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Barras et les soeurs sourire

Tous ceux qui ont couru un 1500 m du décathlon l’ont décrit comme un véritable martyre. Après deux jours d’efforts et neuf épreuves plus traumatisantes les unes que les autres, les supermen de l’athlétisme ont pour ultime mission de parcourir presque quatre tours de piste. Ils en terminent le plus souvent écroulés sur le tartan, totalement épuisés, exsangues, tous leurs muscles tétanisés.Seuls quelques rares vainqueurs dans l’histoire de l’athlétisme de ces travaux d’Hercule ont fini leur calvaire debout. Comme Bruce Jenner, l’Américain, en 1976, ou Daley Thompson, l’Anglais, en 1984, ivres d’un bonheur masquant leur fatigue. Comme Romain Barras, le Français ce 29 juillet 2010. A trente ans, il n’en revenait pas, le nouveau Titan, de s’être adjugé le titre européen. Sur la ligne d’arrivée, il cherchait du regard des yeux amis qui pouvaient lui confirmer ce succès inespéré, lui qui n’avait jamais décroché la moindre breloque de sa carrière.

Barras a fait sa révolution

Toujours incrédule, il s’est approché de Nelson Montfort : « Je suis champion d’Europe ? » Et quand le plus célèbre intervieweur bilingue de la télévision française lui eut indiqué : « Mais oui, mon cher, vous l’êtes », le colosse calaisien ne pouvait plus contenir son émotion ni ses larmes. Il venait de terrasser son dernier adversaire, le Néerlandais Sintnicolaas, en le lâchant dans le dernier tour de la dernière torture. Barras, un Goliath sympa qui associait dans son tour d’honneur ses deux compagnons de route tricolores, El Fassi et Geffrouais, très loin de lui au classement mais aussi heureux que leur pote.

On voulait les embrasser, Nelson l’a fait

Presque aussi jouissif que le triomphe du lanceur-sauteur-coureur, celui des petites Françaises sur 100 m. Enfin, le triomphe, pas vraiment mais c’était tout comme. Véronique Mang et Myriam Soumaré, en argent et en bronze, avaient un tel sourire et irradiaient tellement de joie après leur course qu’on les aurait embrassées, comme d’ailleurs ce profiteur de Nelson qui ne s’en est pas gêné.Bon, moi, avec ces Français qui filent comme le vent depuis trois jours à Barcelone, je retrouve un moral de fer. Comme les taureaux. Parce qu’il paraît que là-bas, en Catalogne, on vient de mettre à mort la corrida. Une vachement bonne nouvelle…