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Champions du monde

Je fais un rêve.

Ces quatre mots m’ont toujours paru bizarres. On ne fait pas un rêve, c’est l’inverse qui se produit. Alors j’imagine plutôt, j’envisage,  j’espère que les champions du monde de rugby ce dimanche à midi seront vêtus de blanc.

All Blacks. Bleus finalement en blanc. On dirait que cette finale va se jouer sous le signe des couleurs. Même si le noir n’en finit plus de partager les scientifiques qui n’y voient qu’une… absence de couleur ! Quant au blanc, il n’en serait pas une non plus, mais la synthèse de toutes. Vous me voyez venir ? Les All Blacks et leur maillot funèbre ne seraient qu’une pure représentation de l’esprit… un fantasme, un concept, un rêve. Alors que les Blancs ne seraient que le produit des réalités.

Les Bleus en blanc éblouissent les All Blacks !

J’y reviens à ce rêve qui n’existe pas sans que l’on dorme. Je m’éveille donc. Et c’est le coup d’envoi. Les Bleus, non les Blancs, ou les sales gosses de leur vrai nom, foncent sur tout ce qui bouge. D’entrée, c’est l’arc en ciel dans la pluie sinistre de l’Eden Park. Les Blacks n’y voient que du feu. Quinze boules de feu, quinze diables venus d’un enfer du bout du monde, résurgences de Basajaun basques ou sortis fumants des volcans d’Auvergne…

Champions du monde ! Le rêve Bleu, plus Bleu que le bleu des cieux. Blancs comme la lumière. Clair comme Clerc qui dépose au delà de la ligne blanche des Blacks le ballon du 20-19. C’est fini. Et bien fini. Là, c’est évident, le rêve commence…

C’est ça un France All Blacks…

Nous y voilà. Austerlitz ou Waterloo, on ne sait pas. En tout cas, samedi à 10h30, c’est l’heure. L’heure H et le jour J. France vs All Blacks. A l‘Eden Park, drôle de nom pour un champ de bataille. Le paradis, tu parles. La plupart des malheureux combattants qui viennent y traîner leur guêtres y vivent l’enfer. La légion locale, vêtue de noir et nourrie aux hormones de taureau de combat, y est impitoyable, sanguinaire parfois.

Christophe Dominici revoit en 2011 pour la première fois une photo du haka de 2007: « Ah, c’est fort… »

Il y a quelques semaines je montrais à Christophe Dominici une photo de l’extraordinaire face à face franco-néo-zélandais lors du haka de 2007. L’ancien ailier des Bleus était d’abord resté interdit devant le cliché où on le voyait, comme ses camarades, défier en ligne les All Blacks au faciès déformé par leur cri. Image tellement forte que Dominici avait mis trente secondes pour réagir. « En voyant ça, réagissait-il, j’ai beaucoup plus d’émotion que ce fameux jour. C’est la première fois que je revois cette image… Ah, c’est fort…« .

C’est ça, les All Blacks, un truc de dingues ! Et voilà pourquoi, un match France-Nouvelle n’est pas un match comme les autres…

France-All Blacks : Être ou ne pas être…

C’est la question la plus célèbre de l’histoire, qui revient sans cesse depuis ce diable de Shakespeare dans l’esprit de l’homme. Et qui resurgit ces derniers jours dans celui, plus torturé que jamais, de notre XV de France. Jouer à fond samedi contre les All Blacks ou pas ? Les « respecter » ou pas ? Gagner ou perdre ? Voilà la – les – question(s).

Y aurait-il « quelque chose de pourri », comme le clamait Hamlet, au royaume des Bleus pour qu’une telle question se pose, ou plus précisément pour qu’on la pose pour eux ? Pourri, peut-être pas, mais faussé ou vicié, c’est plus probable. Parce que depuis la défaite de l’Australie contre l’Irlande dans le groupe C, la France a un peu changé d’humeur, passée de souffreteuse à primesautière, se sentant d’un coup comme l’effigie de sa Marianne, sourire Colgate aux lèvres et poumons gorgés d’espoir.

