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Muffat et Agnel, soldats inconnus de la natation…

C’est toujours pareil, on ne prend jamais vraiment conscience de l’instant présent. La France possède la plus formidable équipe de natation de son histoire mais la France ne le sait pas. Camille Muffat est la meilleure nageuse du moment dans le monde et Yannick Agnel n’est pas loin d’être son équivalent chez les hommes. Ils peuvent tranquillement aller acheter leur baguette le matin, l’émeute ne guette pas du côté de leur boulanger…

Et derrière ces deux-là, on se bat à des niveaux chronométriques jamais atteints chez nous. L’émulation générale est telle qu’Alain Bernard, le seigneur et mètre du cent, s’est fait éjecter sans ménagement de l’Eurostar pour Londres et Amaury Leveaux, le lymphatique et fêtard du sprint toutes disciplines, a jeté ses vilains démons au feu et pris le parti de la sainteté en embrassant les méthodes jansénistes de Philippe Lucas

Laure Manaudou, la distraite, fait toujours sa star

A Dunkerque, aux Championnats de France qualificatifs pour les Jeux de Londres fin juillet début août, on a un peu tout fait en même temps. On a renversé des statues (Bernard, Stravius, Rouault) et on en a relevé (Laure Manaudou, Leveaux). On a ri, on a pleuré, on s’est ignoré, pas mal chambré (entre Marseillais et Antibois), un peu méchamment chicané pour des places, mais on s’est embrassé… Les fans ont applaudi avec des oeillères Laure Manaudou, toujours aussi star mais toujours observée avec autant de circonspection par ses collègues. La diva les irrite non par la brillance retrouvée de ses performances  qui en fait à nouveau une médaillée olympique en puissance mais par ses galéjades parfois puériles, ses inconstances de caractère (affaire tweeter) ou ses choix quelque peu alambiqués (comme celui de mettre la pression sur ses dirigeants pour offrir une place sur 200 m dos à sa coéquipière Cloé Crédeville).

On a même parlé et évoqué sans trop les dénigrer les contrôles antidopage, de plus en plus rigoureux. Non que la suspicion plane, mais parce que ces jeunes gens, sauf mauvaise surprise toujours possible, ont au minimum moins à craindre dans ce domaine que leurs rivaux étrangers… Et la même Manaudou, encore et toujours elle, a eu le bon goût de davantage se plaindre de sa « petite » tête au lendemain des épreuves de Dunkerque que des contraintes du suivi des contrôles et de leur rigueur. La malheureuse a avoué qu’elle en avait manqué deux par distraction ces derniers mois. L’un par pur oubli, l’autre parce qu’elle était partie au restaurant avec des copains… Il ne lui reste plus qu’un joker (en cas de trois manquements, le dopage est sinon avéré du moins sanctionné comme tel…). Sinon, elle rejoindrait Jeannie Longo au vilain palmarès des bannis, mais sans espoir d’être ensuite « blanchie » comme son aînée sur deux roues…

Muffat, Agnel, et même Lacourt, nagent dans l’incognito…

Alors pourquoi tant d’incognito pour Muffat, Agnel  et même Camille Lacourt, pourtant plus rapide dossiste de la planète (ou pas loin) et allure et discours de gendre idéal ? Les raisons ne manquent pas, j’y viens et reviens sans cesse sur ce blog. L’espace médiatique est pris, dévoré, depuis des années par le football et à moindre échelle par le cyclisme, à vrai dire presque seulement représenté par le Tour de France. A tort ou à raison. Mais les lignes (d’eau…) bougent, peu à peu. Le rugby, par exemple, a gratté une belle partie de son retard sur le sacro-saint ballon rond, le handball est en train de le faire, l’athlétisme aussi. Et la natation devrait ne pas être en reste si Mademoiselle (pardon, Madame, puisque le qualificatif semble désormais effrayer on ne sait qui) Muffat et Messieurs Agnel et Lacourt, ou d’autres, ont la bonne idée de monter sur la plus haute marche à Londres… Car, naturellement, en sport comme ailleurs, on n’existe qu’en gagnant…

Alain Bernard en panne d’énergie solidaire

Ce relais 4×100 m était dans la poche des Bleus. A Shangai, ces Championnats du monde de natation devaient débuter en fanfare pour les Bleus. A coups de marteau et de faucille en pleine eau communiste. Nos quatre flèches étaient les plus acérées. Mais patatras, l’esprit de corps de notre équipe n’était que de façade.

Un maillon de la chaîne était fragile. Comme d’habitude et malheureusement, le même. Alain Bernard. Ce garçon ne semble pas s’accommoder de l’esprit d’équipe. Je suis dur, mais si ce n’est pas cela, c’est quoi ? Bernard nage pratiquement à son meilleur lorsqu’il se bat pour lui-même. Et quand on compte sur lui pour le collectif, il s’évapore. Comme à Pékin en 2008 et à Budapest en 2010, il a joué petit bras et petit pied à Shanghai.

En relais, Alain Bernard n’est qu’un témoin !

Placé en premier relayeur, depuis son écroulement invraisemblable dans l’ultime longueur face aux Américains à Pékin, Alain Bernard a encore cédé à on ne sait quel sentiment de frayeur. Un temps de 48″75, soit l’équivalent de la 17e performance de la saison (alors qu’il possédait la 5e en 48″37…) a lancé un relais Bleu de façon catastrophique. Ses petits camarades, Stravius, Meynard et Gilot ont pourtant tout fait, et plus, pour remonter un impossible handicap, et ont été à une ou deux longueurs de main (14 centièmes derrière les Australiens) de le faire…

Argent, encore et toujours, argent. Qui ne fait pas, mais alors pas du tout, le bonheur, étant donné la répétition lancinante de ce supplice de la goutte d’eau, même si le quatuor faisait mine d’afficher sur le podium une joie de deuxième meilleure nation de la planète. Il n’y a guère que Raymond Poulidor à assumer cette gloire bizarre…

Alain Bernard, pourquoi ne vous mettez-vous pas à l’énergie solidaire ?

