Archives pour la catégorie Jeux Olympiques de Londres 2012

Si tu vas à Rio…

Si tu vas à Rio… n’oublie pas de faire un retour en arrière ! Depuis 1896, c’est la 29e édition des Jeux olympiques de l’ère moderne. Personne ne sait d’ailleurs s’il faut orthographier avec des minuscules ou pas cet événement majuscule de notre époque.

Personne ne se penche trop non plus sur ce que représente une olympiade, qui est en réalité une période de quatre ans qui encadre le début des épreuves olympiques dans une ville et celui de la suivante.

Chacun sait en revanche que c’est le baron de Coubertin qui a repensé, réinventé, réaménagé les anciens Jeux, ceux de l’Antiquité en Grèce. Malin, le Pierre Français. Mais jamais reconnu de son vivant à la hauteur de gloire de son entreprise gigantesque. Sans doute la plus gigantesque depuis les légendaires travaux d’Hercule-Héraclès qui auraient inspiré justement ces jeux antiques en leur donnant avec son pied une unité de longueur de stade.

Géants ces Jeux, parce qu’ils aimantent davantage que tout autre événement sur notre belle et hideuse planète. Ils résistent à tout et à tout le monde, sont chaque fois plus populaires et suivis, suscitent toujours davantage de ferveur et de folie.

Au Brésil, chaque pays présent tirera les émotions qu’il souhaite en tirer. Depuis les Jeux de Barcelone, plus aucune chaîne de télévision qui en détient les droits ne diffuse les mêmes images que ses concurrentes. Les Jeux sont devenus un immense gâteau dont on goûte les parts ici et là. Un match de poule de hockey sur gazon électrisera cent millions d’Indiens, on n’en verra pas une seconde en direct à Paris ou à Kinshasa.

Les Jeux rénovés devaient être selon Coubertin un rassemblement de la jeunesse du monde, destiné à la fortifier, à l’éduquer, à la ramener à la Raison du siècle des Lumières. Ils sont aujourd’hui un symbole que toutes les autres couches de la population mondiale s’approprient, utilisent, déforment et exploitent le plus souvent.

Quand on organise les Jeux, on doit les cuire à sa sauce mais aussi et surtout à celles du temps, la plus goûteuse du moment étant celle de l’environnement.

Rio, comme Pékin, a mis le paquet afin de montrer des Jeux propres, écologiques. Dès sa nomination pour cette XXXIe olympiade (il n’y a pas eu de Jeux à trois reprises en raison des guerres mondiales, donc 3 ôté de 31 égale 28, cf. plus haut), la ville a promis et juré que ces Jeux seraient verts. Comme à Pékin, ce sera un festival de pollution autour et en dessous des bras ouverts du Christ de Corcovado.

Mais, et c’est leur force inouïe, on ne rapetisse jamais les Jeux. Plus l’éclat des anneaux brille, plus il aveugle. On s’est esbaudi à Londres il y a quatre ans et à Pékin il y a huit ans, on apprend aujourd’hui qu’il y avait 98 athlètes dopés en Angleterre et en Chine.

Mieux, la Russie a instauré pour ses athlètes en 2014 à Sotchi lors de ses Jeux d’hiver un système de dopage et de dissimulation de ce dopage. On remettait aux contrôleurs des échantillon de sportifs sains ! Le CIO a mis trois ans à découvrir l’escroquerie. Les lunettes de l’organisme olympique suprême n’ont jamais été très bien adaptées sur les nez de présidents d’ailleurs étrangement atteints de myopie, presbytie, daltonisme et autres graves problèmes oculaires…

Le XXIe siècle sera olympique ou pas, aurait pu dire Malraux. Pour Paris 2024, mais c’est une autre histoire, l’essentiel sera de participer… victorieusement.

 

 

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JO, hand, foot et experts en modes…

La mode on ne peut pas la définir. C’est sa définition. Elle passe, elle reste, elle revient. Elle n’existe pas en fait, comme le temps…

Mais en deux jours, elle a fait son job la mode. Dimanche après-midi, nos handballeurs, nos Experts étaient devenus immortels d’un coup de baguette magique dont ils sont seuls capables. En France seulement, rassurons les rabat-joie.

Lundi, c’étaient des petits voyous, bringueurs, casseurs de matériel audiovisuel (privé) et dignes d’être rabaissés au rang de vils footballeurs… Ils étaient passés en mode, comme on dit maintenant, crétin.

Voilà donc que vingt-quatre heures après leur exploit unique dans les annales du sport français, on leur jette la pierre, on les fustige et on voudrait même les punir de leurs excès d’un jour et d’une nuit… Bon, je veux bien. Il n’est en effet pas très exemplaire de démonter un plateau télé ou comme, Claude Onesta, de se comporter en vulgaire chef de bande aviné et grossier. C’est inexcusable. Point.

Du coup, revanche posthume et immédiate des footballeurs de Knysna et d’Ukraine. Ou plutôt de ceux qui ne les avaient pas défendus  mais qui veulent attaquer les nouveaux coupables parce qu’ils seraient aussi coupables… La mode…

Il faut sanctionner les Experts, sans pitié, et leur « tirer les oreilles » !

