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Rooney et Bourgoin: valeur et valeurs…

« Rien ne vaut rien*… », voilà ce que disait le « nihiliste » Nietzsche à propos du monde qui l’entourait. Pour un peu le plagier – c’est à la mode avec PPDA et son livre sur Hemingway – je dirais que le monde sportif ne connaît plus la valeur réelle des choses et commence sérieusement à délirer et à carrément verser dans le pathos.

En ce début d’année 2011, il nous est offert un spectacle encore plus étonnant que lors des années précédentes. Il n’est question que de mercato hivernal de football avec des sommes en jeu toujours plus insensées, de salaires de joueurs (foot, NBA) à faire évanouir un pékin moyen faisant la queue à Pôle Emploi, ou de discussions en coulisses portant sur des millions d’euros comme si l’on discutait du prix de l’expresso à un comptoir !Présidents, vous ne savez plus ce que vous faites ! Il y a quelques semaines, Wayne Rooney, auquel je ne porte aucune critique concernant son talent balle au pied, tentait de renégocier son salaire de trois millions d’euros annuels… à onze ! Accepté sans trop de contrariété, par son entraîneur, Sir Alex Ferguson qui, il est vrai, touche, lui, sept millions. Sidérant. Simplement sidérant. Que l’on ne me réplique pas que cette progression est « économiquement » viable, même pour l’un des trois clubs les « plus riches » du monde.Le club mancunien n’est en réalité riche que de… sa dette pharaonique, qui dépasse le milliard d’euros. Pour un budget de seulement 800 millions… Et on laisse faire. Alors, passer d’un débit de 800 à 810 ou 815 (la différence entre le salaire d’avant – charges comprises – de Wayne, et celui d’après) ne représente forcément et malheureusement plus qu’un delta négligeable. Mais c’est en réalité colossal. On se croit revenu en arrière de dix ou vingt ans. A l’époque des Tapie ou Bez, dont l’art consistait à jongler avec des millions qu’ils n’avaient pas et qui a conduit aux désastres prévisibles mais invisibles à l’époque par des observateurs ou supporters aux œillères rabattues sur leurs yeux.

Le salaire de Rooney vaut le budget de… Bourgoin

Après Rooney fin 2010, on a appris début 2011 que Ronaldinho passait de Milan au Gremio Porto Alegre. Pour 24 millions d’euros, trente peut-être. J’ai beau chercher, je ne comprends pas. Et notamment comment un club sans argent (ou si peu) peut s’offrir un tel cadeau de Noël (ou presque). Mais aussi comment peut germer dans le cerveau de dirigeants raisonnables (ce doit être, n’est-ce pas, leur principale vertu, y compris au Brésil où la valeur des joueurs devrait être connue à son degré optimal) l’idée d’allonger une telle somme pour un ancien Ballon d’Or dont le génie s’exprime le mieux depuis dix ans dans les lieux où la caïpirinha coule plus que la Powerade ?

Et puis, le 4 janvier, il nous a été indiqué que la DNACG du rugby, autrement dit son gendarme financier, sanctionnait le club de Bourgoin de cinq points de pénalité, soit une rétrogradation quasiment certaine en Pro D2 à la fin de la présente saison. Tout cela pour un trou, pas vraiment prévu, d’un million et demi d’euros dans son budget de… onze millions, cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? Je ne veux pas hurler à l’inégalité des sorts mais, du moins, je le crie haut et fort. Pourquoi MU vit-il encore sans masque alors que le CSBJ est sous tente à oxygène ?

Rien ne vaut rien, disait le bon Friedrich. J’ajouterais « tout devrait égaler tout ». Mais je ne suis pas philosophe…*…Il ne se passe jamais rien et cependant tout arrive. Mais cela est indifférent. ».

Samedi, rugby, youpi !

Ce samedi, quel régal d’ovalie mes amis. Trois matches parfaitement couverts par le génie de ma télécommande, et trois beaux moments.

Bourgoin a d’abord provoqué mon admiration en faisant tomber le leader castrais. Ces Berjalliens, quel coeur ! Plus un kopeck dans les caisses, des matches perdus en série cette saison, mais de l’esprit de révolte à revendre.

En zappant sur France 2, je n’ai pratiquement rien perdu du match « amical » à Twickenham entre les Barbarians et les All Blacks. Du beau spectacle. Même sans Dan Carter, mis au repos. Et les Blacks, meilleure équipe du mini-championnat du monde de novembre, ont mis un genou à terre. Ils ont surtout vu le dos de Bryan Habana, auteur de trois essais de guépard. Dire qu’il a failli jouer à Bayonne après la dernière Coupe du monde…

Un Aviron qui a pris l’eau au Stade de France en fin d’après-midi. Face à un Stade Français enfin revenu dans les grâces de Saint-Denis après cinq échecs ou semi-échecs dans l’écrin dyonisien. Rien que pour l’essai de Benjamin Kayser, petit bijou d’orfèvrerie rugbystique, je ne regrette pas d’avoir ainsi usé les ressorts de mon canapé pendant cet après-midi…

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