Archives du mot-clé deschamps

OM-PSG, qu’est-ce qu’ils se mettent… entre eux !

Avant c’était bien. Paris tapait sur Marseille qui lui rendait consciencieusement les coups, francs ou tordus peu importe, l’essentiel était d’envoyer l’adversaire dans les cordes.

C’était le bon temps, ça ne l’est plus. Il faut évoluer, innover, surtout à l’imminence du bon vieux Clasico, dimanche au Vélodrome. Et l’OM et le PSG ont trouvé, en presque parfaite concomitance, une solution d’avenir pour faire le buzz. Désormais, ils se cognent dessus, mais entre eux !

A Marseille et au PSG, on réinvente le Clasico. On se tape d’abord dessus… entre coéquipiers !

Hier, à 900 km de distance, deux Parisiens et deux Marseillais ont eu exactement la même idée pendant leur journée d’entraînement respective. Ouvrir la boite à claques sur un petit camarade. André-Pierre Gignac et Didier Deschamps d’un côté et Mathieu Bodmer et Nene de l’autre se sont envoyés des noms d’oiseau à la gueule. Dans le deuxième cas, des bonnes âmes ont même du s’interposer pour éviter une castagne… A se demander, si à ce rythme il va rester assez de combattants valides dans chaque camp avant le match, le vrai…

C’est la nouvelle guerre psychologique, dira-t-on. On ne se prépare plus à déstabiliser l’adversaire mais à rabaisser au maximum le niveau de cohésion dans ses propres rangs. Une technique particulière et tout à fait expérimentale, d’après les spécialistes, qui consisterait à se vaincre soi-même avant un match pour mieux en apprécier les effets…

 

Deschamps, c’était Calimero !

Il faisait la gueule Didier Deschamps juste après la défaite (1-2) de l’OM face à Caen au Vélodrome dès la première journée de Ligue 1. L’échec face au promu l’avait rendu nettement moins souriant que lors de la traversée triomphale de la Canebière il y a seulement trois mois.

Deschamps, roi du message subliminal

Malin, la « Dèche ». Vingt ans de pratique des micros et de messages subliminaux. Pas de noms, pas de fautifs pointés du doigt, mais des allusions si criantes que Mamadou Niang, Hatem Ben Arfa et Jean-Claude Dassier ont eu les oreilles bleuies par les sifflements. »L’OM n’a pas les moyens de ses ambitions, et l’ambiance n’est pas géniale vu tout ce qui se passe« , s’est écrié le coach au micro de Canal. « Je vais devoir faire avec ce que j’ai, mais bon…« , a-t-il ajouté dans un gémissement plaintif. En creux, son président ne veut pas acheter du neuf et les vedettes du cru ne pensent pas trop à se décarcasser pour le club phocéen mais plutôt à partir sous des cieux plus favorables à leurs placements financiers.

L’argent ne pousse pas ces temps-ci dans le foot français

Et comme Deschamps, c’est Deschamps, et que l’on ne lui refusera rien ou pas grand chose, je ne serais pas étonné que Dassier retoque ses schémas. Mais, et c’est la question qui est dans l’air du temps, le fric ne pousse pas en ce moment sur les terrains de Ligue 1.Il y aurait comme des trous d’air dans les budgets un peu partout. Comme c’est bizarre. les salaires ne seraient-ils pas un peu élevés ? Les présidents ne feraient-ils pas un peu n’importe quoi ? Il faut dire que les Bleus ont fait le nécessaire en début d’été pour que tout ce beau monde tire encore plus la tronche et que les sponsors aient le portefeuille de plus en plus bétonné. Bilan, je ne vois que cette bonne Liliane pour un renflouement du Titanic ou pour redonner la banane à Dédé…

Sérieusement, je ne serais pas sidéré que l’OM vende ses deux divas pour pouvoir recruter des garçons plus à l’aise dans leurs crampons. En faisant, bien sûr, c’est de bonne guerre, monter les enchères d’ici la fin du mercato fin août. Il va en conséquence falloir expliquer gentiment à Mamadou et à Hatem qu’ils doivent muscler singulièrement leur jeu pour redevenir plus présentables aux cérémonies estivales de vente aux enchères.C’est marrant et joyeux la Ligue 1. Ça n’est que du sport.

Laurent Blanc : Robespierre ou Poincaré ?

Mais que va dire Laurent Blanc, mardi lors de sa première conférence de presse en tant que sélectionneur ? Car, comme toujours depuis que la « communication » est devenue plus importante que les actes, c’est le verbe du « Président » qui sera passé au crible.

