Archives pour la catégorie Ligue Champions 2011-2012

Le Lyon d’Aulas est mort ce soir… Merci Platini !

Presque trente ans d’efforts ininterrompus, parfois surhumains, pour en arriver là. Jean-Michel Aulas, je le plains sincèrement, vient de vivre à Nicosie le pire cauchemar de sa vie. Son club, son cher club, l’Olympique Lyonnais, son enfant si l’on ose s’aventurer dans les méandres de la psychologie Freudienne, l’a abandonné.

Les signes avant-coureurs du drame ne manquaient pourtant pas. Depuis le dernier sacre de la fabuleuse série de sept Championnats d’affilée du début de ce vingt-et-unième siècle, l’Olympique Lyonnais avançait à chaque pas vers l’abîme. Joueurs, entraîneurs, staff et public se mentaient tous de plus en plus. Et le président ne parvenait plus à cimenter quoi que ce soit.

Le plus dur, le plus triste, pour Aulas, est que la catastrophe s’est produite là où c’était sans doute le plus pénible pour lui de conclure son itinéraire. A Chypre, la plus petite nation du football européen, la moins riche. Et c’est justement là, dans un pays où le plus gros transfert de son histoire s’est conclu l’an dernier par un montant de… 800.000 euros, que Jean-Michel Aulas, premier chantre du football financier dans notre hexagone, est venu s’échouer. Après avoir payé Yoann Gourcuff vingt-cinq millions…

Lyon, côté en bourse, périt à Nicosie, là où l’argent n’existe pratiquement pas…

Aulas a voulu, s’est battu et débattu pour, que l’OL soit introduit en bourse. Il va devoir désormais rendre des comptes à ses actionnaires, vendre une bonne partie de son effectif, qui on doit bien le constater, était déjà parti, au moins dans ses têtes. Et constater son échec puis, sous la pression du bon mais – toujours plus exigeant et impitoyable – peuple, rendre son tablier de bâtisseur de cathédrale du foot, aux fondations moins solides que la vénérable Saint-Jean

Et dire que c’est à… Michel Platini, que les Lyonnais peuvent dire non pas merci, mais un plus prosaïque… merde. Oui, Platoche, président de l’UEFA et artisan de l’entrée de l’Apoel Nicosie dans le concert européen par le biais d’une nouvelle règle « anti-capitalistique » permettant aux clubs sans le sou de parvenir à la fameuse phase finale de la Ligue des Champions contre les mastodontes entretenus par des présidents milliardaires ou dopés à l’endettement et à la starisation ! Et de les battre. A la régulière ! Celle du jeu…

La morale de l’histoire ?… Quelle morale ? Mais Nietzsche l’aurait dit à Aulas ou à l’Abbé Pierre, à Nicosie ou à Manchester… votre morale, elle est immorale !

Aulas et Ribéry n’ont pas le même Père Noël !

Alea jacta est (Le sort en est jeté, pour les non latinistes)… disait ce vieux Jules César en franchissant le Rubicon. Putain de sort, devrait se dire ce vendredi notre Ribéry(con) national ! Après Zahia et ses prestations non réglées (Franckie avait osé prétendre aux enquêteurs qu’il avait eu une relation consentie et non tarifée avec la péripatéticienne mineure !), ce sont celles de son ex-agent que le phénoménal attaquant du Bayern doit désormais reconnaître comme effectuées et donc payables…

Trois millions d’euros, pas moins. Trois millions de commissions « oubliées » lorsqu’il jouait à Marseille et que le tribunal de Luxembourg (oui, au Luxembourg) l’a condamné ce 16 décembre 2011 à verser au dénommé Bruno Heiderscheid. L’affaire a donc été jugée là-bas, dans un pays où l’on règle en réalité, et à l’amiable, pas mal de problèmes fiscaux. C’est donc normal. On fait toujours ses « commissions » là où les produits sont les plus avantageux…

En résumé, vous aurez compris que pour rémunérer un intermédiaire en ces temps de matraquage fiscal, il est moins onéreux et plus discret de le faire en dehors de votre département (français) et en présence de votre agent… du fisc. Ribéry avait donc cru bien faire les choses… Comme avec Zahia. Encore raté ! D’autant que le brave Bavarois devrait se retrouver en culotte (de peau bien sûr) encore plus courte puisque son méchant ancien agent lui en réclame 3,5 millions supplémentaires… Cette fois pour le transfert de l’OM au Bayern. A poil je vous dis, qu’il va se retrouver le monsieur. Comme de coutume vous me répliquerez…

Lyon, un miraculé en croisera un autre !