Yannick Agnel, D’Artagnan de Dubaï

Le beau mot que celui de relais ! Dans lequel la transmission d’une énergie constitue la substantifique moelle. Et nos petits Français, incapables depuis la nuit des temps d’aller au bout de cette acception, en ont enfin pigé le sens. Alain Bernard, Frédérick Bousquet, Fabien Gilot et Yannick Agnel, dans l’ordre de leur passage à l’exploit du 4×100 m nage libre des Championnats du monde en petit bassin, se sont sortis les doigts de l’eau de la piscine de Dubaï. Et la France s’est pour la première fois payé un relais en or dans une grande compétition. Petit bassin, certes, mais grosse performance. Devant les rois habituels de la discipline, Russie, Brésil et Etats-Unis.

Et pourtant, ces dauphins tricolores laissaient ces dernières années des regrets à tout le monde. De l’incompréhension même, voire un tantinet d’aigreur masquée eu égard au talent des impétrants, tous pétris individuellement d’une extraordinaire célérité de bras et de pieds. Car on les avait laissés battus, presque bêtement, à Pékin aux JO et à Budapest aux Championnats d’Europe, alors qu’ils étaient les plus forts. Mais pas les plus grands. Des défaillances certainement plus psychologiques que physiques leur avaient empêché de glaner de l’or.

Ce coup-ci, dans l’eau de Dubaï, on croit rêver, les quatre hors-bord étaient parfaitement réglés. Carénages hyper-affutés. Alain Bernard est parti le premier et n’a pas craqué, comme il l’avait fait de manière incompréhensible aux Jeux alors qu’il avait l’or individuel autour du cou. Bousquet, remis de ses oublis d’ordonnance, et Gilot, ont ensuite remarquablement accompli leur devoir. Sans toutefois placer leur cadet, Yannick Agnel en tête.

Le jeunot plongeait même à l’orée de son ultime relais assez loin du Russe. Agnel s’était bien manqué dans la matinée en terminant assez pitoyablement dixième des séries du 200 m libre. Un camouflet pour le grand prodige du demi-fond. Et peut-être désormais de toutes les distances. Ce gars-là n’est sûrement pas fabriqué comme tout le monde. Il est fait pour nager. Vite ou longtemps, peu lui importe, ce qui n’est pas commun, mais alors pas du tout. Comme si Usain Bolt pouvait gagner sur le tour de piste, Agnel peut sprinter beaucoup plus longtemps que les autres.

Il s’élance donc en dernier et commence sa folle remontée. Il a encore une demi-longueur de retard à 25 m du but. il allonge encore son interminable carcasse et mouline, mouline… Il touche le premier. Les Mousquetaires ont leur D’Artagnan…

Pour les Jeux Olympiques à Paris. Alain Bernard, dis-nous oui!

Ah, les Jeux à Rio en 2016 !

Quand même, Copacabana c’est plus sexy que le fog londonien, les fraises à la crème  pourries de Wimbledon ou les coups de soleil sur la tronche des rosbeefs qui nous attendent en 2012 !

Du coup, tout ça nous remet l’eau à la bouche pour une candidature de Paris. Soit, le dernier coup, on a loupé notre affaire… Delanoë en tête de gondole, tu parles d’un teasing !

Mais aujourd’hui, je prétends que les choses ont changé. Et si on remettait le couvert pour 2020 ou 2028, il me semble que la Ville lumière aurait ses chances. Voilà pourquoi:

D’abord, on retirerait le beau Bertrand du casting mais on garderait ses idées. Eh oui, on a désormais le Vélib. Donc, toutes les compèt’ cyclistes des Jeux se feraient avec des vélos de la mairie… Pas besoin de vélodrome à construire, les parcours se feraient dans les rues de Paris, 100 millions d’euros d’économies. Et d’une.

Et de deux, pas de piscine non plus à creuser. On a déjà Paris Plage. On fait toutes les épreuves dans la Seine. Le 100 m nage libre sous le Pont Neuf, ça aurait de la gueule ! J’appelle tout de suite Alain Bernard pour avoir son avis. Tiens, encore 50 millions de moins.

Pour le rugby, qui sera olympique d’ici-là, pas de problème, le nouveau Jean-Bouin de Max Guazzini sera sorti de terre ! Et, d’une pierre deux coups, les maillots roses des Dieux du Stade pourront servir aux pépés de la gymnastique rythmique. Encore un paquet de pognon bien dépensé.

Enfin, je pensais que comme la plupart des compétitions étaient prévues dans le Bois de Boulogne (c’est absolument vrai) dans le dernier projet pour les Jeux à Paris, on  ouvrirait cette fois les compétitions à tous les genres sexuels. Finis les controverses ou les contrôles à n’en plus finir, comme aux derniers championnats du monde d’athlétisme, pour savoir si untel est un homme ou une femme.

Voilà, entre autres perspectives favorables, ce qui me fait dire que Paris a une très bonne carte à (re)jouer… Si vous avez d’autres idées, contactez-moi. Paris vaut bien une fesse.