Blanc doit commencer sur un champ de ruines…

Une parole qui va prendre un exceptionnel relief compte tenu du contexte. Car l’équipe de France ressemble aujourd’hui à un champ de ruines. Et sa maison-mère, la Fédération française, ne tient plus sur ses fondations. Plus personne, jusqu’à mardi, ne détient la moindre parcelle d’autorité au sein de la maison bleue. Jean-Pierre Escalettes est démissionnaire et ne signe plus que ses notes de frais. Le conseil fédéral est en coma avancé. Roselyne Bachelot et Rama Yade, les tutrices légales du majeur incapable, ne savent pas ce qu’est un hors-jeu…

Depuis l’élimination pitoyable et scandaleuse des Bleus qui a fait de nous la risée du monde entier, aucune décision n’a été prise sauf celle de nommer prochainement – la belle affaire – un successeur, intérimaire, à Escalettes. Aucun responsable n’a osé se mettre en avant. On se planque courageusement dans tous les recoins des prébendes. En attendant que les balles ne sifflent plus. Car, tout de même, des voix critiques se sont fait entendre chez les footeux. Peu et discordantes. Exclusivement celles des fameux anciens de 1998, dont l’unité n’est manifestement plus la même que celle du mémorable 11 juillet. Dugarry, Deschamps et Lizarazu se sont exprimé, sans que l’on décèle, c’est le moins que l’on puisse dire, d’accord de pensée.

Après Thuram et sa solution coup-de-balai, Blanc est sous pression…

Et puis, Lilian Thuram a donné son avis, qui n’a pas, mais pas du tout plu à Dugarry. Il faut, dit celui qui est membre du Conseil fédéral en tant que représentant des sportifs d’élite, faire le ménage, et en grand, surtout du côté des joueurs rebelles et traîtres à la patrie, à laquelle ils auraient au moins du être reconnaissants. L’appel de Thuram, le plus argumenté et le plus « construit » (encore la « Comm' » !), n’est certainement pas un hasard. L’homme est déjà entré en politique (membre du Haut Conseil à l’intégration) et vise clairement des responsabilités dans la reconstruction à venir.C’est précisément au sujet de cette reconstruction, ou non, que Laurent Blanc est attendu. Va-t-il alors en quelque sorte dépasser son rôle de « simple » sélectionneur ? Donnera-t-il son avis sur les errements sud-africains ? Peut-il dire dès mardi qu’il se passera des services d’Evra, Abidal, voire Ribéry, frondeurs présumés dans l’affaire du bus ? Et pour combien de temps ? Annoncera-t-il que Nicolas Anelka est définitivement mis hors jeu ? C’est possible. Puisque les moyens lui sont visiblement donnés et que son aura le lui permet, au moins pendant le traditionnel « état de grâce ». Ce sera alors Blanc-Robespierre, le coupeur de têtes. Osera-t-il ? Ou optera-il pour un panaché, sans exécuter l’ensemble de la troupe, jouant sur les retours de Benzema, Ben Arfa, Nasri… en opérant en quelque sorte à une sélection d’Union nationale à la manière d’un Raymond Poincaré ?

C’est dur le foot-politique…

Coupe du monde, souvenirs subjectifs (7/10)

Le 11 juin, coup d’envoi de la dix-huitième Coupe du monde de football. D’ici là,  je vais essayer de vous en raconter dix épisodes qui m’ont particulièrement marqué…1998. Selon la formule consacrée, tout le monde se souvient de l’endroit où il était le jour de la finale France-Brésil, ce fameux 12 juillet. Oh oui, je m’en souviens. J’y étais ! J’officiais pour le Stade de France, pour son site internet tout nouvellement créé. Depuis l’inauguration de l’enceinte en janvier, à l’occasion de France-Espagne, je couvrais tous les événements organisés à Saint-Denis.

France-Brésil…

Je crois me rappeler chaque seconde de cette journée. L’arrivée vers 16h sur les parvis devant les grilles, le temps assez chaud et lourd, l’odeur de merguez, les supporters… Une ambiance dont je savais qu’il fallait conserver dans ma tête tous les détails. Pensez, un jour pareil, jamais je n’en vivrais de semblables. Chez moi. En bleu, blanc et rouge.