Pendant ce temps, tout juste à la même heure, Jean-Michel Aulas pouvait remercier cette ordure de Père Noël qui lui refilait depuis des années à cette époque des cadeaux pourris. A midi, le démon s’est transformé en ange. Au lieu des Barcelone, Milan AC ou autres monstres habituels que les boules de l’UEFA lui réservaient jusque-là pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, c’est l’Apoel (encore) Nicosie qui est sorti de l’urne. Merci Michel. Michel Platini, qui pourrait bosser pour les Restos du Coeur du foot, est en effet le premier responsable de l’arrivée des clubs sans pognon en Ligue des Champions.

« Tirage clément », qu’il a reconnu, Jean-Mimi. Ah oui, clément, c’est le mot, c’est même un doux euphémisme, une litote, une circonlocution… Plus sûrement un coup de pot. Le club chypriote nage en effet, encore un euphémisme, dans les basses eaux du SMIC du foot européen. Quinze millions d’euros de budget, soit… quinze fois moins que Lyon et la moitié du seul montant du transfert de Gourcuff de Bordeaux vers la capitale des Gaules… Quant au palmarès international, rien, que dalle, le désert, le néant absolu. Hormis cette qualification abracadabrantesque pour la deuxième phase de la LDC obtenue il y a quinze jours. On pourrait aussi noter à l’inverse que Nicosie a également et paradoxalement hérité d’une certaine réussite. Lyon, en cette période, n’est tout de même pas Barcelone (ma manie de l’euphémisme…). Sa présence en ce tour final 2011-2012 a tenu à une conjonction de miracles de valeur pratiquement égale à ceux du Nouveau Testament (victoire 7-1 à Zagreb, victoire du Real bis à l’Ajax). Ce double duel ne devrait pas provoquer de guerre des chaînes. Drôle de temps, pourtant, où l’on se bat, on se demande pourquoi, pour les droits du foot à coups de centaines de millions d’euros.

Père Noël, millions, foot, Chypre, Europe… Sic transit…

Jean-Michel Aulas et Lyon, le tapis pleure…

Rien ne va plus, comme l’on vous prévient au casino juste avant de lancer la boule… Jean-Michel Aulas a joué, beaucoup, depuis plus de vingt ans. Il a beaucoup gagné avec l’Olympique Lyonnais, en pariant énormément. Il commence à perdre, beaucoup. Les jetons vont manquer. Le tapis pleure…

Les quarts de finale de la Ligue des Champions ? C’est fini, l’Ajax Amsterdam a enterré les dernières illusions de l’OL. Le titre en Ligue 1 ? peu de chances de le récupérer. Les finances ? la dèche (encore 28 millions d’euros de perte cette année). La bourse ? plongée sous-marine (cours d’introduction divisé par cinq en quatre ans…). Les joueurs ? carbonisés, à vendre (encore deux d’ici le mercato, Aulas l’a annoncé officiellement à ses actionnaires) et aussi rentables que la dette grecque (Gourcuff). Les entraîneurs ? viennent et partent en gros tous les dix-huit mois (Santini, Le Guen, Houillier, Perrin, Puel, Garde…) depuis dix ans, au gré des interminables déceptions européennes…

Pour l’OL et Aulas, la seule vraie bonne nouvelle, c’est la pierre, la première…

Le bon président Aulas a pourtant été un précurseur sur nombre de terrains, sportif, financier, communication… Trop sans doute. Pas d’illusion, malheureusement, tout ça n’était sans doute pas philanthropique. Monsieur Aulas a eu le tort de croire que le miracle économique du sport des années 1990-2000 pouvait concourir à accélérer les victoires, la grandeur de son club et probablement démultiplier sa surface financière personnelle. Que les exemples de financiarisation à outrance de Manchester United, de l’Inter Milan, du Liverpool FC et de bien d’autres étaient une panacée, ou même ceux de magnats d’opérette. L’échec de ce modèle est aujourd’hui patent. L’Eldorado s’est tari.

Et l’une des seules portes de secours pour au moins ne pas ressortir en slip de ce casino, Mr Aulas s’en persuade de plus en plus, serait de se « recaver » dare dare… Allo le Qatar !

Vous me direz, durant notamment la dernière décennie Aulas a tenté, s’est démené, a misé, a combattu. C’est vrai et c’est à son crédit. Seulement, les limites du système s’avèrent si visibles depuis des années que l’on s’étonne de nombre de ses choix récents. Le seul peut-être à ne pas prêter à critique est celui du nouveau stade. Au moins, la pierre, comme disait nos grand-mères, c’est du solide… Encore faut-il déjà que la première soit posée.

Lyon, Lille, Rennes, PSG et Marseille, quelle déprime !

