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Aulas, machiavélique et… populiste

C’est l’apanage des puissants. Jean-Michel Aulas en est un et ne se prive plus depuis longtemps de livrer ses opinions pour tenter de les imposer. En résumé, le président de l’OL fait partie des hommes d’influence du football français. Il est même probablement celui dont l’emprise sur le milieu du ballon rond est la plus féroce. Samedi soir, à l’issue d’Ol-ASSE, il a fait apprécier au plus haut degré son machiavélisme.

Dès le coup de sifflet final du Lyon – Saint-Etienne de ce 25 septembre, perdu par son équipe (0-1), le patron lyonnais a enclenché sa machine médiatique. A plein régime, peut-être comme jamais en vingt ans. Une réaction tous azimuts comme on n’en avait pas vue sur la scène footballistico-médiatique de l’hexagone. Aulas, avec son incomparable expérience, l’avait évidemment prévue, comme une partie de scénario. Gagnant, il aurait bien entendu fait sonner la trompette du vainqueur.Mais la défaite faisait partie de ses plans. Pas question de ne pas en profiter. Alors, Aulas a d’abord foncé tête baissée dans le premier volet de son action réparatrice. Selon son habitude, il a poursuivi les arbitres dans le couloir de Gerland, leur faisant comprendre que leurs décisions ne lui avaient pas franchement plu ! Monsieur Aulas n’est plus sanctionné pour ce genre de déviance insupportable depuis des années. Puis, il enchaîne avec les médias, commençant avec le plus regardé les soirs de Ligue 1, Canal +. Piques aux arbitres, ironie envers l’interlocuteur, irrespect de l’adversaire, parodie sur la notion d’injustice. Tout y passe. Aulas en professeur de l’Actor’s Studio…

Hallucinant exercice de populisme au bas d’une tribune de Gerland

Et il n’oublie pas en toute fin de soirée que les supporters doivent être ménagés. Ceux-ci, encore présents par centaines attendent depuis une heure et demie dans un virage de Gerland qu’on réponde à leurs banderoles « Puel démission ». Aulas ne se dégonfle pas, prend un micro et entame face aux « Bad Gones » un monologue hallucinant et inédit. Il reprend les arguments développés face aux journalistes « Le but de Saint-Etienne est marqué sur une erreur d’arbitrage », puis dans des élans plus populistes encore, se lâche « Nous on a la Champions League, eux ils la jouent à la Playstation! » Enfin, le boss de Lyon donne à cette frange la plus dure de ses supporters ce qu’ils voulaient, en totale contradiction avec ce qui avait été affirmé à la presse une demi-heure auparavant « Sans vous, je ne peux rien, laissez une chance au club, je ne dis pas à Claude Puel… ».

Le sens du double langage. Puel a dû apprécier.