19h. Entrée dans le stade déjà bien rempli. De la couleur, partout. Le défilé de mannequins sur un faux parterre blanc, si je me le rappelle bien. De la musique aussi. Je monte dans les tribunes et je prends des photos des supporters brésiliens. De la couleur encore, du jaune et du vert. Et les spectateurs français, des hommes et beaucoup de femmes, celles-ci le plus souvent peinturlurées en tricolore…

20h45. Je me faufile dans la tribune officielle, juste en-dessous de la présidentielle. Pour voir ça presque au ras du sol. La présentation des équipes au micro. Fabien… Barthez, Didier… Deschamps, Zinedine… On s’y casserait la voix. Je jette sans cesse des regards devant, derrière, à droite, à gauche, pour y observer les émotions. Je prends des photos. Les gens sont comme en lévitation. Comme moi, ils savent que l’instant est unique, historique. Les hymnes. Tout le monde était déjà debout. Il y a des larmes qui coulent. Je quitte la tribune basse pour foncer tout en haut du stade et admirer ça du ciel en quelque sorte…

La première occasion pour Guivarch. L’envolée de Barthez un mètre au-dessus de Ronaldo… Peur sur le stade. Et le but. Le but de Zidane. A cent cinquante mètres de moi, en face. Un bruit. Le tonnerre, pendant une minute. Je crois n’avoir jamais entendu un truc pareil. La folie. Et ce n’était encore rien…

Deschamps, la victoire est en lui

« La Dèche« . Rarement un surnom aura été si mal porté. Car Didier Deschamps ne porte pas vraiment la poisse. En tant que joueur, dans les clubs où il a évolué, comme en équipe de France, il a vécu un parcours quasi-parfait. Des titres comme s’il en pleuvait. Une sorte d’arbre à guirlandes de trophées. Un recordman de France, même.Deschamps n’a pas été un artiste du jeu, loin s’en faut. Il a été un demi défensif, comme on avait dans le temps tendance à désigner les tâcherons du ballon rond. Mais dans tous les métiers, les plus ingrats soient-ils, il y a toujours quelqu’un qui sort du lot. Qui brille en quelque sorte dans l’obscurité. Et s’il fallait désigner le milieu de terrain le plus altruiste, le plus combatif, le plus acharné de l’histoire du football français, c’est sans doute lui qui figurerait en haut de la liste.

Mais Deschamps a aussi et surtout, à Nantes, à Marseille, à la Juventus et chez les Bleus, eu de l’influence sur ses camarades. Beaucoup. Au point d’en être le meneur, le chef, le capitaine naturellement, voire plus encore. Tout le monde sait désormais que la France possédait deux entraîneurs lors de la Coupe du monde 1998, Aimé Jacquet et son numéro 6

.Qui pouvait donc mieux que Deschamps passer aussi lumineusement du rôle de joueur à celui d’entraîneur ? Combien de fois avait-il en tant que joueur décrypté la tactique adverse et remis en place ses dix partenaires pour changer le cours d’un match ? Retraité des crampons en 2001, la fonction de technicien était faite pour lui.

Il choisit Monaco. Première saison délicate. Relations tendues avec le président Campora et avec quelques grandes gueules (Simone). L’échec n’est pas son truc, il le transforme en expérience pour rebondir. Avec sa méthode, faite à la fois de dialogue – quitte à enrober ses vérités de grosses ficelles – et de fermeté. Car une équipe qu’il dirige ne peut que lui appartenir pleinement, il le prouvera à Marseille. Dès sa deuxième année sur le rocher, il amène ses hommes sur le podium du Championnat, où ils resteront encore les deux fois suivantes. Puis c’est la  finale de la Ligue des Champions en 2004. On n’a pas fait même aussi bien depuis dans l’hexagone. Pas mal pour un débutant.

C’est ensuite le retour à la Juventus. Pas de pot, la Vieille Dame vient d’être reléguée après un immense scandale de corruption dans le Calcio, dans lequel elle a été très largement impliquée. Un titre tout de même, celui de la série B.Deschamps prend alors du recul tout en restant dans le milieu. Consultant. Sympa, des matches à observer et pas d’inscription au chômage. Et puis Marseille en 2009. Quelques premiers temps très très délicats dans un club où le volcan ne dort jamais. Il met les points sur les i. Il reste avec tous les pouvoirs sportifs ou il s’en va. On le prie de ne pas partir. Et il bosse. Il recrute, il écarte des joueurs. Il façonne, il construit son OM. Jusqu’au titre de champion de France de ce 5 mai 2010, suivant de quelques semaines la victoire en Coupe de la Ligue.Voilà, je cherchais le mot. Cet homme-là est un gagneur.