Je vois un point commun entre le comportement des uns et des autres. Celui de la basse et bête vengeance envers les critiques sourdes que l’on prend toujours forcément mal. C’est humain. Je vois aussi une distinction. Les Experts ont sagement attendu d’être sacrée plus grande équipe de handball, et équipe tout court française, de tous les temps pour déraper. Les Bleus de Knysna et de l’Euro 2012, aussi peu irréprochables sur le terrain qu’en dehors, n’ont pas eu ce « tact »…

Par conséquent, et selon moi, il y a quelques barreaux d’écart entre les deux histoires sur l’échelle de la bêtise.

Dépassons si on le peut l’effet de mode, ce phénomène moutonnier qui peut nous entraîner avec la meute sur des sentiers dangereux. Et restons-en aux principes. Allez, un peu de discipline que diable.

Alors voilà, il faut sanctionner les Experts, vivement, sans pitié. Et, comme le dirait Noël Le Graët, leur « tirer les oreilles ».

Il est hardi, Lavillenie !

Le coup passa si près…

Avec une perche dans les mains, la majorité des humains n’a pas l’air malin. C’est encombrant ce machin, et on n’en voit surtout pas la fin… Renaud et ses copains, ils vous en font un truc d’aigrefin…

C’était pas gagné, ce concours olympique de Londres, pour l’ami Renaud Lavillenie. Quand les Allemands, les dénommés Otto et Holdzeppe, lui menaient une vie d’enfer à 5,91 m, il n’en menait, lui, pas trop large. Mais le petit Français avait de la suite dans les idées et du ressort dans ses bonds de trois étages.

C’est une sorte d’Astérix, Renaud. Pas grand, pas large, mais pas fou du tout et avec une énergie vitale hors du commun. En deux mois, il leur a filé un mal de tête aux Germains… Deux coups de massue, deux fois le même au centimètre près.

Aux derniers Championnats d’Europe, le bel Otto, le même donc, avait sauté en suivant la même hauteur que Lavillenie à trois reprises et à des cîmes de plus en plus vertigineuses. Et avait bien cru l’écoeurer, en force, à la façon germanique et au finish. Mais Renaud avait eu le dernier mot, tout là-haut vers des endroits dont vous et moi on ne peut juger de la dangerosité qu’en zone montagneuse…

Ce vendredi à Londres, c’était encore plus tangent, deux fois plus en fait, et deux fois plus germano-pénible. Lavillenie se retrouvait même au bord du gouffre, au pied du Mont-Blanc plutôt. Un essai manqué à 5,91 m. Et les deux désagréables à se gonfler les pectoraux et se frotter les mains gluantes.

Mais là, le meilleur perchiste de ces deux dernières saisons ne l’était pas pour rien. Un paquet de concours remportés lors de tentatives couperet et des tas de barres franchies au courage et parfois même au bluff…

Le coup de génie de Lavillenie…

La barre tombe est donc placée à 5,97 m. Lavillenie a renoncé à user ses deux tentatives restantes, inutiles, à la hauteur précédente. Il n’est pas venu pour le bronze, qui est pourtant à cet instant autour de son cou. Et c’est en conséquence l’or et l’argent pour le tandem en jaune et noir. C’est insuffisant, très insuffisant, insultant pour être franc. Il y a comme un problème de couleurs.

Il s’élance, Renaud, et ça ne passe toujours pas. Pas plus pour les deux rigolards qui le devancent toujours aux essais. Il reste calme, Lavillenie, prend du regard conseil vers son entraîneur et Jean Galfione dans les tribunes. Evidemment, le fluide ne peut pas être mauvais. Il règne une ambiance et un boucan d’enfer. C’est la dernière ligne droite du relais 4×400 m. Renaud sent le bon coup, il y a quelques millions de décibels bons à prendre. Même si il n’entend plus son souffle, la cadence de ses pas d’élan ni le bruit du butoir, des repères indispensables pour un sauteur à la perche qui ne fonctionne que comme une boite à rythmes…

Mais ce rythme, contrairement aux autres, il est en lui, Lavillenie. Depuis qu’il est tout petit, il saute dans son jardin, soir et matin.

Il s’élance. Il est 22 heures à Big Ben et 23 dans son jardin. Et il s’envole. C’est fait. Il est hardi, Lavillenie !

Bolt, Rudisha et les super girls…

Les Jeux, c’est pas du jeu. On y invite des phénomènes ou des créatures venues d’on ne sait où, peut-être de Mars ou de plus loin, là où les planètes tournent sans gravitation. Et ça fausse tout.

