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Le non de Beckham au PSG, ou comment vendre la Tour Eiffel…

Un scoop c’est bien. Surtout pour son auteur bien sûr, qui gagne quasiment au loto, je veux dire à la crédibilité et même à la gloire professionnelle. Un luxe absolu en ces temps de méfiance généralisée à l’égard des faiseurs d’information. Mais un scoop, c’est moins bien pour ceux qui en sont les cibles, une violation comme le hurlent certaines victimes de ces attentats à la vie privée, sociale, sexuelle… Sauf pour les génies du genre, les scientifiques de l’auto-promotion de l’image comme David Beckham !

Beck’s est l’objet permanent de scoops depuis qu’il joue au foot. Il l’a bien cherché me direz-vous, il le désire sans doute. Il fait même partie de cette frange infime des six milliards d’humains qui n’aspirent qu’à ce qu’on publie partout les photos, compte-rendus, racontars de leur vie trépidante.

Cela constitue pour ce garçon aussi intéressant qu’un ballon de foot, et par la grâce des retombées indirectes d’une célébrité universelle magnifiquement fabriquée,  la majeure partie de son (énorme) gagne-pain quotidien. Je suis un peu méchant, le mari de Victoria a tout de même parfois tripoté habilement ce ballon. Il demeure néanmoins l’un des maîtres mondiaux et indiscutés de la communauté des stars du pas grand chose, voire du néant, à l’instar de Paris Hilton, Loana ou Justin Bieber… Un art à ce degré de perfection…

Beckham est-il encore plus fort que l’on pouvait se l’imaginer ? Je précise, plus fort en terme de communication. Le journal L’Equipe croyait mordicus le 21 décembre dernier tenir le scoop de cette fin d’année en annonçant, pleine page de couverture, la nouvelle qui filtrait pourtant déjà de partout, celle de la venue de la star anglaise au PSG. L’info était si bétonnée comme l’on dit dans le jargon que personne ne pouvait la mettre en doute, y compris l’ensemble de la corporation toujours première à avaler les couleuvres de la concurrence… Mais Beckham n’est pas venu et la « bible » s’est elle-même déjugée ce mardi 3 janvier en publiant sur sa première page (en moins gros quand même et avec un brin d’humour, « Beckham disparaît » après le « Le voilà » triomphateur)  la contre-information. Du désamorçage en règle.

L’Equipe victime d’un coup pas franc de Beckham ?

L’Equipe s’est donc fait avoir sur l’entière largeur de ses colonnes. Ce n’est ni la première ni la dernière fois. Un scoop, je le disais, est un passage obligé pour la survie d’un organe de presse populaire. En publier, au moins de temps en temps, hante les têtes des rédacteurs en chef vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et quand un grand bruit, pas toujours de chasse d’eau, parvient à leur bureau, leur sang ne fait qu’un tour. Ils en sont persuadés, ils sont les seuls à l’avoir entendu et le jackpot est là, tout proche…

Je prétends dans le cas présent que la possibilité d’une habilissime manœuvre de Beckham (ou plutôt de sa pléthorique équipe de communication, de ses avocats…) n’est pas à exclure. Je crois même au petit chef d’oeuvre de manipulation (par quelques relais bien choisis, piégés ou non) ayant conduit à une campagne gratuite, pour un joueur en bout de course sportive, de quinze jours de médiatisation mondiale dans tous les journaux, sites et forums les plus suivis de la planète. Et pour résultat final une prolongation inespérée de notoriété, de « pipolisation », de contrats pub… sans parler d’un contrat reconduit aux Los Angeles Galaxy agrémenté d’un beau paquet de dollars supplémentaires. Tout bénéfice, je vous dis.

Beckham nous aurait-il, comme le fameux Victor Lustig (ça ne s’invente pas) en 1925, joué le coup de la vente de la Tour Eiffel ?