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Contador puni à l’insu de son plein gré !

En paraphrasant bêtement et d’ailleurs inexactement un ministre, je dirais que l’affaire Contador prend des allures de « guerre de civilisations », en l’occurrence entre la française et l’ibérique*… En me paraphrasant immodestement, je (me) dirais que cette affaire est aussi fâcheuse qu’illustrative d’une effrayante incompréhension de ce qu’est le dopage…

En substance, si ‘on ose s’exprimer ainsi, le débat se réduit depuis que le dopage existe à un dialogue de sourds entre ceux qui s’en foutent et les autres. Je m’inscris clairement, encore une audace de langage, dans le camp des seconds, oui, les vilains, puisque tous les sondages le prouvent, les amateurs de cyclisme et du Tour de France sont en majorité indifférents à la prise de produits interdits par les coureurs, parce que selon la définition de l’imagerie populaire « tout le monde en prend »…

Contador, ils l’adorent !

Sourdes et aveugles, les deux parties, comme d’habitude. Les Espagnols hurlent à l’injustice. Leur petit Alberto, leur iconique Alberto, est le jouet de la haine universelle, des Français en tête (organisateurs du TDF, caste dirigeante, Noah…) et de leur jalousie maladive des succès des autres. Quoi ? Contador dopé ? Mais rien ne le prouve, s’exclament-ils à s’en arracher le gosier. C’est vrai… Mais, au niveau de suspicion où s’est immergé Alberto depuis six ans, rien ne prouve le contraire. Et c’est là que gît le vrai problème, exactement à l’instar de Lance Armstrong, jamais pris comme il le clame et, lui, jamais puni.

Contador, la justice (le TAS) l’abhorre !

Pour les oublieux, il faut quand même rappeler que l’ex-triple vainqueur et désormais double vainqueur de la Grande Boucle, n’a cessé de côtoyer, de collaborer, de s’entraîner, sans à aucun moment les dénoncer, avec des personnalités sans scrupules et réputées pour leurs méthodes radicales : dopage avant toute chose, pas de pitié. Ces gens (entre beaucoup d’autres) : Eufemanio Fuentes (le médecin le plus foireux de l’histoire du cyclisme, multi-condamné), Pepe Marti (entraîneur, fournisseur d’hormone de croissance de Floyd Landis), Alexandre Vinokourov (contrôlé positif, soupçonné de corruption)… la liste est longue, presque sans fin !

Cela fait donc beaucoup, assez en tout cas pour que, à un moment donné selon l’expression consacrée, le doute, au moins ce fameux doute, l’emporte. Pour que cet affreux doute se mue en culpabilité. Finalement, Contador a trop joué, trop manipulé, trop fait le malin avec ce que la justice des hommes (in fine, le Tribunal arbitral du Sport) déteste le plus, qu’on lui mente ou, pire, qu’on se foute d’elle. Une vache espagnole (la viande qui aurait contenu le fameux Clenbutérol) ne peut pas porter de chapeau…

Alors, je veux bien que, toujours comme pour Armstrong, on nous serve les mêmes salades du « pas vu pas pris » et du « tous pourris ». Mais je demande tranquillement pourquoi, au lieu de se défendre à coups de millions de dollars et d’arguties de prétoire, ces deux champions si « exemplaires » n’ont pas cherché à travailler, courir ou même seulement sympathiser avec – ça doit bien exister – des entourages dont les gazettes ne parleraient qu’en termes élogieux, autrement dit fréquentables…

Que Contador soit désormais officiellement reconnu comme dopé, ou plutôt que l’on ait officiellement mis en lumière qu’il avait ingéré un produit interdit sans qu’il prouve que c’était un accident, me suffit parfaitement. Cet arrêt (si long a-t-il été à être prononcé, dix-huit mois !) du TAS doit faire jurisprudence, ne serait-ce que pour mettre un terme à l’ineffable mais un peu pénible à la longue « à l’insu de mon plein gré »…

* 84% des lecteurs de Marca pensent que la décision du TAS est injustifiée contre 14% à ceux de L’Equipe…

Voeckler, trois jours pour mourir…

Le feuilleton, la saga de l’été. Mais quelle en sera la fin ? Le héros va-t-il survivre ou périr ? La France, gelée de haut en bas et dans toutes ses largeurs, brûle de passion pour Thomas Voeckler, son Jack Bauer à elle.

Comme le flic de 24h, Voeckler est petit, frêle, sentimental. Mais, comme l’ineffable Jack, Thomas ne veut pas céder, jamais, devant l’adversité. Jeudi, le Maillot Jaune est resté sur les épaules du Français à l’issue d’un épisode mémorable sur les pentes de l’Izoard et du Galibier. « Jack Voeckler » a encaissé tous les coups, le principal étant venu d’un dénommé Andy Schleck, un Luxembourgeois impitoyable.

Selon le scénario établi, il reste au petit géant trois épisodes pour éviter le pire. Qui serait de crever avant la fin, de se faire flinguer purement et simplement, autrement dit qu’on lui arrache sa tunique d’or. Par Andy, ou son frère Franck, lui aussi avec une kalachnikov en bandoulière, ou enfin par un troisième « méchant », Cadel Evans, un Australien à tête de mort. Car ils ne sont plus que quatre dans la scène finale puisque dans la bagarre du Galibier, le brigand Alberto Contador s’est fait désarmer et ne peut plus prétendre au trésor.

Voeckler ne gagnera peut-être pas. Ce n’est pas qu’on s’en fout, ça serait si beau que notre Popeye élevé aux seuls épinards gonfle ses biceps et vienne à bout de ses acharnés ennemis, mais on voudrait tant qu’il y arrive…

Trois jours, trois jours pour un Tour…

Andy Schleck et mon hypothalamus

Il n’a pas gagné mais on n’a vu que lui. Andy Schleck a aimanté tous les regards de ce Tour 2010. Et en plus de flinguer dans les cotes, il cause. Ses propos ne sont jamais lénifiants. Il a tout essayé pour battre Alberto Contador. Il n’a pas pu, un coquin de sort lui ayant sans doute coûté la victoire dans les Pyrénées.Mais Andy, sur ce simple saut de chaîne dans la montée du port de Balès alors qu’il venait de lâcher l’Espagnol, a gagné une popularité immense. Rarement, peut-être jamais, un deuxième du Tour n’en sera sorti plus grand que le premier. D’autant que Contador a le charisme d’une selle de vélo et le fair-play d’un quinziste anglais autant que faux derche qui profère « sorry, good game ! » à la fin d’un match gagné.Je ne sais pas si Schleck, ce citoyen du Luxembourg à la population équivalente de quelques quartiers de Paris, remportera un jour le Tour. Quoi qu’il arrive, c’est lui et pas Contador « le pot de fleurs » qui régalera mon lobe frontal, plus exactement mon hypothalamus, l’endroit d’où naissent les émotions, si l’on en croit les grands savants du cerveau.