacks », le surnom donné à cette équipe de Nouvelle-Zélande en référence aux fameux rugbymen du même pays, les Bleus ont tout simplement fourni une prestation indigne de leur rang. Oubliant toutes les valeurs du jeu et ne respectant pas même un adversaire, qui leur a en retour infligé une, je l’espère, leçon d’humilité. La dernière minute du match a été à elle seule symptomatique. Voir Nicolas Batum, alors que la situation restait à peu près confortable (déficit de sept points) commettre une faute de cadet coûtant un panier à trois points et un lancer-franc supplémentaire laisse pantois. Comment un garçon rompu toute l’année aux joutes NBA peut s’être laissé aller à une bourde pareille ? Je ne vous parlerai pas de ses coéquipiers, Diaw, Gelabale ou Pietrus, tous aussi affligeants que soi-disant galonnés.

Fassent que ces basketteurs français n’aient pas perdu davantage qu’un match, leur honneur.