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Sonny Bill, plein soleil

Le garçon est attachant mais sans vraies attaches. Bohémien du rugby et première étoile à avoir été aperçue dans cette Coupe du monde. Sonny Bill Williams est All Black depuis peu et on a l’impression qu’il l’est depuis toujours tant son génie pour transmettre le ballon ovale à ses coéquipiers est éclatant.

Contre le Tonga, pour le match d’ouverture de cette Coupe du monde, les Blacks ont paru en balade. Faux, archi-faux, illusion d’optique et des sens. Un magicien nous a travesti la réalité. SBW, pour raccourcir, a fait son numéro de prestidigitation habituel. Et les voisins et cousins Tongiens des Néo-Zélandais n’y ont vu que du feu, de la flamme, de la lumière aveuglante.

Sur les trois premiers essais Blacks en première période, trois tours de passe-passe du tatoué. Une percée plein champ après prise d’intervalle à vitesse interstellaire, et deux passes après contact, l’une par chistera et l’autre à l’horizontale. Passez muscade ! Et dire que le centre des Crusaders avait été contesté avant le Mondial, trop dilettante, un peu boxeur par-ci et pas assez patriote par-là (indécis quant à rester en Nouvelle-Zélande après la Coupe du monde). On hésite toujours à montrer ses joyaux…

Après les passes, les tatouages. Sonny Bill Williams est un enfant du siècle

Et puis en seconde période, Sonny n’a pu s’empêcher de faire le show, l’autre, celui qui marque les païens du jeu, les preneurs d’image. Un maillot déchiré et Sonny arrache sa manche, théâtral, médiatique, pour s’en faire passer un neuf. Torse bombé et tatouages offerts aux yeux du monde. Délire des midinettes. Défaut de ce siècle mais passage obligé vers la gloire. Attention, Sonny, un certain Chabal en a subi les conséquences…

 

Les All Blacks attaquent

C’est un peu comme si en football le Brésil n’avait qu’une étoile sur son maillot auriverde.Dans l’histoire du rugby, ils sont les plus grands. Mais pas les plus titrés au plan mondial. Les All Blacks, comme on les appelle, parce que depuis des lustres ils portent avec leur tenue toute noire le deuil de leurs adversaires, n’ont paradoxalement gagné qu’une Coupe du monde, la première, en 1987.

Depuis, les artistes Néo-Zélandais, puisque ce sont eux dont il s’agit, attendent avec tout un peuple derrière eux, que le trophée Webb-Ellis leur revienne dans les mains. En fait, ils ne pensent qu’à ça. L’an prochain, ce petit pays-île de l’Océanie accueillera la septième Coupe du monde et il n’est même pas question que l’épreuve tombe dans une autre escarcelle. Surtout pas celle de l’Afrique du Sud, l’ennemi héréditaire, qui trône avec morgue au sommet du palmarès planétaire avec ses deux triomphes.

Et donc, d’ici-là, ces Springbocks, tenants du titre mondial, les Blacks ne veulent plus les laisser espérer, les laisser respirer irait-on jusqu’à affirmer. Et en 2011, les choses seront évidemment et définitivement remises à leur place. Ce samedi, le plan « reconquête » a véritablement commencé. Pour le compte du Tri-Nations, l’équivalent du Tournoi des VI Nations dans l’hémisphère Sud, l’Afrique du Sud recevait la Nouvelle-Zélande avec en vue d’annihiler les deux humiliations reçues le mois précédent.

