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JO 2012 : Ibrahimovic mérite-t-il d’être payé 35 fois plus que Yannick Agnel ?

Le calcul est aussi simple qu’affolant. Il est également significatif et pose question. Notre nouvelle superstar de la natation et de notre sport tout court, Yannick Agnel, est un tout petit poisson des gains par rapport à d’autres sportifs, grands requins dévoreurs de millions.

Agnel, pourtant pas à plaindre depuis que la natation fait vivre très correctement certaines de ses grandes vedettes, possède un compte en banque trente-cinq fois moins garni que celui choisi, vous vous en doutez, aléatoirement, de Zlatan Ibrahimovic

Avec ses 400.000 euros de revenus annuels, le Niçois fait donc pâle figure avec la nouvelle recrue du PSG, qui sera payé quatorze millions d’euros (net d’impôts) par le club parisien les trois prochaines saisons. Ce grand écart me fait rêver…

Ou plutôt m’interroger. Sans m’attarder sur les problèmes existentiels ou philosophico-politiques qui ne laissent pas de faire réagir tous azimuts dès que l’on agite ce type de chiffon bien polémique, je vais tenter de poser les prémisses d’un débat dont je sais naturellement qu’il ne prendra jamais fin…

Donc, toutes choses inégales par ailleurs, la proportion allant de 1 à 35 (hors futures primes, qui réduiront un peu le delta) entre un double (voire triple) champion olympique de natation, et peut-être meilleur nageur de la planète, et un footballeur qui n’a jamais remporté un grand titre international (là, je vais me prendre en retour des « ah bon, et celui de meilleur buteur de ceci, de champion d’Italie, d’Espagne… ») est comment-dirais-je, abstraite…

Oui, je sais, rien n’est comparable, rien ne se vaut… etc. Mais, bon, s’il n’y a pas bizarrerie là…

Zlatan le vaut bien, Agnel ne vaut rien ou presque…

Sur le plan, bien polémique également (et je les vois venir de très loin), des efforts consentis et du résultat sur le compte en banque, la comparaison provoque un début d’indigestion. Agnel s’entraîne cinq à six heures par jour pendant que le nouvel ami des Qatari ne s’attarde pas plus que deux ou trois heures sur vingt-quatre sur un rectangle vert.

Alors, et je ne suis pas complètement dupe, s’il y a injustice chiffrée il y a aussi économie, marché, mécènes, télévision et tutti quanti… En résumé, si Zlatan est payé autant, c’est qu’il le vaut bien comme on dit chez les agents de joueurs ou dans le bureau du président du PSG… D’autant que tout vaut tout, comme dirait Nietsche, qui en concluait bien sagement que rien ne valait donc rien…

Je terminerais bien volontiers par la question fondamentale du mérite. Mais la place me manque et mon idée personnelle est un peu biaisée par un épouvantable chauvinisme qui me fait pencher vers qui vous savez. Par conséquent, je finirai par un jugement neutre, haut en réflexion et définitif : mieux vaut plonger dans les surfaces que dans les piscines…

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Muffat et Agnel, les anti-stars…

Magnifique. La plus belle heure de la natation française s’est écoulée ce dimanche 29 juillet 2012 dans un calme… olympien. La grande Camille Muffat et le gigantesque Yannick Agnel ont nagé comme des dieux et n’ont jamais semblé si sereins.

Camille Muffat est montée sur la plus haute marche du podium après sa victoire au 400 m exactement comme si son triomphe coulait de source. D’une source tranquille mais que l’on imagine descendre d’un volcan tant cette fille si nature d’apparence a du bouillir intérieurement depuis des années. Mais la Muffat est comme ça, tout comme la Manaudou était autrement.

Une Laure Manaudou qui s’est évaporée ce même dimanche, avec le sourire, de la natation de niveau planétaire dans laquelle Camille Muffat est entrée de plain pied quelques heures après. La seconde lui a succédé sur le toit de l’olympe en décrochant l’or de la même distance huit ans après sa coéquipière en bleu blanc rouge. Mais Muffat, on le jurerait, ne fera pas sa star pendant les mois à venir malgré l’inévitable brouhaha médiatique qui va tenter de s’en emparer. Sans doute pas l’électriser.

Agnel nage le plus sublime 100 m de l’histoire de la natation française !

Et une Niçoise en a entrainé un autre, son compagnon d’entraînement Yannick Agnel et trois autres mousquetaires, Leveaux, Lefert et Gilot, vers les hauteurs les plus inaccessibles et enviées du sport. Après ses trois potes du relais 4×100 m qui avaient déjà fait un boulot de folie, Agnel a probablement nagé, Alain Bernard compris, le plus sublime 100 m de l’histoire de la natation tricolore. Parti deux mètres derrière Ryan Lochte, il est progressivement remonté sur l’ogre américain pour le dévorer dans les ultimes quinze mètres. Le cliché en parfait « négatif » de la course de Pékin…

Et Agnel, pas plus que sa camarade de la cité des anges, n’est un expansif. Intellectuel plutôt, puisque grand amateur de littérature devant l’éternel. Yannick n’a pas épanché la plus petite goutte de folie gestuelle ou verbale après son triomphe, au très grand dam de Nelson Montfort. Il est aussi comme ça, cette future immense anti-star de la natation bleu blanc rouge…