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Balotelli, névropathe cyclique

Au palmarès des dingues du sport, il trône incontestablement très haut. Mario Balotelli est-il d’ailleurs vraiment timbré ? Marcher sur la tête d’un adversaire, comme l’a fait l’attaquant de Manchester City ce dimanche, relève-t-il de la folie, de l’inconscience, de la méchanceté congénitale ou de la bêtise provocatrice ? La question mériterait d’être posée à des spécialistes, des docteurs en psy-machin ou des professeurs en neuro-bidule…

En l’état, Balotelli est un joueur de football hors-norme et en même temps parfaitement incontrôlable, cédant à toutes sortes de stimuli extérieurs le conduisant systématiquement à des comportements stupides, parfois violents et inexcusables, comme lors de cette chaussure « essuyée » sur le visage de Scott Parker, à terre sur l’action et donc de surcroît sans aucune défense. Le joueur de Tottenham avait auparavant bousculé l’Italien sans hargne spéciale, comme ce genre de frottement se produit dix mille fois par week-end…

Mais s’il en était à son coup d’essai ?… Loin s’en faut. Super Mario, chaque week-end depuis son émergence en 2008 (à l’Inter Milan), ajoute un fait d’armes à sa collection désormais sans égal d’âneries sur les terrains et parfois en dehors. Il choisit avec un art consommé, et quasiment en permanence, d’adopter la réaction la plus inadéquate à une situation contrariante, ou qu’il considère comme telle. D’où invectives à qui passe à proximité, gestes déplacés voire ahurissants envers adversaires, coéquipiers, public, arbitres ou entraîneur. Balotelli semble chercher avec persistance tout ce qui peut le faire haïr…

Et s’il réussit quelque chose, hormis ses prouesses avec un ballon, c’est bien cela. Susciter l’unanimité contre lui. Avec encore plus de constance et de persévérance que les grandes références historiques de la « spécialité » en Premiership, les bad boys Dennis Wise, Joey Barton ou Eric Cantona et ailleurs comme Marco Materazzi, Gennaro Gattuso ou Nicolas Anelka. Cette obsession à vouloir déplaire est assez fascinante. Balotelli s’en nourrit et va jusqu’à s’étonner – en en jouant ? – qu’on puisse lui en vouloir à ce point, s’arrogeant le rôle de victime (« Why always me ? »). Pas crédible une seconde mais tout à fait en concordance avec le personnage, paranoïaque et égocentrique…

Il faudrait à Balotelli se muer en « Chef de la paranoïa occidentale » !

Pourquoi moi ? s’écrie-t-il donc, en sachant pertinemment que la question est résolue d’avance, mais en voulant la poser quand même. Au cas où certains esprits tordus viendraient à trouver une réponse qui l’arrangerait… au moins un tout petit peu. Jusqu’à maintenant, Balotelli n’a pas réellement trouvé, si ce n’est lui, d’avocat crédible à ses frasques. Les arguments pour sa défense sont en effet minces, mais ils existent ne serait-ce que par ce statut d’enfant abandonné dès sa naissance par ses parents, ou des attaques racistes insupportables dont le joueur a été la cible notamment quand il évoluait en Italie. Et nous revoilà sur le terrain de la psychologie… du moi caché…

Pour démêler cet inextricable écheveau, je conseillerais à Mario de se ranger à l’avenir parmi les fous à sympathie sinusoïdale, ceux chez qui les actes déments ou tout au plus crétins peuvent apparaître tolérables dans leur folie. Autrement dit alterner, s’il en est capable, le cinglé et le plaisant, le fêlé et le rigolo, de jouer à l’imbécile (génial) heureux en somme. Exactement à l’image de Charles Denner dans « L’aventure c’est l’aventure » où le camarade Charlot s’auto-proclamait aussi sérieusement que folâtrement « Névropathe cyclique, chef de la paranoïa occidentaleet conseillait à sa bande de branquignols de s’élever au rang de « Spécialistes de la clarté dans la confusion. » puis enfin où, rien à voir avec le sujet mais je ne résiste pas à le citer, l’ineffable Lino (Ventura) lui répliquait « Et nous sommes contre l’autogestion dans les bordels ! »