L’objectif était quasiment atteint à deux minutes de la fin de la partie. Les Boks menaient 22 à 17 et, même si les hommes de Graham Henry tenaient en pogne la victoire finale dans la compétition avec leur point de bonus défensif en poche, la victoire était là. C’était l’essentiel pour une équipe qui restait sur quatre défaites de rang en comptant les deux échecs face à l’Australie, un véritable drame national.Mais quand on porte le fameux maillot à la Fougère d’Argent, on se doit, plus que d’autres, de le mériter, de l’honorer. Plus encore peut-être dans ce fameux contexte de rédemption à venir. Les Blacks ont alors tendu toutes leurs énergies à ne pas céder, à ne pas perdre. En deux minutes, ils n’ont pensé qu’à une chose, franchir l’en but adverse avec le ballon, à deux reprises puisque c’était la condition impérative en cas de non transformation. Dans le rugby moderne et de haut niveau, c’est chose rarissime, voire devenue impossible. Toute équipe de ce rang menant à la marque est au moins capable de tenir le ballon durant le temps nécessaire pour conserver un résultat…

Les Blacks l’ont fait. McCaw, le vieux guerrier, et Dagg, le jeune premier, ont marqué chacun en essai en l’espace d’à peine soixante-dix secondes (22-29) … Et Dan Carter, pour couronner ce match de légende, en a profité pour battre le record mondial de points (1.118) en match international, détenu par Jonny Wilkinson. (1.111). Entre maîtres à jouer, on peut bien se piquer de temps en temps quelques lauriers, si beaux si soient-ils. Pourtant, il n’est pas sûr, mais alors pas sûr du tout, que les Blacks soient décidés dans les mois qui viennent à faire des cadeaux à leurs rivaux…

Samedi, rugby, youpi !

Ce samedi, quel régal d’ovalie mes amis. Trois matches parfaitement couverts par le génie de ma télécommande, et trois beaux moments.

Bourgoin a d’abord provoqué mon admiration en faisant tomber le leader castrais. Ces Berjalliens, quel coeur ! Plus un kopeck dans les caisses, des matches perdus en série cette saison, mais de l’esprit de révolte à revendre.

En zappant sur France 2, je n’ai pratiquement rien perdu du match « amical » à Twickenham entre les Barbarians et les All Blacks. Du beau spectacle. Même sans Dan Carter, mis au repos. Et les Blacks, meilleure équipe du mini-championnat du monde de novembre, ont mis un genou à terre. Ils ont surtout vu le dos de Bryan Habana, auteur de trois essais de guépard. Dire qu’il a failli jouer à Bayonne après la dernière Coupe du monde…

Un Aviron qui a pris l’eau au Stade de France en fin d’après-midi. Face à un Stade Français enfin revenu dans les grâces de Saint-Denis après cinq échecs ou semi-échecs dans l’écrin dyonisien. Rien que pour l’essai de Benjamin Kayser, petit bijou d’orfèvrerie rugbystique, je ne regrette pas d’avoir ainsi usé les ressorts de mon canapé pendant cet après-midi…

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La symphonie fantastique des Blacks

Du français tout craché. Après leur belle victoire sur les Boks, on croyait nos Bleus capables de vaincre encore les All Blacks. Et de brandir en quelque sorte le trophée virtuel de meilleure équipe du monde du moment. On en était même presque sûrs tant notre mêlée avait concassé les Sud-Africains et tant notre jeu avait brillé face aux Samoa.

Patatras. Un peu comme à l’habitude, l’équipe de France n’a pas su capitaliser sa fortune de l’automne. Mais bon, ils ont une excuse tout à fait valable nos Tricolores. L’adversaire All Black était, lui, vraiment, le plus fort de la planète.

De bout en bout, la Nouvelle-Zélande a produit un récital sans la moindre fausse note. Avec un Dan Carter en chef d’orchestre impeccable conduisant une troupe de fabuleux violons (Maa’Nonu, Sivivatu, Jane, Muliaina, McCaw…) et de percussions (Kaino, McCaw, Tialata), le tout produisant une symphonie fantastique.  En face, les Bleus ne disposaient tout au plus que de flûtes ou de xylophones. Bilan 39 à 12, cinq essais à zéro. Mozart contre Clayderman !

Hum. De quoi faire réfléchir à un an et demi de la Coupe du monde et du match d’ouverture contre les… Blacks.