Les All-Blacks voudraient fesser le XV de France…

A contrario, les Néo-Zélandais ont la désagréable impression de s’être fait méchamment rouler dans la farine. Pas par l’échec des Wallabies – une bonne jouissance gratuite – mais par ses conséquences. Pour les Blacks, battre, écraser si possible, les Bleus, ne serait plus leur infliger une correction méritée, un rêve depuis 1999 et 2007. Au contraire, les Français n’attendraient désormais plus que ça, une bonne fessée en public. Car, magie et vertu du sadomasochisme, la punition les enverrait au paradis d’une phase finale semée de roses, un peu piquantes certes, mais tout à fait supportables, Angleterre en quarts, Irlande ou Galles en demies…

L’accueil charmant qui a présidé il y a quinze jours au débarquement des trente joueurs de Marc Lièvremont est en conséquence oublié. La presse kiwi nous assassine. Avec, il faut l’avouer une insigne mauvaise foi. Nous alignerions une équipe bis pour ce qui aurait du être une fête du jeu, autrement dit une bonne rouste offerte par des Blacks aux Blues. Ce n’est pas charitable. D’autant que l’équipe de France qui avait triomphé à Dunedin il y a deux ans était sensiblement la même.

Alors que répondre, que faire ? Les joueurs français ont essayé au lendemain de cette volée de bois vert de rester zen. A moitié réussi. Pascal Papé a sauté les pieds dans le plat, dénigrant l’un des symboles les plus chers au peuple du Long Nuage Blanc, son haka. Une finesse à la Obélix…

Auckland, Alésia ?

Une Coupe du monde au p’tit déj’

On le sait, la prochaine Coupe du monde de rugby se disputera l’an prochain en Nouvelle-Zélande, à l’autre bout du monde. Tiens, au passage, l’expression me fait toujours rire… On est à quel bout, nous ? Sans rire, pour ne rien rater de ce Mondial 2011, il va falloir, je parle pour nous pauvres Européens, se lever dès potron-minet comme disait ma grand-mère.

Les organisateurs viennent d’officialiser les horaires des matches. L’horreur. France-Japon, le premier match de l’équipe de France, est prévu à 18h heure locale… huit heures du mat’ à Paris… C’est un samedi (10 septembre) en plus. Ah les vaches, ils auraient pu penser à notre grasse mat’. Bon, je mettrai mon réveil mais je me connais, je serai dans un de ces pâtés…

Passons au deuxième match des Bleus, contre le Canada. Coup d’envoi à 10h30, le dimanche suivant. Et encore une grasse mat’ qui saute !

Troisième match, le vrai, le grand, le sommet de ce premier tour : Nouvelle-Zélande – France, le samedi d’après (24 septembre) à 20h30 heure d’Auckland. Donc, à 10h et demie, heure de ma télé. Les saligots ! Un France-All Blacks au p’tit déj. Ils se rendent pas compte, c’est pas possible. Un match pareil au moment du premier café. Sans échauffement. Je fais comment, moi ? Ils faut qu’ils sachent, ces dingues, que pour des matches comme ça, il me faut toute ma tête, un esprit sain. Et pourquoi pas à trois heures du matin ?

Eh oui, ils l’ont fait. Trois heures du mat’. Je vous jure que c’est vrai. Le premier match de l’Argentine, troisième de la dernière Coupe du monde, ce sera en pleine nuit ! Alors je ferai quoi ? J’en sais trop rien… Franchement, à un an de la décision à prendre, je ne sais pas… Ah si, je vais carrément y aller, moi, au pays du long nuage blanc. Sur place. Voir tout ça en live et à des heures chrétiennes. Et en profiter pour leur expliquer que l’heure c’est l’heure…