Jeudi, c’était bizarre à Londres. Pas de fog, pas de fraises à la crème, même pas de flotte. Mais deux ovni dont on se demande comment ils ont pu arriver sur terre sans qu’on les repère plus tôt. Usain Bolt, on s’en doutait quand même un peu, en est un, un coureur venu d’ailleurs. Et il ne fait plus mystère, comme il l’a enfin avoué à Nelson Monfort après la finale du 200 mètres, que ce n’est plus la peine d’essayer de le battre ni même de s’aligner au départ quand il y est. Il est dans la légende, il est la légende…

David Rudisha est nettement plus modeste. Mais d’un genre tout aussi inconnu que l’autre. Il ne court pas d’ailleurs. Ce sont les autres qui courent derrière. Lui, il vole, survole. Une foulée que la bio-mécanique ou la physique, et toutes autres sciences humaines, ne sont pas parvenues à mettre en équation. Sebastian Coe, le maître d’oeuvre de ces JO et probablement plus grand génie de l’histoire du 800 mètres, n’en est lui-même pas revenu. Deux tours de piste effectués en tête de bout en bout dans une finale olympique et un record du monde à la clé…

Plus terre à terre, les filles bleu blanc rouge du basket, le nôtre donc, celui de Bourges ou Valenciennes… Et ces filles vont jouer la finale du tournoi olympique. Contre les extra-terrestres du jeu, les Américaines. Et elles n’auront pas la trouille, Céline Dumerc, Isabelle Yacoubou, Sandrine Gruda, Emilie Gomis… Tenez, Céline, la petite blonde qui enfile des shoots à trois points comme des perles façon Michael Jordan, n’a peur de rien. Sauf peut-être de son coiffeur, un type assez retors visiblement et qui malmène en permanence sa permanente…

Il y a toujours des Pyrénées !

En sport, la guerre s’était vraiment déclarée en 2006. Nos voisins d’outre-Bidassoa avaient littéralement créé un casus belli en traitant notre Zidane national de papy juste avant un huitième de finale de Coupe du monde. Zizou avait plus que lavé l’affront en humiliant ensuite à lui seul la Roja de Casillas, semblant ajouter : « Alors, c’est qui Raul ? »

Ils n’avaient pas trop apprécié, les Ibères. Depuis, entre les deux nations très anciennement alliées, les armes sont toujours de sortie quand elles ne sont pas au poing. Toutes les disciplines s’y sont mises. Même au tennis, où l’on se tape rarement dessus, il y a comme de la crispation. Rafael Nadal et ses gros biscottos étalés tous les printemps à Roland-Garros, énervent pas mal de monde.

Noah avait réouvert les hostilités franco-espagnoles

Surtout Yannick Noah, qui a rajouté il y a quelque mois du feu aux poudres en s’en prenant vivement et globalement à tout ce qui pousse une balle un peu partout au-delà de la ligne Perpignan-Bayonne… Les Espagnols consommeraient selon lui des produits réprimés par les autorités, les résumant, d’une formule, à de la « potion magique« …

A Madrid et à Barcelone, le ton a très vite grimpé, et la moutarde est montée au nez d’un peu tout le monde, des intéressés bien sûr, mais aussi des rédacteurs en chef et même des responsables politiques. Les Français n’étaient que des jaloux, des sportifs en chambre et Noah un champion à deux euros…

Et puis les Guignols de Canal + en avaient collé une deuxième couche, bien voyante et sans gants de protection. Au vitriol. Nadal et Contador en prenaient plein les dents à pleines seringues. Nouvelle grave « cause de guerre » et déclenchement généralisé du conflit.

Au basket, ça a bastonné. Au hand, Accambray a canonné !

Ce mercredi, le programme des Jeux avait réservé un double choc franco-espagnol, au hand et au basket, et chez les hommes pour que ça puisse vraiment saigner. On allait donc régler les comptes, peut-être définitivement.

Et comme prévu, ça a bataillé sévère, grave même. Et ça s’est terminé en baston entre la bande de Pau Gasol et celle de Tony Parker. Ronny Turiaf et Nicolas Batum ont craqué en fin de match et filé des tartes pas trop glorieuses, anti-sportives pour être honnête, alors que le résultat était acquis, aux deux « lutins » Fernandez et Navarro. Batum-Batman y avait été un peu fort avec ses pattes, s’acharnant sur la partie la plus fragile du second

Heureusement, un peu plus tôt, l’ambiance avait été à peu près aussi virile du côté du hand mais elle était restée correcte. Et le héros de ce quart de finale se prénommait William, fils de Jacques, ex-lanceur de marteau. Le premier Accambray étant bien le fils de l’autre tant son physique tient de l’armoire à muscles. Il avait dit avant la bataille « Je rentre et je défonce tout »… Il a tenu promesse. Appelé en début de seconde mi-temps par Claude Onesta pour remuer les esprits et les corps de ses coéquipiers alors en mode sieste, il a immédiatement envoyé du boulet de 75. Sept fois dans la cible, dont une dernière mémorable et gagnante, à l’ultime seconde en récupérant un ballon que venait de repousser le gardien Sterbic sur une tentative de Nikola Karabatic. 23-22, extase bleue et torrents lacrymaux rouge et jaune…

Match nul. On oublie toujours le Traité des Pyrénées…