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Monsieur Corver, vous n’êtes plus un salaud

Et cette Coupe du monde qui ne s’emballe toujours pas… A-t-elle seulement démarré ? Objectivement, on assiste certainement au début de Mondial le plus triste de l’histoire. Quinze matches disputés et un seul digne de récolter la moyenne : Allemagne-Australie. Même le grand Brésil ne prend plus le football comme il toujours su le faire, une fête, une samba du ballon. Les grands anciens de la Seleççao, à l’image de Socrates, s’en sont émus avant même le premier match en Afrique du Sud des Auriverde, soldé par une étriquée victoire (2-1) contre la Corée du Nord.

France-Allemagne 1982, l’arbitre reconnaît sa faute 28 ans après…

Alors, dans ce marasme ambiant, j’ai appris une nouvelle qui m’a remis un tout petit de baume au coeur. Qui parmi les témoins ne se souvient de la demi-finale mondiale de 1982, la seule, l’unique, puisque l’autre entre l’Italie et la Pologne ne demeure qu’une pauvre scorie en regard de celle qui restera l’un des grands monuments de l’histoire du sport ? Eh bien, ces derniers jours, ce France-Allemagne, puisque c’est évidemment de ça dont il s’agit, a, vingt-huit ans après son dénouement, pris une tournure encore plus stupéfiante qu’à Séville.L’arbitre de la rencontre, Monsieur Charles Corver… Tiens j’ai un mal fou à l’écrire, à simplement prononcer son nom, tellement la moutarde me monte au nez… Monsieur Corver, donc, vient de reconnaître l’évidence la plus notoire depuis que le feu est éteint par l’eau. Il a reconnu sa faute, sa terrible faute. Dix mille et deux cent vingt jours après. Je dirais plutôt dix mille et deux cent vingt nuits. Car l’homme en noir néerlandais a dû en connaître des sommeils agités depuis ce soir maudit pour les Bleus de Michel Hidalgo.

Il sait bien depuis ce 8 juillet qu’il avait pris la pire décision de sa carrière en ne sanctionnant pas l’agression du gardien allemand Harald Schumacher sur Patrick Battiston qui venait de le devancer et de tirer au but. Le défenseur bordelais s’était évanoui sous le choc et fait  casser deux dents par celui qui était devenu immédiatement dans tout l’hexagone « l’infâme Schumacher ». L’évacuation du terrain sur un brancard de Battiston, dont Platini avait accompagné la sortie en lui serrant une main, avait fait couler des torrents de larmes dans toutes les chaumières. L’ineffable M. Corver n’avait pas bronché et sifflé une… remise en jeu.Les Français s’étaient inclinés aux tirs au but. La plus effroyable des défaites. Les années avaient passé sans que les regrets et le sentiment d’injustice ne s’effacent. Pas même avec les aveux de Schumacher lui-même avouant s’être chargé de produits illicites pour cette rencontre. Et voilà que Charles Corver, trois décennies plus tard, fait son mea culpa. Oui, dit-il, il aurait du exclure Schumacher pour ce geste infernal. Mieux vaut – très – tard que jamais. Pourquoi ne peut-on, une fois, une seule fois au moins, réécrire l’histoire ?

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Coupe du monde, souvenirs subjectifs (3/10)

Le 11 juin, coup d’envoi de la dix-huitième Coupe du monde de football. D’ici là,  je vais essayer de vous en raconter dix épisodes qui m’ont particulièrement marqué…

Seville, l’Enfer existe ! 1982

8 juillet. Seville. J’en suis certain, les images de cette demi-finale de Coupe du monde me hanteront jusqu’à mon tombeau. Dès la prise d’antenne, une pelouse verte mais bizarrement tachée par endroits. L’infâme Schumacher, les yeux injectés de sang. Battiston sur une civière, sa main dans celle de Platini. La reprise de volée de Marius. La joie extatique d’Alain Giresse (accompagné par le définitif « Extraordinaire dénouement ici à Séville » de Thierry Roland, suivi par le malheureusement prémonitoire « Ça n’est pas fini » de Jean-Michel Larqué). L’égalisation de Fisher. Les deux penos calamiteux de Six et Bossis. Le dernier tir au but de Hrubesch. La sortie de Platini jetant, au bord de la crise de nerfs, son maillot dans les tribunes. Les pleurs de Tigana… Et les cauchemars me poursuivant pendant le reste de l’été !On a tout dit depuis. Tout écrit. On a même ramené quelques uns des acteurs sur place vingt ans après, sur le terrain, dans les vestiaires. Pour revivre cette soirée à Sanchez-Pizjuan. Si encore, le résultat avait été inversé… Mais non. Encore, toujours, les Allemands en finale, les Bleus assassinés. Maudit arbitre qui ne siffle pas l’agression de ce maudit Harald, maudit Rummenigge qui entre et marque, maudite barre transversale qui renvoie éternellement la frappe d’Amoros… Plus effroyable que cette nuit sevillanne, je ne vois que les flammes de l’Enfer !