Les clubs de foot français m’ont littéralement affligé cette semaine. Endormi pour être honnête. Trois pauvres buts en cinq matches. Un petit en trois de Ligue des Champions. Un Marseille à peu près acceptable à Arsenal mais sans véritable ambition offensive, voilà avec quoi mon canapé a échappé durant quelques instants à près de 450 minutes de mes ronflements devant mon poste…

A entendre ces messieurs, Deschamps, Garcia, Garde, Kombouaré ou Antonetti, les raisons de la platitude de cet encéphalogramme seraient plus mentales que technico-tactiques, comme l’on disait il y a peu. Naïveté, inexpérience… Bon, on veut bien, mais l’OM, Lyon, le PSG existent depuis quand au plus haut niveau ? Nos entraîneurs sont-ils des nouveaux nés nourris au sein ? Pas sûr du tout…

Avec Lyon, Lille, Rennes, et même le PSG ou Marseille, c’est le syndrome du « Dormez bonnes gens »…

Nos clubs sont plus certainement victimes d’un syndrome plus profond. Je pointe clairement du doigt un manque affirmé d’ambition. Je crois que nos Marseille, Lyon, Lille, Paris et Rennes sont indécrottablement timides, resserrés sur des objectifs réduits et se tenant tous par une main molle. On va jouer à Arsenal et la nécessité, presque vitale, vous impose de ne pas prendre de but. On affronte le grand Real Madrid, même chose, mais sans illusion avec pour ultime défi de ne pas prendre une rouste… Bon, on veut bien, mais avec ça on ne va pas très loin, on reste même carrément sur place. Et comme disait l’autre, quand on n’avance pas…

Que nous disent-ils encore ces coaches frileux ? Que la qualification est toujours envisageable si ils remportent leurs deux derniers matches… Ben voyons, mon colon ! Je vous parie que leurs adversaires vont les laisser faire… Non, messieurs. Que vous coûterait au moins des bribes d’ersatz de tentatives de jouer ? Même pas d’attaquer à outrance, je ne rêve tout de même pas de vous voir ressembler à l’inatteignable Dieu à deux jambes et deux bras Pepe Guardiola, mais au moins d’essayer. J’oserais jusqu’à vous demander de « feindre » de prendre votre chance.

S’il vous plait, chers clubs français, réveillez-moi…

 

Aulas, garde Garde !

Quelle nouveauté. Cela faisait bien longtemps qu’un entraîneur de football s’était comporté en homme « normal », comme s’est défini l’un des candidats aux primaires socialistes. Je me pince en effet en observant le caractère si posé du nouveau technicien de l’Olympique Lyonnais depuis son intronisation aux manettes sportives du meilleur club français de ce siècle.

Rémi Garde, en deux ou trois mois de travail à Gerland, et jusqu’à ce barrage aller de la Ligue des Champions OL-Rubin Kazan (3-1), apparaît comme un intrus dans un monde du ballon rond où l’invective, la mauvaise humeur ou les allusions nauséabondes sont monnaie courante. Prenez par exemple le cas de ses collègues les plus éminents en France ou à l’étranger, messieurs Garcia, Deschamps, Kombouaré, Gillot, Antonetti, Mourinho, Wenger, et il n’y a pas si longtemps Van Gaal, vous n’oseriez même pas leur faire lire un seul résumé de leurs déclarations d’après-match à l’un de vos enfants, élèves ou pensionnaires de club de formation… Ces responsables pourtant aguerris semblent fabriqués dans un même moule, celui de la paranoïa aigue provoquant leurs écarts de langage voire de comportements !

Pour Garde, l’essentiel semble ailleurs. Les décisions des arbitres, bonnes ou mauvaises, ne le perturbent pas. Pas plus que les interventions toujours plus affolantes de certains joueurs adverses sur les tibias de ses protégés. Ou des réactions stupides et pavloviennes des spectateurs après un match moyen ou même une seule passe ratée. L’ancien international (six sélections), défenseur et milieu puis membre du staff lyonnais depuis des années ne cède pas aux modes actuelles de l’hystérie anti-tout et se concentre sur son sujet.

Garde-Lyon, le train de l’OL est en bonne voie !

Le relativement jeune entraîneur de l’OL (45 ans) sort du lot. Le calme sort de tous ses pores comme quelqu’un dont le travail intérieur a été accompli. Garde conçoit clairement ses actes et les énonce aisément. Il a certainement du, et il faudrait le lui demander, fait appel à des aides extérieures afin de caler son expression orale et canaliser un tempérament qui n’était pas si maitrisé quand il était un défenseur plutôt rugueux. Aujourd’hui, pour lui, les causes éventuelles de l’échec sont moins dues aux facteurs exogènes qu’aux fautes qu’il aurait pu commettre. De là, une tendance au perfectionnisme de son action et par là de son groupe. Et non au recours à des recettes employées couramment par les sieurs sus-nommés, râles, grognements, vitupérations, injures à l’encontre de toutes personnages, évènements ou conditions contraires. Garde a ramené, sous réserve de séismes toujours possibles, la tranquillité au bord du Rhône. Jean-Michel Aulas ne va plus parler aux supporters dans les virages après les matches et a nettement diminué sa consommation de Lexomyl.

Monsieur le président, vous avez pris Garde, et bien gardez-le !